Divroet New(e)z #2

Bimestriel - Numéro 2 - Mars 2005

Comité de rédaction : Momo & Pibette

Sommaire

Le tout petit mot

Jean-Pierre REBAUD, Vice-Président

Jean-Pierre - Jpipe

Notre musique est traditionnelle et cependant nous ne pouvons ignorer les médias modernes. C'est pour cette raison que nous avons choisi la diffusion de ce journal destiné à tous les sonneurs, batteurs et musiciens bretons, par voie électronique, avec une version imprimable pour ne pas laisser en reste ceux n'ayant pas de connexion internet.

Cette démarche s'inscrit bien dans nos objectifs : former, structurer et communiquer. Le monde bouge, les sonneurs aussi et la communication prend une part très importante, c'est pourquoi nous avons jugé nécessaire d'informer très largement et tout cela en «temps réel».

Les demandes de partitions, de conseils et de formations sont légion, sans doute pas plus nombreuses qu'avant mais enfin révélées bien plus facilement grâce à la toile.

Dès lors, une bonne utilisation de cette dernière permet d'obtenir des réponses que bon nombre de sonneurs n'avaient jamais pu obtenir auparavant. L'excellent et très gros travail de collectage réalisé par nos anciens pourra sans aucun doute être dynamisé et amplifié, complété de trucs et astuces qu'il ne convient pas de garder pour soi, en utilisant à bon escient des outils modernes.

Un dicton chinois dit : « L'expérience est une lanterne que nous portons accrochée dans le dos mais qui n'éclaire que le chemin parcouru », à nous de le faire mentir en montrant qu'elle peut aussi éclairer le chemin à parcourir. Ainsi, en transmettant le savoir de chacun à l'autre, nous contribuerons à perpétuer cette musique qui nous habite et qui nous lie quel que soit le lieu géographique où nous vivons, travail ou études obligent.

Nous savons que c'est toujours plus beau chez les autres et c'est sans doute notre penchant naturel à idéaliser ce que nous n'avons pas ou que nous n'avons plus qui nous amène à regarder vers l'ouest avec envie et fait interpréter notre passion comme une colère mais ne nous y trompons pas, le vieil adage «loin des yeux loin du cœur» est bien vivant. Il touche tout le monde sans distinction. C'est sans doute pour cela que nous cherchons à revenir le plus souvent possible au pays et que nous sommes toujours prêts à accueillir tous ceux qui veulent partager notre musique.

Gageons que cette année verra une communication en constante progression ainsi qu'une meilleure compréhension entre tous les sonneurs. Déjà les retours du premier numéro sont encourageants et prometteurs, alors continuez à alimenter le Divroet New(e)z.

Ar soner a zo arouez breizh beo !

Jean-Pierre Rebaud, Vice-Président.


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Les concours 2005

Tableau des concours fédéraux de l'année, autres dates... 

 Tableau des concours bagadoù pour l'année 2005

Concours Catégorie Date Lieu
Concours de printemps 1e catégorie 13 février 2005 Brest - Le Quartz
Concours de printemps 2e catégorie 10 avril 2005 Ploemeur - Salle Océanis
Concours de printemps 3e catégorie 3 avril 2005 Pontivy - Palais des Congrès
Concours de printemps 4e catégorie 9 avril 2005 Ploemeur - Salle Océanis
Concours d'été 5e catégorie 14 juillet 2005 Carhaix
Concours d'été Tous 6 et 7 août 2005 Lorient - Stade du Moustoir

