Publié le 10.03.2005 dans "A la découverte"
Découvrez le bagad Keltia Provence de Toulon
Q - Quand le Bagad Keltia Provence a-t-il été créé ?
R - L’association « Bagad Keltia Provence » a été créée en octobre 2003 à l’initiative de Jeff Martinsky et moi-même. À l’origine, nous étions deux ou trois sonneurs débutants et monter en Bretagne pour participer à des stages revenait cher, c’est pourquoi nous avons décidé de créer une association avec quelques talabarder de l’amicale de Toulon afin de fédérer les compétences pour pouvoir faire quelques prestations et financer nos stages. Pendant quelque temps, nous avons fait appel à un prof de cornemuse d’Écosse, Ian Kinnear, qui nous a assuré des stages à titre gracieux, puis l’automne dernier nous avons fait plusieurs stages avec quelques membres du Bagad de Dol, stages très profitables axés sur le travail de bagad et d’ensemble.
Q - Peut-on parler de jumelage aujourd’hui ?
R - Il y a une réelle collaboration qui commence à se mettre en place entre les bagadoù de Bretagne et les Divroet, par exemple le bagad Roazhon a récemment proposé aux bagadoù hors Bretagne des places pour participer à un stage qu’il organisait. Notre travail avec Dol se situe dans le même esprit. Ils proposent leur suite à travailler à nos sonneurs qui le souhaitent qui, après audition, pourront être admis à la jouer en concours avec eux. En échange, nous organisons des stages chez nous auxquels nous les convions et leur faisons profiter des sorties qui se présentent dans la région pour leur bagad. Ce n’est pas encore bien formalisé, mais c’est un début, et l’esprit y est. Je pense que ce système pourrait même être étendu à d’autres bagadoù. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment s’opère le transfert de connaissance, via la formation, d’un bagad breton qui a déjà une certaine expérience, à l’exemple du Bagad de Dol qui est en troisième catégorie par rapport à nous qui sommes tant preneurs d’expérience. Un peu lassés de tourner toujours dans les mêmes fêtes, les mêmes festivals, les mêmes villes, ça leur donne une opportunité de sortir, une porte ouverte sur un autre cadre, d’où l’idée de ce partenariat.
Q - Tu nous présentes l’équipe ?

R - Notre penn soner se nomme Erwan Yvenou, un marin de Guipavas (talabarder) ; en cas d’absence il est remplacé par Nolwenn Gaudin. Elle est lycéenne dans la région et harpiste depuis une dizaine d’année.
Pour ma part, j’ai la présidence du groupe, et si c’est moi qui doit m’absenter, Jeff Markonsky, le vice-président, co-fondateur du bagad avec Erwan Yvenou et moi-même, prend la relève.
Q - Si on veut venir vous voir, on vous trouve où ?
« Notre objectif est de devenir LE bagad de la région toulonnaise. »
R - Nous répétons tous les vendredis soirs en ensemble, Porte d’Italie dans les remparts. C’est une salle en pierre voûtée et l’acoustique est médiocre, mais nous avons eu l’opportunité de bénéficier de cette salle dans laquelle nous pouvons organiser un stage complet ou bien un repas, et où on peut mettre une centaine de personnes, c’est une chance.
Les répétions en pupitre ont lieu le mercredi pour les cornemuses et le jeudi pour les bombardes. Nous n’avons qu’un seul local et nous ne pouvons pas répéter en extérieur excepté, lorsque le temps le permet, quand nous répétons en forêt, à dix minutes de Toulon, sur le Mont Faron. Le lieu est agréable, on domine la rade de Toulon, la vue est jolie, on y est très bien.
Le siège social se situe à Six-Fours, une commune proche de Toulon. Notre objectif est de devenir LE bagad de la région toulonnaise. La région s’appelle « Toulon, Provence, Méditerranée (TPM) » et notre idée est de rayonner sur cet ensemble (de Six-Fours, Bandol jusque Hyères)
« KELTIA PROVENCE »
Le nom qu’ils se sont choisi est le produit du mélange de deux cultures : Keltia, un nom en référence avec l’histoire de la Bretagne, sur une racine linguistique du sud (de là où ils vivent), et Provence pour le lieu géographique.
Les gens qui composent le bagad ont pour la plupart une culture bretonnante sans pour autant être tous bretons. Mélange des cultures donc, mais pas uniquement à titre linguistique ou géographique :
Actuellement, nous avons aussi trois ou quatre élèves provençaux dans le groupe. Déjà musiciens, ils nous ont rejoint parce qu’ils aimaient l’instrument (la cornemuse). Ça leur donnait l’occasion d’apprendre une nouvelle technique instrumentale, et je peux vous dire qu’ils ont de la motivation à revendre.
Nous devrions d’ici peu également accueillir un italien, talabarder du bagad Keriz, qui cherche une structure dans le sud où continuer à jouer.
Q - Vous êtes combien dans votre formation ?
