Publié le 13.01.2006 dans "A la découverte"
Frédéric Michelot, penn-soner du bagad Pariz Ti Ar
Divroet New(e)z : depuis quand le bagad de Pariz existe-t-il ?
Frédéric Michelot : le bagad Pariz Ti Ar Vretoned à été créé en 1994 par Pascal Rode. Il s’appelait alors le bagad de la Mission Bretonne. Il a permis aux nombreux musiciens qui prenaient des cours à la mission de jouer en bagad.
Après le départ de Pascal, c’est Nadine le Normand qui a pris la suite en 1997 puis, en 2000, Eric Gicquello (maintenant sonneur au bagad de Cesson) en devint le président et le penn-soner.
Enfin, de 2001 à 2004, le bagad est présidé par Jean-Marie Rousseau, qui nous a quitté il y a quelques semaines. Il a apporté énormément au bagad, une ambiance, une solidarité… nous lui devons beaucoup dans cette période.
DN : quel est alors ton rôle en tant que penn-soner ?
Frédéric Michelot : je suis penn-soner du bagad depuis 2003 et suite au départ d’Erwan Lasbleye. Nullement formé à cet art délicat (sourire), j’ai dû apprendre sur le tas.
Aujourd’hui, j’y occupe deux rôles :
- le premier consiste à gérer le pupitre bombarde puisque je suis également penn-bombarde : apprentissage des airs en répétition pupitre, travail technique, … Comme je n’avais pas forcément le niveau requis au départ, cela consistait surtout à avoir des échanges avec le reste du pupitre. Avec l’expérience, cela s’est nettement amélioré, nous sommes aujourd’hui mieux structurés.
- et bien sûr, la fonction principale que j’’occupe reste celle de la direction du bagad lors des sorties et des concours.
DN : Les concours ont, j’’imagine, une certaine importance dans l’évolution du bagad ?
Frédéric Michelot : bien sûr, les concours sont un moteur de progression important. Cela motive et fédère les musiciens du bagad. Cela permet également d’enrichir le répertoire du bagad avec les airs imposés et ceux écrits pour compléter les suites de concours. Bien sûr, toutes les suites ne seront pas conservées. Une fois les concours passés, et l’’année reprenant, on fait un choix selon le plaisir de jouer telle ou telle suite. Parfois même, seul un morceau de toute une suite sera gardé.
Mais le concours (de Carhaix, celui de la 5e catégorie) n’est pas une fin en soi. Cela reste un exercice et la véritable ambition du bagad est de jouer en sortie, pour un “vrai” public. Et puis les pupitres du bagad sont également amenés à se produire lors d’autres concours, tel “Bombardes en fêtes”, à Ergué Gaberic.

DN : vous vous produisez beaucoup en dehors des concours ?
Frédéric Michelot : je dirais qu’’en moyenne, le bagad joue une à deux fois par mois, ce qui est une grosse moyenne si je la compare à celle d’’autres bagadoù. Alors, on va dire oui, pas mal.
Les prestations sont assez variées, nous en sommes assez contents, je dois dire : festoù-deiz à la Mission Bretonne, des actions caritatives, comme le Téléthon ou la lutte contre la mucoviscidose, des défilés, des festoù-noz, des prestations dans le cadre de fêtes événementielles comme les 20 kilomètres de Paris, la fête des Terre-Neuvas à Fécamp ou le salon de l’’agriculture par exemple.
DN : le recrutement du bagad se fait essentiellement au niveau des Bretons de Paris ?
Frédéric Michelot : non, pas du tout. Il y a très peu de Bretons “pure souche” émigrés et ayant encore de la famille proche en Bretagne. La majeure partie du bagad (on est une cinquantaine d’adhérents) est composée de personnes ayant un rapport soit familial mais éloigné, soit de cœur, avec la Bretagne.
Certains viennent parce qu’ils aiment la musique bretonne et qu’ils veulent s’essayer à ce genre bien particulier : des musiciens du classique par exemple.
