Publié le 29.11.2007 dans "Entretien avec..."
Hervé Estner et Rodolphe Patin - Bagad Kiz Avel
Divroet ne(w)ez : depuis quand existe le bagad de Kiz Avel ?
Hervé Estner : le bagad Kiz Avel - Strasbourg, regroupant une vingtaine de musiciens, a fêté dignement ses dix ans d’existence en novembre 2004, lors d’un fest-noz, bien entendu ! Le Bagad Kiz Avel est issu à l’origine, de l’association Ar Vro Goz, tout comme le Cercle Tan Breizh, suite à la volonté de faire de la musique de bagad et plus uniquement de la musique à danser : les trois structures strasbourgeoises existent depuis lors de façon distincte mais restent étroitement liées sur tous les événements intéressants la culture bretonne à Strasbourg.

DN : quel est ton rôle en tant que penn soner ?
Rodolphe patin : mon rôle est de former les jeunes et de produire une musique de qualité. A Kiz Avel, on travaille avec exigence sur la justesse et l’originalité. L’éloignement de la Bretagne nous permet de nous diversifier, de nous distinguer en arrangeant les airs traditionnels et en introduisant de nouveaux instruments parfois inhabituels.
DN : est-ce que les concours auraient de l’importance pour vous ?
HE : Kiz Avel a déjà participé au concours de Menez Meur en 2003 : une première place en ensemble bombardes ! On est « pour » mais la porte de nombreux d’entres eux nous était fermée pour cause de pupitres incomplets. Avec un pupitre percussion et batterie que nous formons actuellement, l’objectif de faire un concours par an serait raisonnable. Ce type d’échéance permet de plus d’avoir un niveau d’exigences sur une période donnée et de fixer la barre toujours un peu plus haut.
DN : vous vous produisez souvent ?
HE : c’est essentiellement notre « job » : festoù-noz, concerts, soirées à la demande ou sorties en couple lors de mariage, de fêtes de famille. Notre format est, on ne peut plus modulable : du couple au bagad complet !
DN : dans quel cadre répétez vous et quand ?
HE : Kiz Avel répète les mardis soirs pour le pupitre bombarde, les mercredis soirs pour le pupitre cornemuse, les samedis après-midis pour l’ensemble et les dimanches matins pour le pupitre batterie et percussion. Avant une sortie importante, on double les répétitions dans les semaines qui précèdent, ce qui n’est pas facile car il y a des sonneurs qui travaillent la nuit ! On remercie la mairie de Mundolsheim qui nous prête un local dans une école maternelle dans lequel, les cours de cornemuses débutants sont organisés également les mardis soirs. Nous avons depuis peu, investi des locaux dans un ancien fort composant à l’époque, la ligne Maginot : cela nous donne un espace de liberté supplémentaire très appréciable !
DN : quel est votre principal répertoire ?
HE : que ce soit des danses, des mélodies, des marches, tous nos morceaux sont issus du répertoire traditionnel. Ensuite, on les arrange à notre sauce pour leur donner une couleur qui nous est propre et qui fait qu’on va reconnaître la griffe Kiz Avel. L’ajout de claviers est systématique. Des rythmes qu’on n’a pas l’habitude d’entendre et qui sont parfois un peu déroutants pour les danseurs sont presque toujours à la base de notre réflexion. En étant à peu près à 1200km de la Bretagne, nous nous efforçons de ne pas envisager les choses de façon aussi stricte sur le plan traditionnel pur et dur. On profite largement de cet éloignement pour nous permettre toutes les libertés. Kiz Avel est en perpétuelle recherche, tout le monde amène son idée, son originalité ; si ça plait au groupe, c’est retenu.
DN : comment recrutez-vous les membres du bagad ?
