Une poche dans tous ses états

Divroet New(e)z : comment s’entretient une poche de cornemuse ?

entretiencornemuse.jpgBruno Le Rouzic : pour les poches en cuir, ça dépend de la qualité du cuir. Soit la qualité est bonne et dans ce cas nous n’aurons besoin de rien, soit c’est du cuir simple, et dans ce cas, nous utiliserons de l’Airtight. La raison est toute simple : le cuir, c’est comme la peau, il y a des pores qui laissent passer légèrement l’air, c’est pourquoi il faut utiliser ce produit (inventé à Glasgow par Bob Hardie, on en trouve dans tous les magasins qui vendent des cornemuses), cela rendra la poche hermétique… enfin, hermétique à l’air, oui, mais pas à l’humidité.

DN : il existe aussi des poches en goretex, non ?

Bruno Le Rouzic : il en existe même plusieurs sortes : des poches en goretex simple, ou avec une fermeture éclair (ce qui permet de mettre un système anti-humidité) ou encore des poches en goretex recouvertes d’une fine couche de cuir qui donne un peu plus de rigidité à la poche. Chez Shepherd, le cuir n’est pas collé au goretex, la fermeture est sur la poche en goretex intérieure et la poche cuir se referme sur celle de goretex par du simple Velcro qui protège la fermeture éclair. Il est donc nécessaire de mettre de la graisse de silicone sur la fermeture pour éviter la déperdition d’air et faciliter l’ouverture. Ça permet également d’isoler un peu plus longtemps.

Chez Bannatyne, les deux poches sont collées ensemble, donc la fermeture est sur les deux épaisseurs et ça finit au bout de quelques temps par perdre de l’air.

DN : où trouve-t-on cette graisse de silicone ?

Bruno Le Rouzic : on trouve cette graisse dans toutes les grandes surfaces (rayon bricolage – compter 15 à 20 euros). Il n’est pas vraiment utile de l’acheter dans les magasins spécialisés.

DN : mais comment entretenir l’intérieur d’une poche ?

entretiencornemuse2.jpgBruno Le Rouzic : pour l’entretien intérieur, ça dépend du système anti-humidité. Il y a soit un tuyau avec une mousse qui absorbe l’humidité, soit un système du système biberon de Shepherd découpé en deux et dans lequel il y a une éponge. Il y a aussi le système Ross : ce sont des billes qui absorbent l’humidité.

Dans tous les cas, il faut les mettre à sécher après utilisation et les remplacer régulièrement. En fait, la fréquence avec laquelle on va remplacer les capteurs d’humidité dépend de si l’on joue beaucoup. C’est différent selon sa propre utilisation et son système anti-humidité donc.

DN : je sais que certains utilisent de la litière à chat. Qu’en penses-tu ?

Bruno Le Rouzic : la litière de chat absorbe pas mal en effet, mais il faut la jeter dès qu’elle est humide. Il ne faut pas tenter de la faire sécher, car de toute façon, elle devient poreuse. C’est une solution, mais pas forcément l’idéale.

DN : est-ce qu’un système anti-humidité coûte cher ?

entretiencornemuse3.jpgBruno Le Rouzic : ça peut coûter plus ou moins cher. Les systèmes Shepherd et Bannatyne sont vendus avec la poche, et c’est surtout la poche qui coûte cher. Le système Ross peut s’acheter à part, en moyenne autour de 125 euros selon les magasins.

Je trouve qu’au niveau du concept technologique, la protection Shepherd reste très efficace avec une très bonne protection de la fermeture et sa solidité ainsi qu’une excellente protection de la graisse.

Il existe également un tout nouveau système anti-humidité pour poche classique en cuir, simple ou Sheepskin (pour la sensation du cuir, on ne peut pas faire plus). Il s’agit d’une souche de sutel de dimension normale qui se sépare en deux parties, une partie supérieure qui se glisse dans la partie inférieure. Au bout de cette partie supérieure est fixé un tube avec un système anti-humidité suffisamment fin pour passer par la souche “ouverte”.

Je me permet d’insister sur un nouveau système qui prend de l’ampleur en Écosse et qui semble séduire de plus en plus de pipe-band du plus haut niveau. La poche en cuir reste un confort pour beaucoup et semble être un élément qui prend de l’ampleur. Ce système du sutel ouvert et d’un tuyau adapté est de plus en plus utilisé.

DN : quel conseil donnerais-tu pour le nettoyage intérieur ?

Bruno Le Rouzic : de temps en temps il faut vérifier, il y a une pellicule légèrement noire due à l’humidité qui stagne. Alors de temps en temps, il faut passer un sopalin très légèrement humide pour la nettoyer. Pour le système, il faut bien le rincer à l’eau claire avant de le mettre à sécher car la salive est acide et finirait par désagréger le système (tube, éponge).

DN : il faut le faire avec quelle périodicité ?

Bruno Le Rouzic : ça dépend de la fréquence d’utilisation et du souffle plus ou moins humide. Ça va donc dépendre de sa façon de sonner, si la personne s’entraîne tous les jours ou une fois par semaine. Pour se faire une idée, il faut regarder de quelle manière est trempée son éponge ou ses produits. Si l’éponge est très trempée il faudra le faire souvent.

DN : peut-on réparer une poche en goretex percée ?

Bruno Le Rouzic : la seule chose à faire c’est de la mettre à la poubelle. Les réparations sont très compliquées. Ce n’est pas évident. Il faut savoir que ces poches ne durent pas plus de 3 ou 4 ans.


PRECISIONS
: suite à la nomination d’un liquidateur pour raison de faillite, le nom HARDIE & WEATHERSTON HENDERSON a été racheté par PREMIER. Donc en ce moment, il est parfois difficile de trouver de l‘airtight, d’autres produits de substitution type “seasoning” existent, même s’ils n’ont pas tout à fait la même efficacité. L’INVERAN seasoning fonctionne très bien, car il se chauffe également. Mais tout cela va bientôt rentrer dans l’ordre car PREMIER est une société de poids !

Pour ce qui est du seasoning, il faut le faire chauffer, mais SURTOUT PAS AU MICRO-ONDES (le mode d’emploi est sur la boîte mais en anglais). Remplir une casserole, (hauteur d’eau moindre que la hauteur du flacon) jusqu’où arrive le produit dans la bouteille. Faire chauffer, SANS FAIRE BOUILLIR, cela ferait fondre le pot et abîmerait le produit. Le seasoning va se liquéfier et il sera alors possible de le verser dans la poche du biniou par la souche du lévriad. Il faudra préalablement prendre soin de retirer le sutel et le bourdon, de boucher les souches avec un bouchon simple. Si la poche est très sèche, on versera un tiers de la bouteille. Puis on bouchera également la souche du lévriad, poche dégonflée. Ensuite, il conviendra de malaxer le cuir pour faire se répandre le seasoning sur toutes les parties de la poche, en insistant sur les coutures. On gonflera la poche au maximum en la pressant pour bien faire pénétrer le produit. À la fin, on récupère l’excès de produit en le faisant couler par la souche du lévriad. S’il est clair, comme le neuf, on pourra le remettre dans la bouteille pour une utilisation ultérieure, s’il est assombri par les impuretés de la poche, on jette !


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