Publié le 07.07.2005 dans "A la découverte"
À la découverte des formations Divroet
Rencontre avec Florian NICOLAS, penn soner de l’ensemble Sonerien Bro Divroet
Divroet New(e)z - Comment est né l’ensemble Sonerien Bro Divroet ?
Florian Nicolas - En fait, il est né par accident. Créer un ensemble bombarde Divroet n’était pas du tout prévu au tout début. Il s’est créé il y a 2 ans. À l’époque, le bagad de Strasbourg cherchait à étoffer son effectif qui était de 6 ou 7 bombardes et on a proposé à d’autres sonneurs notamment à Reims d’intégrer le pupitre, afin d’aller se présenter à Menez Meur comme ensemble bombarde.
La proposition a plu à tellement de monde que finalement, il a fallu monter un ensemble à part entière dans lequel on a retrouvé des gens de Strasbourg évidemment, mais également d’Orléans, de Dijon, de Tours, …
Une configuration finalement assez proche de celle qu’on a aujourd’hui.
Divroet New(e)z- D’où viennent les gens ?
Florian Nicolas - L’ensemble est assez représentatif de ce à quoi ressemble le monde Divroet en bagadoù puisqu’aujourd’hui, on réunit des gens de la région parisienne, de Paris et dans une couronne plus élargie Orléans, Reims, Coulommiers, mais aussi de Dijon, Lille, Strasbourg, Bordeaux. La formation ne cesse de s’élargir au fur et à mesure et c’est bien. Si on arrive à faire avec ça, je me dis que peut–être un jour on arrivera à faire une représentation de toutes les régions de France.
Divroet New(e)z- Dans la pratique, est ce qu’il y a une sélection, un nombre limite, combien de répétitions ?

Florian Nicolas - Pour ce qui est des pré–requis pour entrer dans l’ensemble bombarde, on ne pouvait pas se permettre de lancer un projet qui démotive les gens. Il fallait donc, au vu du caractère très éclaté du groupe, que le gens soient autonomes, qu’ils aient déjà un début de niveau en terme de justesse et d’acquis de base technique pour pouvoir mener toute une partie du travail de façon autonome et faire ainsi des répétitions d’ensemble très productives.
Dans la pratique, ça signifie que l’essentiel du travail se fait en autonomie. Ça, c’est pour la manière de fonctionner. On envoie les maquettes, les partitions avec la définition de ce que doit faire chacun et puis on se retrouve deux à trois fois dans l’année pour faire de la mise en place en ensemble. Il y a donc également une forme de sélection arbitraire qui en découle, fixée autour de la mobilisation sur le projet, jusqu’à la fin de l’année.
Pour le moment ce n’est pas limité en nombre : la première année, on a démarré à douze, l’année suivante on était quinze, aujourd’hui on est dix–huit. Cette année j’ai dû bloquer un peu les inscriptions parce qu’en terme de logistique, pour organiser l’affaire, ça commence à devenir très très lourd. Déjà dix–huit personnes, ce n’est pas simple.
Les demandes venaient aussi de personnes qui n’avaient pas forcément le même niveau que ceux qui étaient engagés dans le processus les autres années. C’est là qu’on avait envisagé un moment donné la création d’un deuxième ensemble qui serait placé sous la direction d’un autre moniteur. Officiellement il y a trois gros stages. Mais finalement chaque groupe s’organise un peu comme il l’entend, les postulants viennent rarement seuls donc ils s’organisent pour répéter au sein de leur propre groupe en fonction de leur disponibilité et en fonction du calendrier de la tenue des stages.
Divroet New(e)z- Qui organise vos rencontres, stages et déplacements ?
Florian Nicolas - Au début c’était un peu le système D. Maintenant ça commence à se stabiliser un peu. En terme d’accueil, ce sont souvent les groupes de la région parisienne qui ont été mis à contribution par rapport au caractère central de la localisation, par rapport aussi à la facilité de liaison. Alors c’est vrai qu’on fait fréquemment des stages à Coulommiers ou Orléans. On a fait une tentative sur Strasbourg mais les résultats ont été plus mitigés du fait du caractère excentré, donc finalement on s’est très vite rabattu sur la région parisienne.
« On avait envisagé un moment donné la création d’un 2e ensemble »
Pour beaucoup dans l’organisation aussi : la complicité avec certains membres du bureau de BAS Divroet qui, du coup, s’occupe de structurer la logistique en collaboration avec le groupe qui accueille et gère l’hébergement, les repas, la mise à disposition des salles de répétition et la gestion des horaires.
