Des bords de Gironde à ceux de l’Aven…

Le Bagad Ker Vourdel fait la noce !

La saison des concours a redémarré cette année pour le Bagad Ker Vourdel. C'est à nouveau l'occasion d'apprendre de nouvelles choses, d'enrichir le répertoire du groupe, d'approfondir la formation des musiciens. C'est aussi l'occasion d'aller présenter devant un public averti le fruit de notre travail régulier et de retrouver nos cousins bagadoù bretons voire Divroet avec Vire Saint-Lô (le Bagad Avel Mor de Roanne nous ayant quitté pour les cieux de la 3e catégorie où ils ont obtenu une 9e place prometteuse pour leur première participation à ce niveau). Nous allons recueillir les conseils éclairés des juges qui vont devoir évaluer la qualité technique et musicale de notre programme.

011_14A.JPGPour février 2007, le terroir imposé est celui du Sud Cornouaille, riche terroir s’étendant du Cap Sizun aux berges de la Laïta près de Quimperlé. Des maîtres sonneurs ont construit leur légende sur la virtuosité dont ils ont fait preuve aux détours de gavottes bigoudènes, de l’Aven, bals, jabadao et autres stoupig : Matelin An Dall, Fanch Bodivit, Gus Salaun, Lanig Guégen, Per Guillou et autres Jean-Louis Le Vallégant. C’est sur la trace de ces musiciens illustres que nous marchons cette année.

Le Bagad Ker Vourdel raconte ainsi l’histoire d’une noce à Pont Aven en 1900, poursuivant ainsi la démarche de plonger le spectateur dans une ambiance illustrée par le propos musical.

« Parallèle entre l’identité rurale et maritime »

Ainsi en avait-il été pour le parallèle entre l’identité rurale et maritime et maritime des pays vannetais et bordelais en 2006, et pour l’histoire de Izabel Ar Iann contée en 2005. La suite 2007 s’intitule donc Deiz An Eured (le jour de la noce) et comprend : Deiz An Eured (mélodie composée et inspirée d’un air pour faire pleurer la mariée), An Hollaïka (une marche imposée au concours tirée du répertoire du sonneur Gus Salaun), Air Pour Faire Pleurer La Mariée (traditionnel de la région fouesnantaise), Dans An Eured (suite de danses de l’Aven comprenant gavotte, bal et jabadao), et Fest An Eured (composition pour clôturer le programme).

Nous nous plongeons avec ardeur dans le travail.

J’ai proposé une suite s’inspirant du jeu de l’Aven. Tâche difficile… Ce terroir est exigeant en bombarde, dont le rôle est incontournable dans le jeu traditionnel de l’Aven. Les talabarderien de Ker Vourdel doivent affiner leur technique pour améliorer leur expressivité et acquérir le brillant de leurs illustres prédécesseurs cornouaillais. Les cornemuses ne sont pas en reste et s’investissent pleinement. Il est vrai que le Sud Cornouaille était riche en sonneurs de biniou koz, dont le jeu et la technique sont radicalement étrangers aux exigences et à la rigueur de sa cousine écossaise dans ces domaines. La section rythmique (caisses claires et percussions) se plongent dans la mise en place du soutien dont le bagad aura besoin, IMG_4216.JPGnon sans quelque appréhension (cette satanée partition imposée de An Hollaïka leur aura occasionné tant de sueurs froides !!). Mais tout le monde garde le cap : faire de la belle musique dans la convivialité tout en gardant à l’esprit que le concours n’est pas une fin en soi mais un outil de progression pour nos futurs échanges avec un public tous horizons. Cerise sur le gâteau : Konogan An Habask, sonneur de biniou koz et vice champion des sonneurs de couple koz 2006 à Gourin, spécialiste du Bigouden et de l’Aven, accepte de jouer avec nous !

Et voilà le grand jour : le 25 février !

Le concours se passe au Centre des Arts et de la Culture à Concarneau. C’est un symbole : Concarneau est en plein pays de l’Aven. Nous avons répété sans relâche la veille grâce au bagad local, le Bagad Konk Kerne, qui a mis généreusement son local de répétition à notre disposition. Nous sommes sereins et la séance de chauffe des bombardes le matin du concours a conforté cette impression. Puis c’est l’attente ponctuée de séances d’accords et de bons mots pour se détendre… Il est environ 15h : c’est à nous! Nous sommes sur scène … Le rideau se lève … Les premières notes s’égrènent … Et c’est déjà fini! On se retrouve, les premières impressions, satisfactions ou inquiétudes s’échangent. Des spectateurs viennent nous congratuler : ils ont beaucoup apprécié notre programme. Il est 19h : l’heure des résultats … C’est le moment où l’on va enfin savoir! Enfin, “on” est deux : Keryann et moi.

« A la 6e place… Le Bagad Ker Vourdel »

Le reste du groupe a dû déjà repartir : c’est que les rives de Gironde sont loin de celles de l’Aven ! Le responsable BAS énumère les places : “à la 6e place…Le Bagad Ker Vourdel”. C’est le meilleur résultat du bagad! Et c’est une belle reconnaissance pour le travail accompli.

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Il est 21h

Je quitte Concarneau … J’ai téléphoné au bagad qui est toujours sur la route et ils sont tout à leur joie méritée. Je suis fier d’avoir été avec eux aujourd’hui. Mais déjà d’autres aventures se profilent dans l’avenir, même si le bagad a décidé de ne pas faire le concours d’été à Quimper : participation à l’ensemble bombardes Sonerien Divroet pour une partie des talabarderien Kervourdéliens, les prestations qui remplissent déjà le calendrier, la préparation du spectacle des 10 ans du bagad et des 110 ans de l’Armor sans oublier le concours 2008.

Florian Nicolas


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