Petits Mots

La chronique de Maïwenn

On a coutume d’utiliser le mot Armorique comme synonyme de Bretagne, en expliquant l’étymologie à partir du breton moderne (« Ar » = article défini ; « Mor » = mer ; « Ig » = diminutif). L’Armorique serait donc « La Petite Mer ». En fait cette étymologie est fausse, puisque le mot Armorique signifirait « Le pays qui fait face à la mer » (« ar » vient de l’indo-européen « pri » qui signifie « devant », et « mori » est en effet la mer.)

« Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine » chantait Manau. Ca n’a pas beaucoup de sens, puisque toute la Bretagne faisait partie de l’Armorique. Et, deuxième révélation, l’Armorique des Celtes ne se limite pas à la Bretagne. En effet, elle englobe une bonne partie des Pays de la Loire actuels, et presque la totalité de la Normandie. La Normandie ? Les Normands, ces voleurs de Mont Saint Michel, seraient donc nos cousins, eux aussi ? Eh oui ! N’en déplaise aux partisans des querelles de clochers, nous avons une histoire commune. J’entends déjà les réfractaires à l’idée me lancer : « oui, mais la petite Bretagne a été receltisée grâce à l’émigration en provenance de l’île de Bretagne ». Oui, et Portsmouth-Cherbourg, vous ne croyez pas que c’est aussi facile, sinon plus, que Plymouth-Roscoff ? La toponymie est là pour le prouver, pour ne prendre qu’un exemple je citerai le monastère mérovingien de Pentale-Saint-Samson dans l’Eure. Dans « Pentale » on reconnaît facilement « Penn » (« tête ») et « Tal » (« front »), tandis que Saint-Samson est l’un des Saints fondateurs de la Bretagne, et évêque de Dol.

Je ne dis pas que les Normands doivent être les prochains invités d’honneur du festival interceltique, après tout, s’ils appellent Normands, c’est bien que les Vikings, et autres peuplades du nord, ont bien apprécié leurs verts pâturages depuis l’époque celtique. Mais c’est tout de même important de savoir que nous ne sommes finalement pas si différents !