Bimestriel - Numéro 1 - Janvier 2005

Voici le premier numéro d'un nouveau journal destiné aux sonneurs et batteurs, aux musiciens bretons.
Cette gazette, ça fait un moment qu'on en parlait, et au début, le but était de créer un lien entre les groupes divroet...
C'est bien sûr un lien entre groupes divroet, comme son nom l'indique, mais c'est aussi bien plus que cela.
Avec le forum Divroet, nous avons ressenti qu'il nous - qu'il vous - manquait quelque chose de plus "durable", qui garde des infos qu'on puisse "collectionner" comme un journal.
Ça manquait, alors nous l'avons fait.
Après, il fallait lui trouver un nom : nous avons hésité en cherchant comment appeler cette nouvelle gazette, et finalement nous avons choisi "divroet new(e)z" : un petit jeu de mots entre news et newez, sans prétention.
Sans prétention, c'est l'esprit de cette publication : faire les choses sérieusement, sans jamais se prendre au sérieux...
Comme ce que nous avons entrepris auparavant, comme le forum, il s'adresse à vous tous, batteurs et sonneurs, en divroet, mais aussi bien sûr en Bretagne et au-delà, et comme d'habitude, c'est quelque chose qui VOUS appartient, et nous comptons sur vous pour le nourrir et l'enrichir.
Nous demanderons aux plus grands musiciens, aux spécialistes, et à des gens venus d'autres horizons, des avis sur des sujets qui vous concernent, sur la musique avant tout, et nous écouterons ce que vous voulez mettre dans les colonnes de ce nouveau journal.
Pour le diffuser, vite et partout, il sera diffusé par voie électronique, avec une version imprimable pour être communiqué à ceux qui n'ont pas de connexion internet. Et si vous avez des infos, des news, des choses à dire ou à faire passer, cette gazette est là pour ça. ça marche dans les deux sens : vous nous faites passer les infos, on les diffuse...
Ce que c'est, ou plutôt ce que ce sera, c'est vous qui en déciderez, mais nous savons déjà ce que ce ne sera pas : ce n'est pas une feuille satirique, ce n'est pas un concurrent d'autres revues traitant du sujet, ce n'est pas "l'organe officiel de ceci-cela", c'est simplement une feuille de chou faite par les musiciens, pour les musiciens, avec ouverture d'esprit et curiosité.
Et rien que cela, ça en fait quelque chose de nouveau et d'intéressant.
Alors, bonne année 2005, et longue vie à Divroet New(e)z.
Joël Lucas, Président.
L'assemblée générale ordinaire 2004 s'est tenue le samedi 30 octobre au sein de l'institution Sainte Croix à Montivilliers (76290). L'ordre du jour établi a été pour nous l'occasion de mettre en avant différents points structurels, organiques et administratifs.
Il serait bien prétentieux de vouloir concentrer l'intégralité du compte rendu de l'AG sur deux pages mais voici, pour l'essentiel, les conclusions de l'année 2004 que nous avons présentées et les axes de discussions et points d'amélioration et/ou de développement que nous avons ensemble mis en avant.
La cooptation vous donne la possibilité d'intégrer le bureau de votre fédération sans attendre les élections pour le renouvellement de ses membres qui ont lieu lors de l'Assemblée Générale, le plus souvent une fois par an.
La cooptation ne donne cependant pas les mêmes droits qu'aux membres élus ; vous pouvez par exemple conseiller et apporter votre point de vue sur une discussion mais ne pourrez pas participer au vote au sein du bureau.
Quel que soit votre projet, sachez que pour être coopté, il vous suffit de vous adresser à un membre de bureau de votre fédération. Après acceptation des membres décideurs, vous intégrerez l'équipe structurante et décisionnelle dans les fonctions choisies.
La multiplication des stages à la carte, notre engagement, notre état d'esprit, suscitent des vocations, en particulier auprès des musiciens bretons qui sont de plus en plus nombreux à vouloir, le plus souvent spontanément, nous apporter leur aide.
Cela montre que les choses changent en notre faveur : notre système de formation commence à être connu, notre crédibilité augmente et le mouvement s'accélère. Tant mieux, car nous pourrons ainsi répartir cette charge sur d'autant plus de formateurs, tout en conservant les méthodes qui ont désormais fait leurs preuves.
