Publié le 04.05.2005 dans "Le coin du sonneur"
Découvrez le métier de facteur d’anches

Élève de 3e au collège de Blanquefort, j’ai effectué un stage de découverte du monde professionnel. J’ai choisi de le faire en Bretagne car je suis passionné de musique bretonne (je sonne dans le pupitre bombarde au bagad de Bordeaux) et je désirais m’intéresser de plus près à la fabrication des anches de bombardes.
Le métier de facteur d’anches
Yves-Marie Landrein est un facteur d’anches installé à Rosporden dans le Sud Finistère, avec Fabrice Lothodé. Ce dernier est bien connu puisqu’il est le penn-sonneur du bagad d’Auray. Ils ont créé une petite entreprise artisanale en juillet 2000 qui a pour nom KORZENN (roseau en breton).
Yves-Marie a bien voulu m’accueillir et m’encadrer pour me faire partager ses connaissances et le goût de son métier. Lors de mon stage, j’ai donc pu suivre, observer et découvrir les différentes étapes de fabrication des anches et je me suis rendu compte qu’il fallait beaucoup de minutie, de dextérité, de patience et de bonnes connaissances en mécanique (car certaines machines peuvent être dangereuses lors de leur manipulation) pour exercer le métier de facteur d’anches. C’est un apprentissage de longue haleine. Aucune école n’existe pour ce métier et c’est en le faisant qu’on l’apprend !
Les anches : l’art de la minutie
L’anche est le petit accessoire emboîté sur l’embout de l’instrument et qui va permettre de produire le son.
Dans le cas des anches doubles, elles sont destinées aux instruments à vent tels que bombardes, biniou, pistons, hautbois.
Les matières premières pour la fabrication des anches sont :
- le roseau : il sert à faire des lamelles qui produisent la vibration (le son),
- liège : il sert à faire le bouchon qui emboîte l’anche dans la bombarde,
- le tube en laiton : c’est le support des lamelles, il est lui-même emboîté dans le bouchon,
- le fil de nylon sert à ligaturer les lamelles sur le tube en laiton pour que le tout tienne solidement.
La fabrication des anches
Elle consiste tout d’abord à bien sélectionner le roseau, c’est ce que l’on appelle le triage. Ensuite la mise en lamelles, le découpage du liège, le montage de l’anche. Toutes ces manipulations requièrent beaucoup d’habileté et d’expérience car pour obtenir un bon résultat final et fabriquer de bonnes anches, autant vous dire que l’opération est délicate. Cela relève d’un réel professionnalisme !
Je termine mon compte-rendu en vous conseillant le livre « Bombardes & Biniou : du facteur au bagad » édité chez LIBRIS dans la collection : Artisans de la terre (15 €uros environ) pour en savoir encore un peu plus sur les métiers de facteur et de lutherie.
PIERRE -YVES OLLIVIER
Pour trouver l’ATELIER KORZENN
24 Rue Bout du Pont
29140 ROSPORDEN
Tel & Fax : 02 98 66 90 94
Autres facteurs d’anches
- RAUD Hubert : 20 rue des Quatre Vents 56400 AURAY
(02 97 24 03 39)
- LE NOAN Daniel : Rojou Du 22810 PLOUGONVER
(02 96 21 62 76)
- JEZEQUEL Hervé : Bretaudis, route d’Arzano 56250 PONT SCORFF
(02 97 32 65 94)
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