Cela n’a jamais été un frein au bagad, bien au contraire : cela apporte une grande diversité, une écoute différente et plus critique que celle qu’’auraient des gens qui grandissent dans le milieu musical breton en tout cas, je le pense.
Bien sûr, reste le problème de la formation qu’apporterait un élément issu du milieu “bagadesque” breton, mais avec Olivier Mel à l’’écriture et Michel Clec’h qui vient nous donner un coup de main en bombarde, Joseph Lotout’ qui a été pendant plusieurs années formateur cornemuse et qui est maintenant remplacé par Yoann Le Goff, on a de solides gaillards aux commandes.
DN : pourquoi avoir choisi ces symboles sur votre nouveau gilet ?
Frédéric Michelot : le gilet du bagad est une idée de notre ami Jean-Marie Rousseau. Sur la forme, il s’inspire des gilets que porte les bagadoù bretons. L’’idée de génie de Jean Marie a été de mettre une frise représentant les grands monuments de Paris tout autour du gilet en fil d’’or.
Ce qui de prime abord peut paraître “kitch” est en fait une superbe idée de communication et montre bien l’état d’esprit du bagad : ne pas se prendre la tête avec ses racines tout en les respectant. Le mélange parigo/breton est un très beau mélange, n’en déplaise aux âmes chagrines qui font la moue lorsqu’on se présente comme le bagad de Paris (sourire).
Ce gilet est devenu la tenue officielle du bagad et nous en sommes très fiers. Il rencontre d’ailleurs un grand succès lors de nos sorties. Ce qui est normal car il est splendide (sourire).
DN : où et quand répétez-vous ?
Frédéric Michelot : on répète chaque semaine le jeudi soir à Malakoff qui nous prête (contre deux prestations par an) une grande salle. Les répétitions de pupitre et d’’ensemble ont lieu de 19 h 00 à 22 h 30 et se prolongent souvent fort tard par un verre ou deux. Nous avons également une salle prêtée par la paroisse d’’Ivry le samedi pour des stages ou les répétitions d’avant concours.
DN : quel est votre répertoire, principalement ?
Frédéric Michelot : au départ il était principalement vannetais mais depuis quelques temps, on essaie de le faire varier : laridées 8 temps, suites gavotte, pac’h pi, an dro, ronds de Saint-Vincent, scottishes, hanter dro, tours, voilà pour l’essentiel des danses.
Restent à ajouter quelques mélodies et 5-6 marches pour les défilés. Tout le monde ne connaît pas l’ensemble du répertoire, mais les nouveaux se forment au fur et à mesure et les anciens assurent le reste (sourire).
DN : quels sont vos projets d’avenir ? Que peut-on vous souhaiter cette année ?
Frédéric Michelot : continuer à jouer de la musique sans se prendre trop la tête.
Progresser bien sûr, en organisant pour cela des stages avec des amis venus de Bretagne comme Gilbert et Wenceslas Hervieux, Dominig Mahé, le bagad de Perros, la famille Lotout, etc., mais également organiser des sorties sympas où tout le monde se retrouve pour faire la fête et par la même occasion, jouer de la musique et faire plaisir au public. On s’est d’ailleurs aperçu qu’on n’’a pas besoin de jouer en première catégorie pour faire plaisir aux gens et aux organisateurs de manifestations.
À côté de cela, on prépare le concours Divroet de Strasbourg et celui de Carhaix.
En aparté, je vous le dis, je viens de quitter mon rôle de penn-soner. L’arrivée d’un second bébé dans la famille (ma femme joue également au bagad Pariz) pour le printemps prochain, un manque de temps chronique et le fait que je joue également au bagad Keriz, tout cela m’a obligé à quitter ce rôle auquel je tenais beaucoup pour ne pas handicaper le bagad et pour me laisser le temps de respirer.
C’est donc Marcel Lestic, figure “historique” du bagad, qui prend ma suite. Mais je ne quitte pas pour autant le bagad et je continue à venir jouer en tant que simple bombarde et à donner des coups de main si nécessaire.

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