Courbevoie 2004 a été un vrai succès artistique, avec la venue du bagad Briec mais a aussi été un échec en terme de revenus, du fait de la défection du partenaire local, qui devait prendre en charge une partie des coûts et n'en a rien fait. Nous ne pouvons, à l'heure du bilan, que le déplorer, et en tirerons toutes les leçons pour l'organisation de nos prochaines éditions.
Nous avons cependant montré en réalisant cette seconde édition que nous sommes capable d'organiser un rassemblement de cette dimension, regroupant des cercles, des bagadoù, en tout près de 400 musiciens et danseurs, malgré un véritable boycott organisé dont il faudra que certains membres de Kendalc'h nous expliquent un jour les motivations. Nous pouvons présenter cela à des collectivités susceptibles de nous accueillir.
Nous étions 11 l'an passé, nous sommes 14, nous serons bientôt 20, soit près de 100 % DE CROISSANCE EN 3 ANS.
Suite aux problèmes rencontrés par la trésorière vis-à-vis du bureau de B.A.S. National pour se faire rembourser les sommes dues au titre des frais de formation et après discussion avec le national qui demandait un « commissaire aux comptes » en lieu et place d'un « contrôleur aux comptes », nous avons décidé de vous proposer Guillaume MACHY, président du Bagad de Coulommiers, administrateur national des Familles rurales (180 000 familles) et trésorier de l'Union départementale des associations familiales de Seine-et-Marne (30 salariés, 1 M€ de budget) comme contrôleur aux comptes.
Suite à la défection, indépendante de leur volonté, du Bagad de Lille pour organiser notre AG 2004, la même équipe se propose d'organiser l'AG 2005, toujours sur Lille. Après discussions et propositions, cette AG 2005 se déroulera le week-end des 11-12 et 13 novembre en même temps que le stage fédéral annuel de B.A.S. Divroet.
Pour faire suite aux problèmes rencontrés par plusieurs bagad vis-à-vis du national et portant sur des problèmes d'adhésion et de finances, une motion de censure a été présentée à l'ensemble des sonneurs présents, puis, avec leur approbation, a été présentée lors de l'AG nationale de fin novembre.
Comme l'année précédente, un correspondant privilégié a été nommé dans chaque formation pour éviter les problèmes rencontrés en 2004, il a été informé du rôle qu'il a à jouer, tant dans sa fonction de correspondant que dans ses tâches au sein du Conseil d'Administration dont il fait parti. Les informations sur le rôle du correspondant seront mises en ligne sur le forum.
Suite à la décision prise lors de la dernière Assemblée Générale de modifier les statuts de notre association, le secrétaire a présenté le projet de modification et explicité certains points, principalement celui consistant à accueillir les sonneurs isolés en tant qu'adhérents individuels. Après discussion au sein de l'assemblée, ces modifications de statuts ont été votées et acceptées.
Le travail mené depuis deux ans a produit de nombreux effets visibles et invisibles.
Parmi les effets visibles :
- les progrès qui ont permis au Bagad Ker Vourdel de se maintenir en 4e catégorie,
- les résultats de l'ensemble bombarde Sonerien Bro Divroet lors du concours de Menez Meur.
Parmi les effets invisibles :
- uniformisation des méthodes de formation,
- diffusion d'un outil adapté et fonctionnel à terme pour TOUS les groupes divroet.
Au niveau du bureau, qui ne cesse de croître, cette Assemblée Générale a été l'occasion pour de nouveaux entrants de se faire connaître et d'accéder par la voie officielle à des fonctions que certains occupaient déjà par ailleurs. L'occasion pour nous de renforcer notre conviction que vous êtes satisfaits du travail fourni. Nous sommes sur le bon chemin !
D'un point de vue financier, notre association est saine. Nous ne pouvons nous permettre des excès pour l'année qui vient mais nous y arriverons.