Tant qu’il y aura des volontaires pour participer et des volontaires pour encadrer, tout part de là. On s’est par contre un peu plaint du manque d’investissement pratique des gens cette année. On espère que ça va s’égaliser dans la répartition des rôles parce qu’il est sûr que c’est toujours les groupes d’Orléans et de Coulommiers qui portent la charge de l’accueil.
Divroet New(e)z- Le « projet Menez Meur », c’est de s’envoler dans les classements ?
Florian Nicolas - Il y a trois ans, on a fait un milieu de tableau, ce n’était pas si mal pour une première préparation accélérée (surtout qu’on avait pris la décision tardivement –en avril–). l’année dernière, ils n’ont pas voulu nous laisser jouer en catégorie C au regard de la qualité interprétée. Cette année non plus. Alors, on ne sait pas, on verra si on continue à grimper.
Divroet New(e)z- D’autres concours de prévus ?
Florian Nicolas - Non, c’est déjà relativement difficile de réunir tout le monde une fois dans l’année. On n’a pas trop de l’année pour réaliser le regroupement dans de bonnes conditions. Maintenant, imaginer faire autre chose que Menez Meur, se lancer dans un autre projet, sous une autre forme, par rapport à d’autres ensembles bombardes, ça dépend de la volonté des participants. Il y a d’autres types de prestations à faire, il y a des concours qui ont d’autres caractéristiques. Si effectivement ils ont envie de goûter à autre chose que faire Menez Meur, il faudra juste raccorder notre calendrier parce que les dates ne tombent pas toutes à la même période.
Divroet New(e)z- Qu’est ce qui est difficile au quotidien ?
Florian Nicolas - Je ne sais pas trop, parce qu’on se voit trois fois dans l’année, et puis finalement, ce n’est pas moi qui gère le quotidien de l’ensemble. En ce qui me concerne, il s’agit de l’écriture de la suite.
« difficile de réunir tout le monde une fois dans l’année. »
On doit présenter un programme différent chaque année, ça ne se fait pas en quelques jours, et puis il faut faire quelque chose qui soit adapté, intéressant, conforme à ce que j’ai envie de mener en terme de musique également. et les seuls autres moments où je suis obliger de payer de ma personne c’est pendant les stages. Là, on est dans un travail de formation, sur de l’entraînement, de l’acquisition de compétence pour pouvoir venir à bout de ce projet là. Maintenant, ce sont les membres de l’ensemble qui seraient à même d’expliquer comment on peut gérer au quotidien la participation à ce type de projet dans un groupe très éclaté en parallèle avec ce qu’ils font dans leur propre groupe.
Divroet New(e)z- Et qu’est–ce qui est simple ?
Florian Nicolas - Cette année, ce qui a été simple, c’était de trouver des participants, on a croulé sous les demandes ce qui prouve que le projet intéresse beaucoup de monde et au fur et à mesure que les réalisations s’enchaînent année après année. Ça prouve qu’un certain nombre de sonneurs Divroet n’ont pas à avoir honte de la manière dont ils sonnent, la preuve c’est qu’ils sont reconnus pour leur qualité et leur valeur intrinsèque. Et puis du côté des sonneurs, il y a « l’envie » : une mentalité volontaire. Ce n’est pas simple de se réunir autour du projet, on ne fait pas trois stages dans l’année avec toutes les contraintes que ça impose en matière de blocage de week–end, de déplacements, de temps sacrifié sur son temps libre et de travail personnel et puis aussi l’investissement financier parce que ça fonctionne beaucoup sur le bénévolat, chacun y va de sa participation financière. Les gens donnent beaucoup. Et pourtant, tout semble être si simple ! Parce qu’ils ont « envie ».
Divroet New(e)z- Il y a une devise dans le groupe ?
Florian Nicolas - Je ne sais pas s’il y en a une. Je ne suis pas sûr que ce serait à moi d’en créer une. C’est à ceux qui l’ont vécu d’en tirer une maxime qui leur ressemble…
Une suggestion d’un participant : toujours plus loin…toujours plus haut. Oui ce serait la plus exacte.

Micro trottoir
Pourquoi Menez Meur ?