 Tableau des concours autour de la musique bretonne pour l'année 2005

Nom Objet Date Lieu
Kan ar Bobl IDF concours chanteurs, duos, groupes instrumentaux 12 et 13 mars 2005 Paris (75) - Mission bretonne
Bombardes en fête concours d'ensembles bombardes confirmés le 12 à 18h30, des ensembles plus novices le 13 à 13h 12 et 13 mars 2005 Ergué-Gabéric (29) - MPT Croas Spern
Kan ar Bobl - finale concours chanteurs, contes, duos, groupes instrumentaux 15 au 17 avril 2005 Pontivy (56)
La plume de canard concours Koz et Braz sur des danses de Cornouaille 30 avril 2005 Briec (29) - salle Arthémuse
Concours BAS 22 concours couples koz et braz qualificatif pour GOURIN : terroir TREGOR, concours départemental des bagadoù de 5e catégorie 5 mai 2005 Pommerit-le-Vicomte (22)
Concours BAS 29 concours open bagadoù 5e catégorie BAS 29 mai 2005 Quimper (29)
Trophée Roñsed Mor concours solistes Pib - caisse claire dont Championnat de Bretagne de caisse claire soliste, couples koz et braz pour éliminatoire Gourin en Vannetais, ensemble bombardes - percus, pipes-band, quatuor cornemuses, soliste biniou koz, danse 13 au 15 mai 2005 Locoal-Mendon (56)
Concours BAS 35 concours open bagadoù 5e catégorie BAS 35 22 mai 2005 Saint-Aubin-du-Cormier (35)
Trophée Pierre Bédard concours couple koz et braz pour éliminatoire Pourlet Gourin + concours danse et duo accordéon 22 mai 2005 Bubry (56)
Joutes de Kernevel concours de soliste koz, duo libre, couple insolite, éliminatoire koz et braz pour Gourin en Aven/Glazig/Rouzig, danse, joute de soliste bombarde 18 et 19 juin 2005 Kernevel, Rosporden (29)
Concours de Menez Meur pipe-band, quatuor de cornemuses, soliste caisse claire et ensembles batterie, ensembles bombarde, danse 27 juin 2005 Parc animalier de Menez Meur, Hanvec (29)
Trophée Per Guillou éliminatoire Montagne pour Gourin en couple koz et braz - concours bagadoù 5e catégorie 14 juillet 2005 Carhaix (29)
Trophée Yann-Kaourintin Ar Gall éliminatoires Bigouden pour Gourin en couple koz et braz 9 et 10 juillet 2005 Pont-l'Abbé (29)
Festival de Cornouaille Trophée Hervé le Meur, concours de la Plume de Paon pour sonneurs koz et braz, Trophée Pierre Pulvé (jeunes couples koz et braz), solistes caisse claire, ensemble batterie, concours soliste tous instruments, concours duo et mini-groupes, solistes cornemuse, danse, chant 16 et 17 juillet 2005 Quimper (29)
Festival interceltique de Lorient concours pipe-bands, ensemble batterie 14 août 2005 Lorient (56)
Trophée de la danse plinn éliminatoires Plinn pour couple koz et braz pour Gourin, danse 14 août 2005 Danouët, Bourbriac (22)
Festival Fisel éliminatoire Fisel pou couple koz et braz pour Gourin, danse 20 et 21 août 2005 Rostrenen (22)
Championnat de Bretagne de musique traditionnelle bretonne concours koz et braz, concours jeunes couples koz et braz, concours duo libre 3 et 4 septembre 2005 Gourin (56)

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En revenant de Brest

Concours des bagadoù de 1es catégories - 13 février 2005

 L'écho des sonneurs

Kevrenn Alre - Brest 13/02/2005

« C'était vraiment un bon concours autant au niveau musical qu'au niveau de l'ambiance.
Du point de vue du concours à proprement parlé, Auray a été vraiment énorme, Brieg toujours aussi créatif, Cap Caval génialissime. Petite surprise avec Guingamp qui a joué avec une pêche exceptionnelle. J'ai par contre un petit bémol. En effet, la plupart des autres groupes que ceux cités précédemment manquaient d'entrain sur scène (pas de sourires, pas de cris,... ), ce qui rendait leur prestation assez molle voire ennuyeuse.
Du point de vue de l'ambiance dans le quartz, aucun reproche à faire. C'était vraiment une journée joyeuse et festive.


Moi je retiens :


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Trélazé remet ses médailles

Remise de médailles à l’occasion des 45 ans du bagad Men Glaz

« Cette cérémonie, qui a lieu tous les 5 ans, est l’occasion de rendre hommage aux hommes et femmes qui travaillent au développement du bagad, tant dans la musique ou la danse que dans la vie associative du groupe. Nous sommes très fiers de pouvoir leur offrir cette médaille.

J’ai été surtout impressionné par le palmarès de sorties de ce bagad, dont certaines destinations restent tout à fait insolites : Guadeloupe, Équateur, Tchécoslovaquie, Grèce, Singapour, etc.,de quoi faire rêver !
 »

 Quelques images... 

Un médaillé

Les médaillés

Médaille et diplôme

L'exposition

Pour en savoir plus sur la bagad Men Glaz, voici son site officiel : www.menglaz.org.