Au niveau musical, un certain nombre d'améliorations ont d'ores et déjà été concrétisées :
Un renforcement de la structure de formation avec une équipe de formateurs itinérants élargie recrutés à la fois en Divroet et en Bretagne, une gestion centralisée des demandes de stages.
| Nom | Titre / fonction |
|---|---|
| Joël 'la 11e brouette' LUCAS | Président |
| Jean-Pierre 'JPipe' REBAUD | Vice-Président Chargé des relations institutionnelles |
| Florian 'M. Couac' Nicolas | Vice-Président Chargé de la formation musicale |
| Jean-Marc 'Riri lefléau' RICHARD | Vice-Président Chargé de la vie associative et Secrétaire |
| Isabelle 'Penn Pognon' QUÉMÉNEUR | Vice-Présidente Chargée des relations institutionnelles et Trésorière |
| Yoann 'igrecpoint' LE GOFF | Vice-Président Chargé des systèmes d'information |
| Harmonie PICHON | Secrétaire Adjointe |
| Monique LE BRONEC | Chargée de la Communication |
| Jean LE BRONEC | Chargé d'organisation stages et AG |
| Bruno HÉBERT | Adjoint formation Bombarde |
| Mickaël COZIEN | Responsable formation cornemuse |
| Nicolas DELETANG | Adjoint formation cornemuse |
| Franck COADOU | Chargé des relations avec les groupes extérieurs |
| Laure DEFAUWE | Chargée des relation War'l Leur / Kendalc'h |
| Pascal SOUCHOIS | Webmaster |
Les correspondants bagad suivants sont également membres du conseil d'administration, et à ce titre, sont appelés à intervenir et à prendre position et décision dans la vie de l'association.
| Nom | Groupe adhérent |
|---|---|
| SOUCHOIS Pascal | Bagad Dalc'h Mat (Athis-Mons) |
| HERVÉ Joël | Bagad Melen ha Gwenn (Coulommiers) |
| RIVOALEN Loïc | Bagad Kalztrouz |
| HÉBERT Bruno | Bagad Keriz |
| LE BRONEC Monique | Bagad Ker Vourdel |
| METT-EVERS Ronan | Bagad du Havre |
| LONGIN Delphine | Bagad Sonerien an Enez (Lille) |
| NICOLAS Loïc | Bagad Orléans |
| MENDES José | Bagad Pariz Ti Ar Vretoned |
| QUÉMÉNEUR Isabelle | Bagad de Reims |
| LE MOAL Huguette | Bagad Kiz Avel (Strasbourg) |
| FERRON Avel | Bagad Toulon |
| LEPETICORP Christophe | Bagad Tours |
« Super organisation. Bravo ! »
« En bombarde, les formateurs étaient super sympa et les cours bien structurés. Au niveau intermédiaire, on a travaillé :
- la rythmique avec un morceau intégrant des soupirs et des notes à contretemps,
- la justesse et la tenue de notes avec des notes longues à différents endroits du morceau,
- un plinn en partant de la base du morceau et en intégrant les liés puis les ornementations.
On a également bossé sur les terroirs mais moins que les confirmés et sur la marche Divroet ensemble avec les pipes et les batteurs. »
« Perso, le moment le plus sympa du week-end a été le mini-concert de fin de stage. En effet, comme je suis actuellement en formation, je n'avais jamais joué avec les autres pupitres. Donc super impression générale du stage. »
Corentin, alias "killkennykilest"
Point, Igrecpoint (Yoann)
Jean-Paul, Julien, Maxwell
Philippe Barbot
Gurvan "poubelle man" Houdayer
Nicolas "Kid-chen"
Karaté Couac
Moi, monsieur, si j'avais un tel nez, Il faudrait sur-le-champ que je me le bombardasse
Vous avez des photos du stage ?
Envoyez-les à Corentin, pour qu'il les rajoute à son album : http://divroet.danvez.org/photos/.
Q. Depuis quand existe le bagad de Bordeaux ?
R. Le Bagad fait partie de l'association Armor, Bretons de Bordeaux et de Gironde, qui existe depuis déjà... 1898 ! À l'origine, il s'agissait d'une association d'entraide aux pêcheurs bretons, « Terre-neuvas » venus travailler sur les morutiers aquitains. Peu à peu, elle est devenue une vraie association culturelle, permettant aux exilés de se retrouver, et de partager et diffuser leur culture loin de chez eux.
Dans les archives, on a retrouvé les traces de l'existence d'une kevrenn, dans les années soixante, mais les activités musicales n'ont vraiment commencé qu'à partir de 1997, avec l'arrivée de Loïc Denis, sonneur actuel au bagad d'Auray, et qu'il est inutile, je pense, de présenter.
Inutile également d'insister sur l'extraordinaire opportunité qu'aura constitué pour l'Armor la mutation -provisoire- de Loïc en Aquitaine. Grâce à son expérience, et surtout sa formidable volonté, un bagad est né en septembre 1997, constitué pour l'essentiel de musiciens débutants qu'il fallait donc former entièrement.
