Publié le 13.09.2005 dans "Echo des sonneurs"
Rostrenen vivait au rythme du fisel du 25 au 28 août derniers
De par sa difficulté, le fisel m’a toujours attiré. Au point, oui, d’avoir pu faire quelques
centaines de kilomètres pour un stage de perfectionnement l’espace d’un week-end…
Départ de Toulouse jeudi matin à 00 h 43. Changement de gare à Paris, changement de train à Rennes puis arrivée à Saint-Brieuc en début d’après-midi, où il faut attendre la fin de l’après-midi que le bus pour Rostrenen parte. Arrivée au camping après 2 km à pattes sur le coup de 19 h. J’avais rendez-vous avec ma motivation (12 heures de transport ça n’use pas, ça n’use pas…) et un festival en Bretagne…
J’ai reçu un accueil formidable de la part des organisateurs quelque peu étonnés :
“Comment ? Tu viens de Toulouse ? Tu viens exprès ? T’es fou !”. Finalement, il y avait plus fou : j’y ai rencontré un Toulonnais spécialement venu pour l’occasion ! Comme quoi… Le temps de monter la tente et hop, retour sur Rostrenen, au pub Le bon barde, pour un mini fest-noz, histoire de se dégourdir un peu les pattes, et puis dodo.
Vendredi matin, lever aux premières lueurs de l’aube (enfin presque, il fallait être sur les lieux du stage à 9 h 30). Hop, c’est parti pour une journée de stage de bombarde.
L’effectif était plutôt réduit (6 stagiaires pour 2 formateurs), la formation n’en a été que
meilleure.

Le matin, nous avons bien dégrossi deux tons simpl (fisel, evel just…). Après une petite pause déjeuner, où nous en profitons pour voir les autres stagiaires (treujenn gaol, diato, kan ha diskan), nous nous sommes remis au travail et à la fin de la journée, nous avions une suite bien… ficelée et une jolie mélodie fisel. Bien sûr, il va y avoir encore un peu (oh le doux euphémisme) de boulot pour que ce soit vraiment calé et pouvoir le jouer en fest-noz mais les bases sont bien installées. Merci à Laurent Bigot et Christian Tréguier, c’était du grand art.
À peine le temps de se poser et hop, fest-noz (héhé, on n’est pas là pour rigoler !). Ne perdons pas les bonnes habitudes prises… la veille.
Au programme, que du beau monde : Pevar Den fêtait son dixième anniversaire et avait invité pour l’occasion quelques « petits » groupes : Karrigosse, le duo Bertrand, Jégou- Martin, Carré Manchot, Plantec, Guichen, Sonerien du, Pinc-Martin, Flohic-Corbel… Ah, quelle sensation merveilleuse que d’être sur un parquet où plus de 300 personnes dansent la dañs ar butun en même temps ! Dommage qu’il ne faille pas faire trop d’excès : le lendemain, il y a un autre stage, kan ha diskan…
Samedi matin, lever tant bien que mal. Là aussi, effectif réduit. La Divroetie était plutôt bien représentée : sur cinq stagiaires, il y avait deux Dijonnaises et un Toulousain…

Tout le monde était bretonnant, sauf bibi. Du coup, plutôt que de faire mon boulet, j’ai saisi l’occasion pour faire d’une pierre deux coups : stage en immersion + stage de kan ha diskan. Ifig Kastell a été d’un grand professionnalisme : les différents niveaux en breton et en technique de kan ha diskan ont été gérés à merveille et à la fin de la journée, tous en avaient assez appris pour pouvoir continuer à apprendre sans prendre de mauvaises habitudes. Le samedi, ceux qui n’étaient pas en stage d’instrument avaient la possibilité de suivre un stage de danse fisel (avec des danseurs du cercle de Rostrenen).
Le temps de souffler un peu et hop, c’est un fest-deiz suivi d’un fest-noz qui m’emporte !

Encore une fois, c’était une soirée avec des invités de marque qui annonçait une nuit forte en émotions : Karma, Spontus, Bivoac, les troncs de chou, le trio Molard, les soeurs Chauvel ainsi que les duos Le Hétet-Le Goff et Le Corre-Fustec. Là aussi, la qualité était au rendez-vous et le parquet était plein à craquer. En plus, entre deux danses, nous avions possibilité de nous aérer un peu et d’aller voir une démonstration de Gouren. Du grand spectacle !

Un gros dodo, une petite journée de tourisme pour finir, du côté de Plougastell-Daoulaz,
et douze autres heures de train avant le retour à la maison.
Trois jours en Bretagne, trois festoù-noz, deux stages, sept suites fisel dansées, que demander de plus pour un poor lonesome Breton qui est such a long long way from home ?
Cette année, je n’ai malheureusement pas pu assister aux différents concours, mais pas de souci ! Je me mets ça au programme de l’an prochain…
(Crédits photo : Mickael Le Moullec)
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