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À la découverte des bagadoù divroet

Rencontre avec Avel Féron, président du bagad Keltia Provence

Bagad Keltia Provence

Q - Quand le Bagad Keltia Provence a-t-il été créé ?

R - L'association « Bagad Keltia Provence » a été créée en octobre 2003 à l'initiative de Jeff Martinsky et moi-même. À l'origine, nous étions deux ou trois sonneurs débutants et monter en Bretagne pour participer à des stages revenait cher, c'est pourquoi nous avons décidé de créer une association avec quelques talabarder de l'amicale de Toulon afin de fédérer les compétences pour pouvoir faire quelques prestations et financer nos stages. Pendant quelque temps, nous avons fait appel à un prof de cornemuse d'Écosse, Ian Kinnear, qui nous a assuré des stages à titre gracieux, puis l'automne dernier nous avons fait plusieurs stages avec quelques membres du Bagad de Dol, stages très profitables axés sur le travail de bagad et d'ensemble.

Q - Peut-on parler de jumelage aujourd'hui ?

R - Il y a une réelle collaboration qui commence à se mettre en place entre les bagadoù de Bretagne et les Divroet, par exemple le bagad Roazhon a récemment proposé aux bagadoù hors Bretagne des places pour participer à un stage qu'il organisait. Notre travail avec Dol se situe dans le même esprit. Ils proposent leur suite à travailler à nos sonneurs qui le souhaitent qui, après audition, pourront être admis à la jouer en concours avec eux. En échange, nous organisons des stages chez nous auxquels nous les convions et leur faisons profiter des sorties qui se présentent dans la région pour leur bagad. Ce n'est pas encore bien formalisé, mais c'est un début, et l'esprit y est. Je pense que ce système pourrait même être étendu à d'autres bagadoù. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment s'opère le transfert de connaissance, via la formation, d'un bagad breton qui a déjà une certaine expérience, à l'exemple du Bagad de Dol qui est en troisième catégorie par rapport à nous qui sommes tant preneurs d'expérience. Un peu lassés de tourner toujours dans les mêmes fêtes, les mêmes festivals, les mêmes villes, ça leur donne une opportunité de sortir, une porte ouverte sur un autre cadre, d'où l'idée de ce partenariat.

Q - Tu nous présentes l'équipe ?

Keltia Provence

R - Notre penn soner se nomme Erwan Yvenou, un marin de Guipavas (talabarder) ; en cas d'absence il est remplacé par Nolwenn Gaudin. Elle est lycéenne dans la région et harpiste depuis une dizaine d'année.
Pour ma part, j'ai la présidence du groupe, et si c'est moi qui doit m'absenter, Jeff Markonsky, le vice-président, co-fondateur du bagad avec Erwan Yvenou et moi-même, prend la relève.

Q - Si on veut venir vous voir, on vous trouve où ?

« Notre objectif est de devenir LE bagad de la région toulonnaise. »

R - Nous répétons tous les vendredis soirs en ensemble, Porte d'Italie dans les remparts. C'est une salle en pierre voûtée et l'acoustique est médiocre, mais nous avons eu l'opportunité de bénéficier de cette salle dans laquelle nous pouvons organiser un stage complet ou bien un repas, et où on peut mettre une centaine de personnes, c'est une chance.
Les répétions en pupitre ont lieu le mercredi pour les cornemuses et le jeudi pour les bombardes. Nous n'avons qu'un seul local et nous ne pouvons pas répéter en extérieur excepté, lorsque le temps le permet, quand nous répétons en forêt, à dix minutes de Toulon, sur le Mont Faron. Le lieu est agréable, on domine la rade de Toulon, la vue est jolie, on y est très bien.
Le siège social se situe à Six-Fours, une commune proche de Toulon. Notre objectif est de devenir LE bagad de la région toulonnaise. La région s'appelle « Toulon, Provence, Méditerranée (TPM) » et notre idée est de rayonner sur cet ensemble (de Six-Fours, Bandol jusque Hyères)

« KELTIA PROVENCE »

Le nom qu'ils se sont choisi est le produit du mélange de deux cultures : Keltia, un nom en référence avec l'histoire de la Bretagne, sur une racine linguistique du sud (de là où ils vivent), et Provence pour le lieu géographique.