HE : la porte est grande ouverte : il n’y a aucun critère discriminant ! Toutes celles et ceux qui souhaitent jouer de la musique en se faisant plaisir parce que pour nous, c’est avant tout un plaisir, les débutants, les novices, même s’il ne savent pas lire une partition et n’ont jamais fait de solfège, on les accepte. La formation, à quelque niveau que ce soit, est finalement la seule issue pour que Kiz Avel existe et traverse les années… La composition du groupe est le reflet de notre musique. Dans le groupe, il y a des bretons d’origine, des bretons qui ont choisi de vivre en Alsace et d’y rester, des bretons de passage et des tas d’autres gens qui ne sont ni bretons, ni de passage, ni alsaciens. Ce brassage permanent fait qu’on tient à garder ce lien nécessaire avec la culture bretonne, mais en profitant de toutes les idées ! Quand une cornemuse ou une bombarde nous quitte, quand les Bretons retournent chez eux, qu’est ce qu’on fait ? On arrête de faire de la musique bretonne ? On est bien obligé de continuer à vivre, en gardant et en intégrant toutes les influences. Oui, il y a des Bretons dans le groupe, ils s’y sentent bien et les autres aussi, merci !
DN : qui est ce qui amène les partitions dans le bagad ?
HE : la majeur partie des partitions a été écrite pour le bagad, par Florian Nicolas. C’est l’ossature du répertoire Kiz Avel, elles ont été faites pour Kiz Avel. A partir de ces partitions il y a un travail collectif de recherche et d’enrichissement pour la partie électronique, ambiance rock and roll ou jazzy, avec les instruments que j’ai cités tout à l’heure.
DN : est-ce que vous avez une tenue ?
HE : oui ! Pantalon noir, chemise blanche brodée à la main par Huguette « Patte Folle » et un gilet rouge. Attention ! Ce n’est ni un gilet alsacien, ni un gilet breton : c’est le modèle « alsaton ». Faudrait pas se fâcher avec les gardiens des traditions vestimentaires… La couleur rouge rappelle notre appartenance géographique. Pour les sorties décontractées, on a un T-shirt bleu avec un logo bien reconnaissable : la cigogne Liselotte !
DN : quels sont les projets d’avenir pour le bagad ?
HE : après « EUROCELTES 2006 » et le 3e concours BAS Divroet, nous attendons avec impatience de pouvoir participer au 4e Concours BAS Divroet au Havre en mai 2007. Bien entendu, nous sommes déjà à pied d’œuvre pour mettre en marche la deuxième édition du Festival EUROCELTES qui se tiendra à Strasbourg du 1er au 04 mai 2008, notez bien la date. Si notre pupitre batterie tient ses promesses, il n’est pas exclu que nous fassions un petit tour par Carhaix en 2008… L’enregistrement de notre deuxième album est prévu pour fin 2008 : c’est déjà sur les rails, tous les morceaux sont écrits, il n’y a plus qu’à les travailler et à contacter les intervenants extérieurs que nous souhaitons associer à ce projet.
RP : avec bien sûr, l’envie, la foi et la bonne humeur : parce que côté « moyens financiers », il nous faut compter que sur nous-mêmes…
DN : petit mot de la fin
HE : il y a des bagadoù en Bretagne, il y a les bagadoù divroet… On pense forcement à tous les bagadoù de France mais, nous, Kiz Avel, on a l’impression d’être encore plus « au bout du bout » : nous sommes l’avant -dernier bagad avant l’Oural (eh oui, il y en a un en Allemagne !).
Alors ici, au bagad, on aime bien croire, que, de la Bretagne, du bout du Finistère, nos amis sonneurs aient de temps en temps, à défaut d’émotion, une pensée amicale, et se disent : « Tiens, il y a une bande d’allumés à Strasbourg qui essaie de garder le flambeau, de faire vivre notre musique et nos traditions… » Kenavo vum Strossbueri ! (en alsako, dans le texte…)

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décembre 29th, 2007 at 6:37
Jack…
c’est tres sympatique cette article, mais j’aurais toutefois aimer en savoir plus……
janvier 11th, 2008 at 9:31
En savoir plus sur quoi ?