À lui seul, Loïc a donc endossé les rôles de Penn soner, de formateur, d'animateur, et de relations publiques aussi, afin de trouver des locaux pouvant accueillir les répétitions du bagad. Pas une mince affaire dans une région aussi peu familiarisée avec la musique bretonne que le Sud-Ouest !
« Dans le groupe, tout le monde est au chantier et apporte sa pierre ! »
Personnellement, je n'y étais pas encore, mais ce furent des temps héroïques : imaginez que la première présentation du bagad en concours s'est faite... dès l'été 1998, à Lorient, avec d'ailleurs un résultat tout à fait honorable : 12e sur 31 ! Autant dire que les sonneurs et leur prof n'avaient pas chômé pour fêter dignement le centenaire de l'association !
Depuis, le bagad n'a cessé de progresser, tant en qualité qu'en quantité. Le retour de Loïc en Bretagne le laissa un temps orphelin, mais heureusement, il put compter sur l'expérience et le charisme de Jean-Luc Coadou (ancien du bagad Keriz) pour garder le cap l'année suivante. L'arrivée à Bordeaux d'un autre sonneur prestigieux a constitué alors un coup d'accélérateur inespéré : Mickaël Cozien a pris les rênes du bagad.
Sous sa houlette, le bagad a renforcé son répertoire, son effectif et son école (il compte aujourd'hui un peu plus de trente sonneurs potentiels, et presque autant d'élèves !). Mais ce n'est pas tout : avec l'aide d'autres formateurs divroet, Florian Nicolas et Julien Bergeron, cette triplette a mené le groupe d'abord à la victoire au concours divroet de Courbevoie en 2003, en finale de la cinquième catégorie à Carhaix la même année, puis, suite à la possibilité offerte aux finalistes de concourir en catégorie supérieure, de se maintenir en quatrième catégorie en 2004 à Lorient. C'est peu de dire qu'on leur doit beaucoup !
Q. Quel est alors ton rôle en tant que penn soner ?
R. Mickaël ne pouvant plus assumer ce rôle en raison de ses obligations professionnelles et de son éloignement relatif de Bordeaux, il a bien fallu le remplacer au quotidien. Mais par rapport à d'autres penn, mon rôle est assez différent, dans la mesure où les tâches multiples souvent dévolues à une seule personne dans un bagad - gestion du répertoire, écriture des suites, animation, formation, direction d'ensemble, etc. - sont chez nous extrêmement réparties. Dans le groupe, tout le monde est au chantier et apporte sa pierre ! Je suis donc davantage un coordoniteur de compétences et d'énergies, un « lien » entre les différents composants de l'ensemble permettant d'assurer sa cohérence, même si je « dirige » le bagad sur scène, ce qui reste finalement anecdotique.
Q. Les concours ont une certaine importance dans l'évolution du bagad ?
R. Oui. Ils sont pour une large part à l'origine des progrès accomplis en sept ans. A une exception près -en 2002- le bagad y a toujours participé. La motivation n'aurait certainement pas été la même sans cet objectif.
N'oublions pas que les concours sont le seul moment, pratiquement, où le bagad rencontre et se confronte aux autres ensembles bretons, et peut alors jauger son niveau et ses progrès réels. Fameux challenge, et d'autant plus pour des « divroet », qui suscitent souvent beaucoup de scepticisme, et parfois même une certaine condescendance, chez les « bretons ». Les concours nous obligent sans cesse à nous améliorer, tant en technique instrumentale, qu'en style et en connaissance de la musique et des terroirs, et à ne pas nous contenter d'un niveau moyen qu'on pourrait -à tort- croire suffisant pour un groupe hors Bretagne. Je constate aussi, depuis peu, qu'ils nous ont insufflé une certaine confiance (en soi et en le groupe) qui nous permet aujourd'hui d'aborder nos prestations avec bien plus d'assurance et de maîtrise qu'avant.
Basé en Gironde, le bagad a pris tout naturellement le nom de Ker Vourdel, c'est à dire littéralement « ville de Bordeaux ».
Dans la réalité, son recrutement et ses lieux de travail vont évidemment bien au-delà des limites de cette ville, tout en se cantonnant cependant au département de la Gironde. Cette implantation "départementale", constitue d'ailleurs une des difficultés majeures du bagad : trouver des lieux de répétition car, en somme, il n'est lié à aucune commune en particulier.