Les gens qui composent le bagad ont pour la plupart une culture bretonnante sans pour autant être tous bretons. Mélange des cultures donc, mais pas uniquement à titre linguistique ou géographique :

Actuellement, nous avons aussi trois ou quatre élèves provençaux dans le groupe. Déjà musiciens, ils nous ont rejoint parce qu'ils aimaient l'instrument (la cornemuse). Ça leur donnait l'occasion d'apprendre une nouvelle technique instrumentale, et je peux vous dire qu'ils ont de la motivation à revendre.

Nous devrions d'ici peu également accueillir un italien, talabarder du bagad Keriz, qui cherche une structure dans le sud où continuer à jouer.

Q - Vous êtes combien dans votre formation ?

R - L'effectif total du Bagad tourne autour d'une bonne vingtaine de sonneurs qui comprend ceux qui sont en mesure d'assurer une prestation et ceux du « bagadig » (le terme est un peu grand pour nous pour l'instant). Une dizaine de personnes sont débutantes dans l'apprentissage de la bombarde et la cornemuse, qui sont formés par les plus anciens, ceux qui ont le meilleur niveau. On organise aussi des stages via BAS, par exemple à Ploemeur où on était assez nombreux, et sur place avec des gens de bon niveau, puis nous travaillons à entretenir nos connaissances pour progresser.
50 % de l'effectif est militaire ce qui pose souvent problème pour les répétitions ou les sorties. Ce n'est pas tant le fait qu'ils soient militaires que leur absence qui se ressent surtout, au point que nous sommes obligés de geler les activités du bagad.
Notre souci est de ne pas avoir de pupitre percussions. Pour le moment deux personnes souhaitent apprendre la caisse claire, apprentissage à partir de la méthode et de quelques stages en Bretagne. Le travail est assez difficile. Ce qui nous sauve, c'est d'avoir le batteur du groupe « Celtic Kanan » derrière nous lorsque nous sommes en concert avec eux, il prend les percussions (djembé, congas) de temps à autre. Un appel a été lancé sur l'Ar Soner pour inviter les percussionnistes qui descendent dans le Sud à se signaler au bagad. Donc si des gens doivent venir sur Toulon pour des raisons professionnelles qu'ils sachent qu'il y a une structure prête à les accueillir.

Q - Une expérience des concours ?

R - Non, aujourd'hui, nous n'avons aucune expérience des concours. L'idée est de se présenter en cinquième catégorie, peut-être d'ici un ou deux ans. Pour l'instant, nous travaillons des morceaux sans arrangements, mais on a une suite en cours d'écriture. Ronan, un des arrangeurs du bagad de Dol nous aide pour mettre ça en place.
Dans le cadre de notre collaboration avec le bagad de Dol, on nous a par ailleurs proposé, à Jeff et moi-même, de participer au concours de troisième catégorie, malheureusement je ne pourrai pas en faire partie car je serai en mer à cette époque.
Donc en résumé, l'expérience s'acquiert plutôt à travers les échanges inter-bagad.

Vos sorties

Nous faisons pas mal de petites prestations sur place qui nous permettent de survivre financièrement. Notamment nous avons quelques concerts avec un groupe de rock Celte « Celtic Kanan » avec lesquels nous nous produisons quand ils ont un contrat pour jouer en extérieur (une collaboration).
Si aujourd'hui, les airs joués en sorties sont presque tous bretons, à terme, nous aimerions bien pouvoir proposer un répertoire intégrant des airs du répertoire provençal pour faire la liaison entre les deux mondes.

Keltia Provence

Q - Quels sont vos projets pour l'année qui vient ?

R - D'abord monter la suite que nous avons commencée, bien la roder et faire autant de prestations qui se présenteront que possible. En été, nous en avons une par semaine sur la période mai, juin, juillet. Nous essayons de prendre nos vacances en août pour qu'un maximum de l'effectif puisse être présent.
Nous démarchons nous-mêmes pour décrocher des contrats. En fait, les mairies sont très intéressées par notre projet car, si on entend beaucoup parler des ensembles bombardes et cornemuses à la télé, dans la région, personne n'en a entendus en vrai donc c'est quelque chose qui plaît beaucoup, et nous recevons un très bon accueil. De plus, nous n'avons pas besoin de sonorisation ce qui fait que le rapport qualité/prix du bagad est intéressant par rapport à un groupe qui a besoin d'une scène et d'une sonorisation.
Nous avons donc beaucoup de débouchés possibles dans la région à travers ces mairies, des fêtes communales, des mariages aussi. Nous avons pas mal de demandes de couple pour ce genre d'événements.

Q - Petit mot de la fin ?

