Loïc Le Fur, gagnant du trophée Bothua/Raud

lolo.JPGDN : Loïc, tu viens de gagner le trophée Bothua/Raud qui est un concours spécifique pour les jeunes de moins de 20 ans. Peux-tu nous parler un peu de toi et nous dire comment tu en es arrivé là ?

Loïc : J’ai débuté la cornemuse ou plutôt le practice à la fin de l’année 2001, il y a donc 6 ans. En fait, j’ai eu beaucoup de chance, car je n’ai jamais habité en Bretagne. Je vis à Marseille depuis ma naissance ça fait 18 ans. L’apprentissage de la cornemuse n’est donc pas quelque chose d’évident ici… L’envie de jouer de la cornemuse m’est venue naturellement en venant en vacances en Bretagne (aux vacances d’été!!) et plus précisement en voyant les groupes défiler au Festival de Lorient ! Mes grands-parents ont vécu en Bretagne toute leur jeunesse avant de partir s’installer à Paris, puis à Marseille où aujourd’hui se trouve toute ma famille proche.
J’ai commencé à prendre des cours dans une MJC près d’Aix en Provence, à raison de 2 h tous les 15 jours pendant 8 mois. De quoi apprendre les bases. Mais les cours n’ont duré qu’une « saison », faute du nombre d’élèves (4 seulement) et de leur motivation…

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Depuis quand joues-tu de la cornemuse et comment t’est venu l’intérêt pour cet instrument?J’étais le seul à vraiment progresser, et j’étais aussi le seul « jeune », mes autres « camarades » ayant en moyenne 45 ans de plus que moi… Pendant cette année de cours, un stage a été organisé à l’occasion de la Saint Patrick avec en formateur entre autres… Alexis Meunier (qui avait mon âge d’aujourd’hui). C’était la première fois que je voyais quelqu’un qui jouait aussi bien de la cornemuse… C’est là que tout s’est accéléré.

J’ai vraiment été motivé, et j’ai commencé à réellement travailler, je ne quittais plus mon practice !

Puis les cours se sont arrêtés en fin d’année, mais j’ai continué à travailler et j’ai reçu ma cornemuse à la fin de l’été. Au mois de septembre (2002) je suis allé jouer avec les sonneurs du coin… Puis j’ai encore progressé, encore et encore …

Encore une chance, c’est que le stage de la Saint Patrick s’est répété tous les ans depuis 2001, et ce sont les frères Denis qui font la formation cornemuse depuis 2002.

J’ai aussi participé à 3 stages ABSC à Gourin, et je pense que faire ce stage est le meilleur moyen de progresser.

J’ai aussi eu la chance d’être « invité » comme formateur à des stages pour le bagad de Toulon, ainsi qu’à celui du bagad de Toulouse. C’est aussi une bonne façon de progresser, de se remettre en question etc.…

Je profite de cette question pour faire un petit coup de pub au Bretons de Marseille, regroupés sous l’association « Bretagne-Provence ». C’est grâce à eux que j’ai été mis au courant que des cours avaient lieu près d’Aix. Sans eux, je ferai peut être du piano ou de la guitare aujourd’hui !

DN : Sonnes-tu dans un bagad ?

LLF : Oui, je sonne au bagad de Douarnenez, avec lequel je fais surtout les concours, mais j’essaye aussi de faire le maximum de sorties, de défilés. Je pense que si je n’étais pas allé jouer à Douarn depuis 2004, je ne serai pas où j’en suis aujourd’hui. Ce groupe m’a permis de beaucoup progresser, de rencontrer plein de personnes, etc. Merci à eux !

Encore grâce à Douarn, j’ai pu jouer l’été dernier avec le bagad Cap Caval pour le spectacle « Ijin », ainsi qu’avec le Cap Caval pipe-band pour faire les concours en Bretagne ainsi que le WPBC (championnat du monde des pipe band) à Glasgow, j’en garde de très bons souvenirs d’ailleurs, et j’espère renouveler l’expérience bientôt !

Sinon, ici dans le Sud, nous avons créé un groupe. Je ne sais pas si on peut appeler ça un bagad, car nous sommes seulement 2 cornemuses et 3 bombardes, le groupe s’appelle « Sonerien Ar Su » . Malheureusement il est très difficile de former des gens ici, car ils se démotivent très vite, où ne fournissent pas le travail nécessaire…

Mais nous nous entendons très bien à 5, et nous faisons pas mal d’animations, festoù-noz, défilés, etc. Nous « travaillons » aussi pas mal avec les Bretons de Marseille.