Il lui faut donc compter sur la bienveillance de quelques municipalités accueillantes. Ceci lui permet de disposer d'une salle de répétition hebdomadaire (on répète le mercredi soir) et, en frappant à diverses portes, de salles pour les stages et répétition de week-ends (environ deux par mois).
C'est le point noir : nous sommes toujours un peu sur la corde raide, pouvant nous retrouver "SDF" du jour au lendemain ! Sans parler du financement, pour lequel nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes !
Q. Vous vous produisez beaucoup en dehors des concours ?
R. Les prestations publiques restent l'essentiel de nos activités : plus de 20 sorties en 2003-2004 ! Ici, en Aquitaine, et, par extension, dans le Sud-Ouest, nous sommes le seul bagad constitué, et par conséquent, les demandes ne manquent pas, à tel point qu'à certaines périodes (Saint Patrick, mai-juin, etc.) nous devons en refuser !
Q. Dans quel cadre, surtout ?
R. Comme en Bretagne, les prestations demandées sont diverses, et nous devons aussi bien être capable de mener un défilé qu'animer un fest-noz ou assurer un spectacle avec le cercle de danseurs (car l'Armor, en plus du bagad, et depuis plus longtemps d'ailleurs, possède un cercle, classé en 3e catégorie A de la fédération War'l Leur).
Q. Quel est votre répertoire, principalement ?
R. En tant que groupe divroet, jouant essentiellement hors Bretagne, nous nous devons de proposer un répertoire varié, couvrant tout le spectre des terroirs bretons, de la Cornouaille aux marais guérandais en passant par Vannes et la montagne. Ce qui permet en outre de faire plaisir à tous les musiciens, car chez nous, on vient de tous les coins de Bretagne, ça va sans dire !
Q. Le recrutement du bagad est essentiellement breton ?
R. Tout comme celui de l'Armor, bien entendu. En gros, les membres se définissent en trois catégories : les familles bretonnes implantées en Aquitaine depuis longtemps, pour des raisons de travail, premières et « secondes » générations confondues, ceux qui y sont mutés de façon provisoire, et les étudiants de passage, parmi lesquels se trouvent parfois, le hasard faisant bien les choses, des musiciens ou des danseurs confirmés qui intègrent bagad ou cercle le temps de leurs études.
Q. Pas de gens du cru ?
R. Heureusement que si, et nous en sommes très fiers ! La diffusion de la culture bretonne, qui est un des objectifs de l'association l'Armor, et donc du bagad, ne serait qu'un vain mot si on n'y comptait pas quelques dignes représentants natifs du Sud-Ouest -dont certains avec béret et accent- fondus de musique bretonne ! On s'en étonnera peut-être « e-barzh ar vro » mais leur présence est pour nous un honneur et un symbole de réussite de notre travail pédagogique !
« chez nous, ce sont les musiciens confirmés qui transmettent leur savoir aux débutants »
Q. Quels sont les projets d'avenir pour le bagad Ker Vourdel ?
R. Depuis ses récents succès, le bagad entend continuer de l'avant. La demande de prestations croissant, nous nous devons de sans cesse progresser en qualité. Mais pour des "divro", l'avenir n'est jamais certain, malheureusement. Bien sûr, aujourd'hui, le bagad possède un noyau dur de musiciens implantés en Gironde, et dont on peut espérer qu'ils resteront encore un bon moment.
Mais il ne faut pas oublier que l'objectif du Breton est avant tout de retrouver sa terre. Et chez nous, chaque musicien qui part signifie un nouveau débutant à former Les formateurs sont de qualité, mais il faut les faire venir de loin, faute de les posséder sur place et en permanence (ça viendra peut-être un jour !).
L'objectif est donc multiple :
continuer à progresser en qualité, tout en étoffant le nombre de musiciens effectifs, notamment en pibs et en percussions, secteurs où le recrutement est le plus difficile,
améliorer la qualité de l'école de musique - mais cela supposerait aussi une amélioration des conditions d'accueil, encore problématique : une seule salle le mercredi, de 19 h à 22 h 30, pour faire travailler débutants de tous niveaux, puis bagad,
mettre en place de réelles structures de formation, encore inexistantes aujourd'hui, faute de vrais formateurs permanents : chez nous, ce sont les musiciens confirmés qui transmettent leur savoir aux débutants.
Anne Carbonnier
06 21 59 88 43
Email : carbonnie...@...