R - Je trouverais intéressant, quand il y a plusieurs bagadoù dans une même région, de se fédérer de façon à pouvoir organiser des stages communs et ainsi rendre le coût plus abordable. Par exemple, faire venir un formateur de Bretagne à titre gracieux revient quand même à 450 € au bagad (frais de déplacements, hébergement, etc.)
Dans notre région il y a le bagad de Toulouse, de Roanne, de Lyon, à Nice, une structure est en train de voir le jour ainsi qu'à Aix (les anciens de Marseille qui essaient de monter quelques chose sur Aix en fait). Donc il serait intéressant de se regrouper pour les formations, les stages et pourquoi pas pour les prestations aussi.

Nous verrons avec Divroet pour ceux qui veulent participer aux concours, pour le moment nous ne pouvons pas nous permettre de monter en Bretagne par manque de moyens, déplacer une dizaine de personnes en car, les hébergements et les repas, c'est quelque chose qui pour l'instant est largement au-dessus de nos moyens.

 Contacter le bagad

Avel Féron
06 60 37 11 45
Email : bagad-kp.@...
  117 avenue Robert Forrer
  83140 Six-Fours-Les-Plages
Répétitions :
vendredi soir - .

 Pour aller plus loin :


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Entretien avec un Sonneur

Loïc Denis : joueur de cornemuse

Loïc Denis

Q - Depuis quand sonnes-tu ?

R - Depuis l'âge de 11 ans. J'ai commencé au bagad de Vannes, puis Quimper. Ensuite, je suis parti à l'étranger. Mon frère à l'époque jouait à Bleimor, alors quand je suis revenu, j'ai intégré Bleimor qui musicalement m'attirait et où j'ai vraiment pris mon pied. Quand Bleimor s'est arrêté, je suis allé à Cap Caval où j'ai joué pendant 3 ans ; puis à Bordeaux, où on a mis 3 ans pour créer le Bagad Ker Vourdel avec Jean-Luc Coadou et Philippe Glimois ; enfin 4 ans à la Kevrenn Alre. J'ai arrêté mes activités au sein de la Kevrenn en septembre 2004, un peu à cause de l'usure à jouer en bagad et pour me consacrer à d'autres choses : la musique de couple, mon groupe, le border pipe.

Q - Pourquoi avoir choisi la Kevrenn Alre ?

R - Pour plusieurs raisons. J'aimais jouer au Bagad Bleimor parce que c'était un groupe très très fort sur le plan de la musicalité et la transmission du style. Je suis venu à Auray pour les mêmes raisons : musicalement, c'est très intéressant, notamment la période Roland Becker avec l'hommage aux frères Bodec par exemple -une des plus belles suites de Bagad que j'ai connues. Et puis j'ai beaucoup d'amis là-bas : Pascal Guingo, Hubert Rault, etc. Enfin, Fabrice Lothodé est pour moi le meilleur leader de groupe actuellement en Bretagne, pour son esprit, son charisme et vraiment j'ai vécu de super années de camaraderie et de musique avec Auray. De plus, mon père était natif de Saint-Goustan, alors c'était aussi l'envie de revenir dans mon pays d'origine.

Q - Ton meilleur souvenir 2004, c'était avec eux ?

R - Oui. Ça a été Carte blanche au nouveau théâtre de Lorient pendant le Festival Interceltique. Je crois qu'une création, c'est le plus bel exemple d'accomplissement d'un bagad, comme Cap Caval avec Hepken, ou Quimper avec son nouveau disque. Ça a été un moment très fort et je regrette qu'il y en ait tant qui n'aient pas assisté à cette soirée. Il y a eu beaucoup d'intervenants, des gens du théâtre, l'orchestre de jazz de Lorient, des chanteurs et joueurs du Pays de l'Oust, du Pays de Redon, Alain Pennec (accordéon) et d'autres musiciens tout aussi prestigieux. Il y avait en plus un groupe de danse d'Auray et un autre de la région de Quimper qui étaient invités. Le bagad de Locoal Mendon est venu également. On a donc fait plusieurs morceaux ensemble ainsi que le final. On a joué à guichet fermé -1000 personnes-. Ah ! Ç'aurait mérité d'être renouvelé.

Q - Une Kevrenn, c'est une configuration assez particulière. Comment se passaient les répés, le choix des airs, ... ?