R - L’effectif total du Bagad tourne autour d’une bonne vingtaine de sonneurs qui comprend ceux qui sont en mesure d’assurer une prestation et ceux du « bagadig » (le terme est un peu grand pour nous pour l’instant). Une dizaine de personnes sont débutantes dans l’apprentissage de la bombarde et la cornemuse, qui sont formés par les plus anciens, ceux qui ont le meilleur niveau. On organise aussi des stages via BAS, par exemple à Ploemeur où on était assez nombreux, et sur place avec des gens de bon niveau, puis nous travaillons à entretenir nos connaissances pour progresser.
50 % de l’effectif est militaire ce qui pose souvent problème pour les répétitions ou les sorties. Ce n’est pas tant le fait qu’ils soient militaires que leur absence qui se ressent surtout, au point que nous sommes obligés de geler les activités du bagad.
Notre souci est de ne pas avoir de pupitre percussions. Pour le moment deux personnes souhaitent apprendre la caisse claire, apprentissage à partir de la méthode et de quelques stages en Bretagne. Le travail est assez difficile. Ce qui nous sauve, c’est d’avoir le batteur du groupe « Celtic Kanan » derrière nous lorsque nous sommes en concert avec eux, il prend les percussions (djembé, congas) de temps à autre. Un appel a été lancé sur l’Ar Soner pour inviter les percussionnistes qui descendent dans le Sud à se signaler au bagad. Donc si des gens doivent venir sur Toulon pour des raisons professionnelles qu’ils sachent qu’il y a une structure prête à les accueillir.
Q - Une expérience des concours ?
R - Non, aujourd’hui, nous n’avons aucune expérience des concours. L’idée est de se présenter en cinquième catégorie, peut-être d’ici un ou deux ans. Pour l’instant, nous travaillons des morceaux sans arrangements, mais on a une suite en cours d’écriture. Ronan, un des arrangeurs du bagad de Dol nous aide pour mettre ça en place.
Dans le cadre de notre collaboration avec le bagad de Dol, on nous a par ailleurs proposé, à Jeff et moi-même, de participer au concours de troisième catégorie, malheureusement je ne pourrai pas en faire partie car je serai en mer à cette époque.
Donc en résumé, l’expérience s’acquiert plutôt à travers les échanges inter-bagad.
Vos sorties
Nous faisons pas mal de petites prestations sur place qui nous permettent de survivre financièrement. Notamment nous avons quelques concerts avec un groupe de rock Celte « Celtic Kanan » avec lesquels nous nous produisons quand ils ont un contrat pour jouer en extérieur (une collaboration).
Si aujourd’hui, les airs joués en sorties sont presque tous bretons, à terme, nous aimerions bien pouvoir proposer un répertoire intégrant des airs du répertoire provençal pour faire la liaison entre les deux mondes.

Q - Quels sont vos projets pour l’année qui vient ?
R - D’abord monter la suite que nous avons commencée, bien la roder et faire autant de prestations qui se présenteront que possible. En été, nous en avons une par semaine sur la période mai, juin, juillet. Nous essayons de prendre nos vacances en août pour qu’un maximum de l’effectif puisse être présent.
Nous démarchons nous-mêmes pour décrocher des contrats. En fait, les mairies sont très intéressées par notre projet car, si on entend beaucoup parler des ensembles bombardes et cornemuses à la télé, dans la région, personne n’en a entendus en vrai donc c’est quelque chose qui plaît beaucoup, et nous recevons un très bon accueil. De plus, nous n’avons pas besoin de sonorisation ce qui fait que le rapport qualité/prix du bagad est intéressant par rapport à un groupe qui a besoin d’une scène et d’une sonorisation.
Nous avons donc beaucoup de débouchés possibles dans la région à travers ces mairies, des fêtes communales, des mariages aussi. Nous avons pas mal de demandes de couple pour ce genre d’événements.
Q - Petit mot de la fin ?
R - Je trouverais intéressant, quand il y a plusieurs bagadoù dans une même région, de se fédérer de façon à pouvoir organiser des stages communs et ainsi rendre le coût plus abordable. Par exemple, faire venir un formateur de Bretagne à titre gracieux revient quand même à 450 € au bagad (frais de déplacements, hébergement, etc.)
Dans notre région il y a le bagad de Toulouse, de Roanne, de Lyon, à Nice, une structure est en train de voir le jour ainsi qu’à Aix (les anciens de Marseille qui essaient de monter quelques chose sur Aix en fait). Donc il serait intéressant de se regrouper pour les formations, les stages et pourquoi pas pour les prestations aussi.
Nous verrons avec Divroet pour ceux qui veulent participer aux concours, pour le moment nous ne pouvons pas nous permettre de monter en Bretagne par manque de moyens, déplacer une dizaine de personnes en car, les hébergements et les repas, c’est quelque chose qui pour l’instant est largement au-dessus de nos moyens.
Categories
- A la découverte (12)
- B.A.S : Bon A Savoir (17)
- C dans l’air (2)
- Echo des sonneurs (7)
- Entretien avec … (21)
- Istorioù (3)
- Keleier Breizh (7)
- Le coin du sonneur (14)
- Mémos d’assos (3)
- Petra Lavarez (3)
- Rencontre avec … (2)
- Tribune libre (10)
- Vie des groupes (3)
- Quelques Liens
- Téléchargements
- Votre avis nous intéresse
Aucun commentaire
Laisser un commentaire | Flux rss des commentaires de cet article| trackback uri