Gurvan Sicard : joueur de caisse claire

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Divroet New(e)z - Depuis combien de temps sonnes-tu ?
Gurvan Sicard - Pour commencer, je ne sonne pas… je fais du bruit !
J’ai commencé la batterie fin-91, avec mon parrain Ronan Sicard qui m’avait collé une paire de baguettes entre les mains pour mes 13 ans. J’ai rapidement appris les bases avant que Ronan nous (mon cousin Kenan et moi, ses « poulains ») fasse intégrer la Kevren Brest St Mark avec laquelle nous avons participé aux manifestations de Brest 92…
C’était ma première sortie ! Nous avons quitté St Mark à la fin de la saison 92 et Ronan a continué à me faire travailler en 93. Nous avons ensuite rejoint Kenan à Cap Caval à l’automne 93 et concouru en 3e catégorie en 94, 2nde en 95 et 1e depuis 96.Ronan a mené le pupitre et nous a fait progresser jusqu’à la fin de la saison 97 puis m’a laissé les rênes.
C’était une aventure complètement nouvelle et passionnante, pour moi comme pour les autres du pupitre, dont la moyenne d’âge était à peine de 21 ans.
À côté du bagad, j’ai toujours pris part aux concours de solistes, depuis que j’ai commencé à jouer. Je trouve que c’est important de participer à ces concours, ça permet de se remettre en cause à chaque fois, de mieux se connaître et de progresser “ Participer à ces concours, ça permet de se remettre en cause ” constamment, même s’il est difficile de dégager du temps pour les préparer et de trouver des sonneurs motivés et disponibles pour être bien accompagné.

DN - Au bagad, on t’a donné un surnom ?
GS - Non, j’en avais déjà un en arrivant… “ Gus ” remonte à l’école primaire, en CM1, et m’a suivi depuis, au collège, lycée, à l’IUT, IUP, au bagad, au boulot… partout !

DN - Que te dis-tu en sortant de chez toi pour aller en répétition ?
GS - “ ;#?!%$… j’suis encore à la bourre ! ”
Plus sérieusement, je n’attends que ça de toute la semaine. Répétition pupitre le vendredi soir, puis formation des débutants et du bagadig le samedi de 14h à 17h et bagad pour finir jusqu’à 19h. Sans compter les répétitions générales le dimanche dans les périodes pré-concours… D’ailleurs, en sortant de ces périodes, je ne sais jamais comment occuper mes dimanches !
Une vraie passion…

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DN - Dans tes rêves de musiciens les plus délirants, on te retrouve où ?
GS - La caisse claire étant le seul instrument que je pratique, les possibilités sont assez peu nombreuses… Je ne sais pas si c’est vraiment délirant mais une chose que j’aurais bien aimé faire aurait été de partir quelques temps en Écosse ou au Canada pour jouer en pipe band, à haut niveau si possible… mais pour cela il faut du temps, de l’argent et peu d’attaches autour de soi : trois raisons qui m’ont empêchées de me lancer…
Aujourd’hui à 26 ans je pense que c’est « trop tard » quand on voit les « gamins » de 18 - 20 ans qui forment les 3/4 des pupitres batterie comme ceux de Shotts ou Simon Fraser, des stars !
À part ça, j’ai fait quelques « extras » à droite et à gauche : ensemble batterie avec les batteurs du Bagad Brieg en 1999, Oposito (troupe de théâtre de rue) avec le Bagad Brieg également la même année, deux ou trois apparitions dans le Bagad de l’Extrême au sein de Soldat Louis encore en 99, d’autres avec le Meneztrell Band en 2002 et 2003 ou encore avec la batterie du Bagad Kemper au sein de Carré Manchot en 2003… Des supers bons souvenirs !

DN - Ton meilleur souvenir pour l’année 2004 ?
GS - Y’en a pas un en particulier, c’est l’ensemble de la saison de Cap Caval qui est un
merveilleux souvenir !
Le Bagad, deuxième à Brest sur du bigouden avec en prime le prix terroir, deuxième à Lorient et deuxième au championnat : trois résultats jamais atteints par le groupe !
Le Pipe Band également, deux victoires pour deux participations en Bretagne, à Menez Meur et Lorient, puis une troisième place à Glasgow au World Pipe Band Championship en Grade 2 (5e en batterie) sur un total de 35 groupes, résultat historique.
Hepken, notre spectacle, joué à maintes reprises et un CD live à la clé, enregistré en avril au Triskell de Pont l’Abbé, à guichet fermé…
Et le plus important : l’ambiance du groupe, une bande de potes, une grande famille qui attend impatiemment le week-end pour se retrouver !
2004, que du bonheur…… terni par la disparition de Lanig Riou en novembre dernier.

DN - Et la pire de tes sorties ?
GS - Sans doute l’inauguration du nouveau bateau de la Brittany Ferries, le Pont Aven, en avril 2004. Voyage Roscoff - Cork - Roscoff sur un week-end aux frais de la princesse : piscine, champagne, musique, fiesta à gogo…
Vraiment un mauvais souvenir… Lol…

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DN - Qu’est ce qui t’énerve le plus sur ton instrument ?
GS - Le fait qu’il se dégrade dans le temps : contrairement à une cornemuse par exemple qui est censée se bonifier avec l’âge, une caisse claire vieillit assez vite. Au bout de 3 ou 4 ans, certaines pièces se dégradent, les caisses sont moins faciles à régler. Il faut donc un gros budget pour pouvoir renouveler régulièrement le matériel.
Idem pour les peaux et les timbres, chez nous on change tout deux fois par an. Pour 8 à 10 tambours, quand on connaît les tarifs de ces consommables, ça représente une grosse somme d’argent.

DN - Il y a une partition que tu adores et que tu voudrais nous conseiller ?
GS – Les deux March Strathspey & Reel incontournables :
- Donald Cameron / Cameronian Rant / Pretty Marion d’Alex Duthart que l’on peut retrouver dans ses bouquins.
- Highland Wedding / Atholl Cummers / Mrs Mac Pherson of Inveran de Jim Kilpatrick.

DN - Tu as d’autres intérêts en matière de musique ?
GS - The Beatles, Eric Clapton, Sting, Flook, The Blues Brothers, Bela Fleck & the Flecktones… Et beaucoup d’autres…

DN - Composes-tu ? Comment t’y prends-tu ? Quelles sont tes sources d’inspirations ?
GS - Bien sûr ! Toutes les partitions caisse claire de Cap Caval depuis 98 sont de ma composition. Je n’ai pas vraiment de secret, j’écris assez facilement et assez rapidement en général. J’essaie de me mettre les airs bien en tête et après je cogite 24h/24, au réveil, dans la voiture, en faisant les courses, etc. Ensuite quand je prends mes baguettes, il ne reste plus qu’à peaufiner !
J’écoute beaucoup les autres, bagadoù et pipe-bands, j’essaie de m’imprégner de tout ce que j’entends de bien mais sans jamais plagier. Je me permets juste un petit clin d’oeil de temps en temps, mais pour la majeure partie, je fais avec ce qui sort de ma tête.

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DN - Quels sont tes projets d’avenir ?
GS - Travailler encore et encore, sur le plan individuel et au niveau du groupe pour continuer à progresser encore et encore… Continuer la formation des jeunes également… la routine en fait.
Sinon, peut-être une participation au championnat du monde soliste en Ecosse en 2006, si mon budget me le permet ! Plusieurs batteurs bretons y ont déjà pris part, l’aventure me tente bien…

DN - Ton petit mot de la fin ?

GS - Fin… !!
(Crédit photos : Padrig Sicard)