DN : Combien de temps passes-tu par jour sur ton instrument ?

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LLF : Honnêtement je ne sais pas, et cela dépend des jours… Mais les jours où je n’ai vraiment rien d’autre à faire, ça m’arrive de jouer pendant plusieurs heures. Mais essentiellement du practice, pour des raisons que tout le monde comprendra …. J’essaye quand même de jouer chaque jour de la cornemuse, surtout pendant les vacances. Mais même pendant les périodes de cours, les jours où je ne fais ni practice, ni cornemuse sont très rares.

DN : Quel genre de répertoire avez-vous avec le groupe Sonerien Ar Su ?

LLF : Nous jouons principalement des danses car la plupart de nos animations sont des festoù-noz. Nous essayons d’avoir un répertoire aussi large que possible, même si cela n’est pas facile… en fait, nous essayons de jouer ce que les danseurs (les Bretons de Marseille) nous demandent, et ce qui nous plaît aussi bien sûr ! Nous avons aussi quelques marches pour les défilés.

DN : Composes-tu ? Fais-tu des arrangements ?

LLF
: Oui, cela m’arrive « d’arranger » les morceaux pour le groupe, car à 5 on ne peut pas sonner une suite de bagad. En fait, je dirai que nous sommes à mi-chemin entre un bagad et un couple de sonneurs…

Je n’ai jamais vraiment composé de morceaux, ou très peu… mais c’est intéressant d’arranger des airs, même si cela n’est pas toujours facile, mais c’est un bon exercice.

DN : Quelles sont tes références en matière de sonneurs ?

LLF
: Je n’ai pas vraiment de référence. J’essaye d’écouter le maximum de sonneurs (bretons, écossais ou autre), et quand j’entends quelque chose qui me plaît, j’essaye de m’en inspirer, ou même de reproduire…

Bien sûr il y a des sonneurs ou des groupes que je préfère écouter plutôt que d’autres… Comme tout le monde je pense…

Maintenant avec internet, il est facile d’écouter (où même de regarder !) différents groupes, sonneurs et de mieux les comparer.

DN : As-tu d’autres intérêts en matière de musique ?

LLF : Pas vraiment :o … Si, j’aime bien écouter d’autres styles de musique, mais je n’en ai pas un que je préfère plutôt qu’un autre.

J’aime bien aussi tout ce qui touche aux percussions, mais juste pour le plaisir.

J’essaye de ne pas écouter que de la musique de cornemuse, de bagad, de pipe-band, car cela me sort un peu des yeux parfois…

DN : Que penses-tu des concours ? Tu en fais souvent ?

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LLF : J’essaye de faire le maximum de concours, soliste et bagad. Pour les concours bagad, c’est deux par an… comme tout le monde. Pour les concours solistes, j’en fais quand j’en ai l’occasion, ce qui n’est pas toujours facile habitant à Marseille. Cette année je n’en ai fait que deux. Le concours soliste de Quimper à la mi-juillet, et celui de Lorient, au Festival Interceltique. Ce dernier étant sur invitation de l’organisateur et réservé aux sonneurs de moins de 20 ans.

J’ai eu l’honneur d’y être invité pour la deuxième fois, et j’ai même pu le gagner cette année ! C’est d’ailleurs grâce à ça que je suis interviewé maintenant…

Ce que je pense des concours ? C’est pour moi une excellente manière pour donner « le meilleur de soi même », de jouer le mieux possible. C’est tellement agréable de jouer avec un instrument accordé… Il y a quand même une différence entre les concours solo et les concours bagad.

En solo, on est seul, tout le monde a les yeux « braqués » sur le concurrent, et on n’a pas droit à l’erreur. En cas de faux pas, on ne s’en prendre qu’à soit même…

En bagad, c’est quand même un peu plus « souple » : le « stress » n’est pas le même, les faux pas sont mieux tolérés etc. et les résultats sont souvent plus bizarres (lol)

DN : Quels sont tes projets d’avenir ?

LLF : Terminer mes études du mieux possible… Rien de très original là dedans ! Et aussi continuer de progresser à la cornemuse, j’ai encore de la marge !