Un sonneur de Coulommiers
J’ai choisi de participer au concours d’ensemble bombarde à Menez Meur comme une sorte de retour aux sources en tant que sonneur expatrié et parce qu’en Divroet, nous n’avons guère, en dehors de ce concours, la possibilité de sonner en groupe avec des personnes venues de tous les horizons, de tous les bagadoù Divroet. Ensuite, c’est un challenge car ici nous sonnons face à d’autres ensembles de bombardes bretons (nous sommes aussi bretons qu’eux mais ils ne le comprennent pas) et parce que Divroet est une entité, c’est un esprit totalement différent de celui des bagadoù bretons purs et durs. Nous n’avons pas cet esprit de concours, nous faisons de la musique parce que nous en avons envie, envie de se faire plaisir et envie de faire le mieux possible avec nos moyens.
Cette participation nous permet de nous situer, de voir ce que nous valons, de prendre conscience de nos difficultés. Nous avons notamment plus de mal que les bagadoù bretons à trouver des gens motivés et nous devons faire face à de gros problèmes de formation et de formateurs. Ensuite, vu l’éparpillement géographique des membres du groupe (de Lille à Dijon et de Strasbourg à Bordeaux) il est plus difficile pour nous de travailler en groupe d’où ce challenge. Nous nous voyons très peu, beaucoup de travail individuel mais nous nous faisons quand même vraiment plaisir à travailler en vue de ce concours. D’autre part, il y a l’ambiance festive et le plaisir de retrouver les amis.
Un sonneur de Tours
Pourquoi Menez Meur ? Pour jouer de la bombarde, pour jouer ensemble, progresser, rencontrer d’autres sonneurs. Nous progressons et jouons des répertoires qu’on n’aurait pas pensé jouer dans nos ensembles respectifs je pense. Ça me plaît beaucoup, c’est la deuxième année que je le fais. Ce n’est pas facile parce que si on compare avec les ensembles bretons qui font ce type de concours on a deux répétitions d’ensemble en tout et on arrive sur un répertoire qui pour nous n’est pas simple. C’est extrêmement gratifiant. Ça demande pas mal de travail et un investissement personnel. Il y a l’ambiance aussi, rencontrer des sonneurs qui jouent dans des ensembles Divroet, ça crée un esprit de corps symbole de la même fédération. C’est un peu une marque de fabrique de la fédération avec les moyens du bord, chacun y mettant de sa poche, donc ça prouve aussi la motivation des gens. On n’est pas subventionné, les gens y mettent leur investissement personnel et financier et ce n’est pas en fonction des moyens de chacun puisque c’est divisé au prorata. Je ne sais pas à combien ça monte, une centaine d’euros au moins, ça c’est significatif et sans pour autant que les sonneurs en retirent une reconnaissance des instances dirigeantes.
Un sonneur de Paris
Pour l’expérience humaine et musicale, pour apprendre avec une personne qui s’y met très fort : Florian Nicolas. Et pour rencontrer des gens de tous horizons, passer un week–end sympa avec eux mais principalement pour faire de la musique, c’est la première idée. Je ne suis pas une bête à concours même si j’aime ça parce que ça permet de bosser. J’estime que s’il n’y a pas les concours pour mettre la pression on ne bosse pas. Ça permet de bien travailler et de progresser sur l’instrument et surtout voir des suites sympas. J’aime beaucoup l’écriture de Florian, je prends beaucoup de plaisir à jouer ce qu’il propose. Personnellement j’en retire beaucoup de satisfaction une fois que c’est fait. L’année dernière on a super bien gazé, on étaient contents. L’année dernière toujours, j’ai connu des gens que je revois cette année, et aujourd’hui j’en rencontre encore d’autres. Se revoir une fois par an pour Menez Meur quand on est issus des 4 coins de la France, c’est sympa. Voilà !
Un sonneur de Bordeaux
C’est un bon moyen de rassembler des personnes de bagadoù hors Bretagne, c’est une des raisons et je pense que ce ne sont pas les plus mauvais qui se retrouvent là, en tout cas en répétition ça sonne. Techniquement, il y a quelques points à régler mais c’est surtout des problèmes de concentration. Point de vue humain, c’est une excellente ambiance, il n’y a pas de querelles de clocher, ça se passe vraiment très bien et au niveau ambiance c’est à la hauteur de ce qu’on peut trouver dans un pupitre bombarde en Bretagne. Des gens sympas, accueillants, qui mettent la main à la pâte, c’est convivial. Le fait d’avoir des gens de partout fait la diversité qui fait avancer et c’est très bien d’avoir des personnes d’horizons différents. Personne ne reste dans son groupe, renfermé sur lui–même. Ça donne de très bonnes choses cette diversité, on a pu s’en rendre compte ce week–end. C’est une ouverture d’esprit. Les gens ne restent pas avec ceux de leur formation, ils sont curieux de voir ce qui se passe dans d’autres groupes et je trouve ça très bien.
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