R - Le choix du terroir est fait par le leader musical, et à Auray, c'est le rôle de Fabrice Lothodé : il va aux sources du terroir, il rencontre beaucoup de gens et fait du collectage. C'est un gros travail. Une fois les recherches effectuées, il s'inspire du style puis il travaille à le restituer dans la musique et dans la danse. A ce stade, il est aidé par des gens qui font des travaux parallèles d'harmonisation, d'accompagnement, d'accord, mais le gros du travail c'est quand même lui qui le fait.
Après, les répés, ça se passe par pupitre. À la fin de chaque répé, ils se retrouvent ensemble pour mettre en commun le travail de pupitre. Le penn passe dans tous les pupitres pour revoir le style, qui est vraiment le ciment de la bonne musique, qu'il s'agisse d'une musique un peu moderne, rock ou bulgare. C'est ce que fait Erik marchand avec le Taraf de Caransebes par exemple, mais ce n'est possible que parce que c'est un bon praticien du style.

Q - Un truc qui t'énerve sur ton instrument ?

R - Très souvent, c'est un bourdon mal réglé ou un instrument qui monte vite en humidité, c'est énervant parce que tu ne maîtrises pas la situation. C'est pour ça qu'on est partisan de prendre des poches avec des capteurs d'humidité pour ne pas être embêté. Sinon, on varie très rapidement on ne reste pas stable bien longtemps. On en revient toujours au son...

Q - À la veille d'un concours, pour toi, aller en répé, c'était plutôt... 

R - ... un peu tendu, parce qu'on veut faire le mieux possible. Auray s'est donné pour objectif de réussir dans l'expression stylistique tout en proposant une musique évolutive. Cela implique une mise en place très compliquée : changements de rythmique, de tempo, arrêts, redémarrages,... Je crois qu'on se situe à la limite du professionnalisme à ce niveau. Mais je ne regrette pas du tout le travail investi, le résultat est payant. Et cette dynamique se retrouve chez tout le monde à la Kevrenn.

Q - Un rituel ou un gri-gri avant de monter sur scène ?

R - Un rituel oui ! Deux même : d'abord, une respiration lente et profonde ! Mais surtout, et je le redis très souvent, il faut s'interdire de commencer à jouer si on ne se sent pas accordé. En tout cas, pour moi, ce n'est pas possible : je vais d'abord chercher à parfaire mon accord, pendant vingt minutes s'il le faut, jusqu'à ce qu'il soit stabilisé. Et là, quand on sent qu'on y est, on ne se pose plus de question, on monte sur scène confiant, on sait qu'on prendra du plaisir à jouer.

Q - Sonneur dans plusieurs bagadoù prestigieux, président d'amicale, fondateur de Ker Vourdel, ... D'où te vient une telle volonté d'investissement ?

R - On ne se pose pas la question, ça vient naturellement. J'ai vécu pendant pas mal d'années hors Bretagne, mais je n'ai jamais voulu adhérer à des associations bretonnes, ne voyant pas ce que je pouvais y trouver. Mais en arrivant à Bordeaux, on s'est regroupé à 3, 4 sonneurs... Et on a tout de suite eu envie d'aller plus loin, de créer un groupe. Cela a demandé un travail énorme pour trouver un lieu de répétition, créer une plaquette, rencontrer des médias,... Les premiers festoù-noz ont été durs à organiser mais c'est très vite monté en puissance. La rencontre des Gascons a créé une dynamique. Une histoire de rencontres en somme... Après mon départ, j'étais content de savoir que Mickaël Cozien arrivait en renfort à Bordeaux. Aujourd'hui, j'ai envie que les gens prennent autant de plaisir que moi à jouer. Quand je les vois en difficulté, eh bien j'ai envie de leur donner ce que je sais. Il est vrai que l'éloignement majore le sentiment d'appartenance. Dans les années 70, on n'a pas eu cette chance d'avoir des moniteurs, il a fallu qu'on se débrouille. On allait en Écosse, on a écouté des concerts, on s'achetait des recueils de musique. Je trouve que les jeunes ont beaucoup de chance d'avoir des encadrants.

Loïc Denis

Q - Y aurait-il d'autres facettes de la musique bretonne que, si l'occasion se présentait, tu aimerais explorer ?