Rue Raymond Lavigne
Parc de La Chêneraie
33000 Le Bouscat
Répétitions :
mercredi - 19 h à 22 h 30.
Le potentiel du bagad de Bordeaux n'a jamais été aussi fort : reste à savoir s'il parviendra à trouver -et pérenniser- les moyens de le faire fructifier.
Q. Depuis combien de temps sonnes-tu ?
J'ai toujours sonné à Briec et j'ai commencé la bombarde à l'âge de 10 ans, ça fait donc 22 ans.
Q. Au bagad on t'a donné le surnom de "Couac", pourquoi ?
À un moment donné, chacun au bagad, s'est retrouvé affublé d'un surnom. Le surnom m'a été donné suite à quelques dérapages pendant ma période de mise en place au bagad Briec. D'ailleurs l'anecdote est que certains ont vu leur surnom imprimé sur la pochette du deuxième CD du bagad.
Q. Que te dis-tu en sortant de chez toi pour aller en répétition ?
« Avec plaisir » à chaque fois ! (grand sourire)
Q. Dans tes rêves de musicien les plus délirants, on te retrouve où ?
Dans les choses les plus folles ? C'est de me retrouver à écrire une pièce pour un grand orchestre.
Q. Ton meilleur souvenir pour l'année 2004 ?
Il y en a quelques-uns qui sont tous en rapport avec les projets que j'ai pu mener cette année :
- les fameux résultats de l'ensemble bombardes Divroet qui se retrouvent à jouer contre des ensembles de 4e et 3e alors que qu'il y a des gens dedans qui ne connaissent pas du tout le milieu,
- le challenge et pari réussi avec le Bagad Ker Vourdel de Bordeaux de maintenir le groupe en 4e catégorie et de lui donner une nouvelle direction musicale,
- la fête des 25 ans du bagad Briec qui a été quelque chose de grandiose avec 3 générations de sonneurs qui ont participé.
- l'assemblée générale Divroet qui a fait un solide bilan en matière de formation menée depuis trois ans.
Q. La pire de tes sorties ?
Aucune, je n'ai aucune mauvaise expérience au sein du bagad ou au sein de ce que je fais en dehors.
Q. Un réflexe ou un gri-gri avant de monter sur scène ?
Dix minutes avant de monter sur scène j'ai une sorte de mal-être, je somatise à cause du trac mais je n'ai pas de rituel particulier. Après, je suis content d'être sur scène.
Q. Qu'est ce qui t'énerve le plus sur ton instrument ?
Ce qui est contraignant c'est de trouver le meilleur réglage entre l'anche et l'instrument pour avoir le son qui me convient le mieux.
Q. Une partition que tu adores et que tu voudrais conseiller ?
Ça dépend à qui je la conseillerais. J'aime bien l'introduction du Bagad Quimper pour l'ouverture de leur concours à Lorient 1997. J'aime aussi un air qui s'appelle "Lipous" de Locoal Mendon. Et il y a aussi beaucoup de morceaux de Briec que j'adore, des compositions de Bertrand, par exemple "Porc qu'au Pot", et de Fabrice, "Caramba" (joué principalement l'an dernier). Ce sont quelques exemples mais il y en a plein d'autres... Également des morceaux écoutés dans d'autres registres, que ce soit dans des groupes de fest noz ou prestations en couples... Voilà pour ce qui est du milieu de la musique bretonne.
Sonerien Divroet - Menez Meur, Hanvec - juin 2004
Sonerien Divroet - Menez Meur, Hanvec - juin 2004
Q. Tu as d'autres intérêts en matière de musique ?
Oui ! j'adore le jazz ! C'est un style dont j'ai pris connaissance lorsque j'étais au collège et qui m'a beaucoup plu. En musique classique, j'adore la période XIXe, la musique romantique et plus particulièrement les compositeurs slaves : Borodine... Un certain nombre de musiques du monde aussi, du rock, du no métal, etc.
Q. Qu'est-ce qui a motivé ton besoin de partager tes connaissances ?
J'ai été longtemps le benjamin du bagad Briec et j'ai eu la chance d'avoir eu quatre sonneurs pour m'entourer dans ma formation à l'apprentissage de la bombarde et la musique. C'est une chose qui m'a marqué. Très rapidement (à l'âge de 14 ans), quand on m'a proposé de donner des cours à mon tour à l'école de musique c'était presque naturel de rendre cette impression d'avoir été soigné.
