Publié le 10.10.2007 dans "Tribune libre"
Plaisir de jouer. Oui, mais…
Diwallit ! Moteur, ça tourne !
C’est le moment où chacun se concentre car le chef d’orchestre interpelle d’un coup d’œil tous les acteurs du concert… La dose de stress légitime est variable selon les individus, mais ce qui unit les musiciens est bien le plaisir de jouer ensemble…
Mais quelle est la recette pour faire une musique attractive ?
L’ÉCOUTE de la tradition chantée et sonnée est essentielle, s’en imprégner pour interpréter dans le respect du terroir. Aller à la source. Connaître les référents. Capter le jeu du couple Coz Bombarde, du Kan ha Diskan, du chant à répondre, du chant à capella ; Gwerz, Son et Ton. Puis, construire pour mettre en valeur la musique de groupe.
C’est à partir de là que l’évolution est possible.
IMPRÉGNATION, RESTITUTION
En clair, il faut écouter avec patience, discernement, analyse et critique.
- Privilégier l’écoute du chant car la langue véhicule la nuance. La voix, l’intonation et le souffle détermine le flot.
- Comparer les petites variations d’interprétation au sein même, d’un terroir déterminé. Étude du terroir ; situation géographique, coutumes, caractère, structure, mode, mécanisme, appel à la danse ou non etc.
- Appréhender les subtilités de phrasé d’une marche, d’une mélodie ou d’une danse.
- Voir danser ou apprendre à danser pour mieux s’approprier le tempo, le swing.
CONSTRUCTION
- La construction d’une suite se fait par un découpage réfléchi que nous appellerons séquences. La structure logique se compose d’un thème introductif, d’un fil conducteur et d’un final.
- Le dosage temps des séquences doit être calculé de manière à ne pas créer une lassitude, un effet de redite.
- À l’intérieur de chaque séquence, on peut trouver des moments d’appel, de pause, de relance, de montée en puissance, d’alternance rythmique-mélodique puis de connexion.
ÉCRITURE
- L’intérêt de l’utilisation de différents instruments est d’ouvrir l’ambitus, c’est-à-dire de donner de l’ampleur en jouant sur plusieurs tonalités et en donnant de la couleur par l’harmonisation et l’accompagnement rythmique. Deux éléments clé à affiner et à bien doser : exercice difficile à réussir.
- La qualité de restitution est dépendante de la qualité du SON qui doit faire l’objet d’une quête constante.
- Maintenant, tout est une question de dosage et de nuance…C’est là, la difficulté de faire une bonne cuisine avec de bons ingrédients. Il y a des pièges à contourner et des fautes de goût à ne pas commettre.
C’est un jeu de séduction où vous serez heureux de ressentir des émotions et de les partager. Notre musique est riche et vivante, essayez de l’exprimer sans la dénaturer.
La création et l’évolution pourront faire l’objet d’une autre réflexion.
LOÏC DENIS
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