R – Je suis toujours en quête de « perfection » si je peux dire, tant sur le plan technique que stylistique. En concours par exemple, tu y vas, tu crois bien faire et finalement tu te ramasses. Il y a toujours quelqu'un pour dire « Ce n'est pas tout à fait ça au niveau de l'expression musicale ». Il ne faut pas s'en décourager, mais simplement être capable de remettre en question sa manière de penser et toujours se dire qu'on ne détient pas la vérité. Ça veut dire travail, travail, travail, toujours creuser et travailler.

Q - Des projets d'avenir ?

R - Aujourd'hui, je joue dans un quatuor quintette, -deux uillean pipe, deux small pipe et un bodhrán-. Mais il y a un peu plus d'un an, j'avais un autre groupe qui s'appelait Diston, j'aimerais bien reprendre ce groupe là. Et maintenant, j'ai également un tout nouvel objectif : je viens d'acheter un border pipe -cornemuse de chambre- pour jouer de la musique gaélique. J'ai joué avec un pianiste, Alain Finot, il n'y a pas longtemps et on a décidé de faire des concerts ou de l'animation dans des bars. Je suis complètement épris de cette musique et de leur culture si forte (sans doute plus que la musique bretonne). Ils sont très forts sur le plan rythmique et émotionnel. Je pense que je vais creuser ce répertoire. Et bien sûr, continuer à sonner en couple avec mon compère, Eric Quéméré.

Q - Et dans tes rêves de musicien les plus délirants on te trouve où ?

R - Ce que j'aimerais beaucoup, c'est faire un disque avec toute la musique que j'aime : de la musique de couple, mais aussi des airs gaéliques et irlandais, et les mettre sur CD. Entouré comme je le suis de musiciens comme Franck Le Bloas le bouzoukiste, Hervé Guillo le flûtiste et Glen Le Merdy le percussionniste, réaliser un disque serait un réel plaisir. Pour moi, ce serait aussi l'aboutissement d'un travail, la réussite d'un exercice de style. Faire un disque ce n'est pas un but. Pour moi, c'est plutôt un rêve... dont je rêve depuis 10 ans.

Q - Une partition que tu voudrais nous conseiller ?

R - J'aime bien la gavotte, ou un bon rond de Loudéac, très dynamique, cela fait partie des thèmes qui sont très intéressants à jouer pour un groupe. Il y a aussi des thèmes marquants -par exemple l'hommage aux sœurs Goadeg. Mais il faudrait également parler des danses, de certains airs particulièrement mélodieux et émouvants. Il y a tellement de mélodies, de marches, etc. qui pourraient être travaillées et arrangées au niveau d'un bagad, ce n'est pas forcément fait encore... En résumé, je n'ai pas d'air fétiche, non.

Q - Ton petit mot de la fin ?

R - Il y a deux mots clés pour moi pour définir la réussite d'un groupe (et Bordeaux est un bon exemple), c'est la tolérance et l'humilité. Dans un groupe, musicalement, humainement, il faut être tolérant sinon la vie et la dynamique du groupe ne se réaliseront jamais pleinement. Il ne faut pas s'occuper des gens négatifs. A un moment, ces gens auront fini d'user leur propre énergie négative, ils s'en iront d'eux mêmes. Les gens qui regardent devant eux et qui ont cet esprit de groupe et sont positifs, au final, ce seront eux les grands gagnants !


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Passeport pour la Bretagne

Stage du bagad Roazhon : Rennes, 19 et 20 février 2005

Stage du bagad Roazhon

Une quinzaine de participants s'étaient donné rendez-vous ce week-end dans la forêt de Brocéliande pour un stage de formation. Animé par des formateurs de haut niveau, comme par exemple Romain Fleury du bagad de Pontivy, l'heure des réglages d'anches, filasses et octaves avait sonné dans une clairière près de Paimpont.

Les partitions, écrites par le président du bagad, étaient assez avancées par rapport au niveau de 5e catégorie (parties bombardes sur 2 octaves), mais pour autant tous les élèves s'en sont sortis comme des chefs, malgré des disparités de niveau plus liés à la jeunesse de certains dans la pratique de l'instrument qu'à de vraies difficultés d'apprentissage.

Un week-end particulièrement intensif, sous un temps très hivernal, puisque les températures ont à peine dépassé le 0º C... Entre neige, courants d'air et problèmes de chauffage, le campement a vécu quelques heures difficiles, ensoleillées cependant avec l'installation de la tireuse (de Coreff), et surtout avec l'arrivée de copains du bagad An Oriant venus tenir compagnie aux stagiaires le temps d'une soirée au coin du feu. Une soirée bien animée donc.