Au bagad de Briec on responsabilise très vite les jeunes pour donner des cours et c'est devenu un « réflexe » parce que c'est dans l'expression du groupe. C'était plus conscient par la suite quand j'ai été amené à m'occuper durant 5 ans du bagad de Strasbourg (j'en étais le Penn Soner). J'ai tout repris de A à Z au niveau de la formation. Alors que jusqu'à présent j'avais eu à m'occuper de gens qui avaient la chance à la fois finalement d'être imprégnés et avaient les ressources pédagogiques et sonores sur place, j'ai été amené à m'occuper d'un groupe qui n'avait ni l'imprégnation bretonne aux alentours même si le tissu "amicaliste" breton était important. Ils n'avaient rien en matière d'outils de travail, de banque de données, de sources. Ça m'a donné l'occasion de leur apporter tout ça, d'essayer de les sortir du dénuement dans lequel ils étaient.
Puis de fil en aiguille, j'ai été sollicité pour m'occuper de la formation en Divroet en qualité de responsable. Et avec, la découverte du capital formation pour les groupes qui n'en bénéficient pas. C'est un challenge de tout adapter à un complexe particulier et une richesse en matière de rencontres.
Q. Tes projets d'avenir ?
Tout d'abord continuer à jouer à Briec, mener quelques expériences parallèles, en couple par exemple, c'est un mode d'expression qui me va bien et qui me permet d'approfondir la connaissance du terroir, ce qui est très important et même de faire quelque chose de plus moderne c'est un point de départ et il ne faut pas le négliger, continuer à m'occuper de l'ensemble bombarde Divroet et de l'ensemble bombardophonique, le projet de rock celtique avec « Waff », continuer de perfectionner l'outil de formation au sein de B.A.S. Divroet, c'est ma réflexion pour développer l'aide aux groupes expatriés.
Q. Petit mot de la fin ?
D'abord féliciter les instances dirigeantes de B.A.S. Divroet et tous les groupes pour avoir redonner une âme à la fédération, en mort clinique il y a cinq ans. Il faut qu'il continuent à développer cette cohésion et cette solidarité et s'appuyer sur cette solidarité pour gagner en reconnaissance, et en divroet, et en Bretagne.
De plus en plus de sonneurs développent la technique dite de respiration abdominale pour stabiliser le volume sonore et accroître leur capacité respiratoire et la maîtrise de leurs tenues de notes.
L'exercice consiste à contenir l'air inspiré dans la partie basse des poumons ("respirer par le ventre"). La contraction constante des abdominaux va permettre de maintenir une pression toujours identique de l'air contenu, et donc une tenue de note beaucoup plus facile à contrôler.
Si vous souhaitez essayer, commencez par de petits exercices de contractions du ventre : 10 allers-retours suivi d'une contraction longue (au moins 5 secondes) pour apprendre à respirer malgré ces gymnastiques. Vous pouvez les faire en groupe, l'un posant la main sur le ventre de l'autre, l'exercice consistant à continuellement pousser la main.
Vous pourrez, après quelque entraînement, vous initier à la respiration continue, à plat dos, avec un dictionnaire posé sur le ventre.
Comment pourrait-on améliorer significativement la qualité de la musique de bagad ?
- En la jouant au piano.
En octobre dernier, Avel Mor et les Fifres Roannais donnaient un concert au Théâtre de Roanne.
Une première réussie avec une salle pleine et un public ravi. De cette rencontre naquit une vidéo sortie mi-décembre en DVD.
En vente 15 €, elle est disponible par correspondance.
Envoyez vos coordonnées complètes accompagnée du règlement par chèque à :
Avel Mor, Bagad de Roanne
1 avenue Beauséjour
42300 Roanne
En janvier les frais d'envoi sont offerts !
» Renseignements et extraits disponibles sur le site officiel d'Avel Mor.
Le bagad Pañvrid sort son premier CD.
Prix de vente : 12 € + frais de port (3 €).
» Renseignements sur le site officiel du bagad.
Ewen Briant est un ancien sonneur du bagad Landerne, actuelement en activité au sein du Bagad Nozheganned à Port Louis (56). Il vient d'enregistrer un CD qui est sorti pour les fêtes.
Au menu : grande cornemuse et uilleann pipe, le tout agrémenté d'une sauce électro...
À découvrir !
» L'article et les extraits sur bagadou.org
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