Pour autant, il ne s'agissait pas tout à fait d'un stage interne, puisque tous les « divro » avaient reçu une invitation leur proposant d'y participer. Et l'un d'entre eux s'est rendu au stage ce week-end :
« Je ne m'attendais pas à recevoir un accueil aussi sympathique. Déjà, en arrivant, j'avais 1 heure de retard, donc tout le monde était déjà parti en cours. Pour une prise de contact, il y a mieux, n'est-ce pas ? Mais j'ai trouvé une super ambiance. On sent que le bagad vit dans la cohérence, l'esprit y est sain, jovial et travailleur, alors que pour autant certains jouent ou ont joué dans d'autres bagadoù (Pontivy, Lorient, etc.). De quoi faire réfléchir ! Tout le monde était très motivé et le travail accompli a été intense et de bonne qualité avec un rendu final qui ressemblait, rien qu'au bout de deux tout petits jours de travail, déjà très distinctement à une pourlet. »

Expérience qui semble avoir été appréciée des deux côtés de la Gravelle : « Pour moi, je pense que ça peut être un bel exemple d'ouverture, d'amitié et d'entraide entre les groupes qui est à approfondir », dixit un membre du bagad Roazhon.

En attendant une prochaine rencontre, je suis sûre que tous les bagadoù hors Bretagne se joindront à moi pour vous remercier, et en particulier Killkennykilest qui a soufflé cette bonne idée, et vous indiquer que nous avons été très touchés par cette invitation.

 Quelques photos

Stage de Rennes

Stage de Rennes

Stage de Rennes

Stage de Rennes

Si vous voulez en savoir plus sur le bagad de Rennes, contactez le : Bagad Roazhon.


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S.O.S. B.A.S.

une sélection de sites pour les sonneurs

 Pour les batteurs


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Le saviez-vous ?

La Saint Patrick

Saint Patrick et la conversion de l'Irlande

Croagh Patrick, the Holy Mountain

Si l'un des 2 symboles de la République d'Irlande, la harpe celtique, rappelle son passé gaélique, l'autre, le trèfle, renvoie à ses origines chrétiennes. C'est en effet, grâce à cette feuille trilobée que, selon la légende, Saint Patrick aurait réussi à expliquer à un roi païen, le mystère de la Sainte Trinité et à le convertir au christianisme.

Fils d'un centurion romain, breton (originaire de Grande-Bretagne), il serait né vers 385-390. Il aurait été enlevé à 16 ans par des pirates et emmené comme esclave chez un druide dans l'actuelle Ustler. Après son évasion et une solide instruction religieuse, la Pape Celestin Ier l'aurait réexpédié chez ses anciens geôliers pour évangéliser l'Irlande païenne. Ce qu'il fit, défiant les druides sur leurs terrains et s'adressant aux rois pour convertir leurs sujets. À sa mort, vers 461, l'Irlande était chrétienne. Saint Patrick reposerait dans le cimetière de Downpatrick (en Irlande du Nord).

Saint Patrick est l'objet d'une véritable vénération de la part des irlandais. Le jour de sa fête, le 17 mars, célébrée dans toutes les communautés irlandaises du monde entier, est le jour de fête nationale de la République d'Irlande. À cette occasion, les irlandais s'habillent en vert, couleur symbole de l'Irlande qui compterait, selon une légende, plus de 40 variétés de vert dans ses paysages.

 Vœux de la Saint Patrick

Puissiez-vous avoir
Une maison contre le vent
Un toit contre la pluie
L'amour d'une famille unie

Puissiez-vous toujours être entourés
De gens joyeux et d'éclats de rire
De tous ceux que vous aimez
Puissiez-vous avoir
Tout ce que votre cœur désire.

Tous les ans, depuis des siècles, le dernier dimanche de juillet, des milliers de pèlerins gravissent (souvent pieds nus) le Croagh Patrick, la montagne sacrée de l'Irlande dans le comté de Mayo, où Saint Patrick se serait imposé, en 441, quarante jours de retraite et de pénitence, précipitant dans une fissure profonde ouverte dans le rocher toutes les vermines monstrueuses et venimeuses de l'île (c'est pourquoi il n'y a pas de serpents en Irlande !)

La Fête de Saint Patrick

Chaque année, le 17 mars est une très grande fête pour les Irlandais autour du monde. En Irlande, cette année, Saint Patrick sera fêté du 16 mars au 20 mars.

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