Publié le 03.09.2008 dans "À la découverte"
Bagad Avel Su
Propos recueillis pendant le Festival Euroceltes qui s’est déroulé début mai à Strasbourg et au cours duquel ont été organisés les concours BAS Divroet
Loïc Le Fur dit Lolo,19 ans Penn soner du Bagad Avel Su
Divroet Ne(w)ez : d’où vient le Bagad Avel Su ?
Loïc Le Fur : ça fait longtemps que notre groupe, les “Sonerien Ar Su” de Marseille, avions envie d’aller à la rencontre d’autres sonneurs proches de Marseille. En décembre, l’idée m’est venue d’essayer de rassembler un maximum de gens pour former un bagad qui serait susceptible de participer au concours de bagadoù organisé pendant le Festival Euroceltes. Nous avons d’abord demandé au bagad Keltia Provence de Toulon de se joindre à nous, puis aux sonneurs du bagad “BroTolosa” de Toulouse, ceux du bagad d’Aix, et d’un peu partout en France et même d’Écosse !
J’ai pris en charge le bagad, préparé les partitions, les arrangements. Je n’avais jamais réellement fait ça avant, mais j’ai trouvé ça très plaisant et super motivant. Un peu prise de tête par moments quand même. Du coup j’ai dû m’occuper de la logistique qui n’a franchement pas été facile à gérer. Mais c’est une super expérience à vivre et très formatrice.
C’était un pari, il fallait oser. Ça a marché, même au-delà de mes espérances.
DN : que veut dire Avel Su ?
LLF : ça veut dire “vent du sud”. C’est un peu ce qui caractérise notre bagad avec ses membres venus des quatre coins de la région PACA et même au-delà.
DN : qu’est ce qui vous a motivé pour venir concourir à Euroceltes, de traverser la France alors que vous êtes tous éloignés les uns des autres ?
LLF : c’était un peu un défi pour tout le monde. On a très peu l’occasion de jouer avec des gens d’un niveau relativement correct lorsqu’on vit dans le Sud. Les gens motivés ne courent pas les rues. Là, c’est un peu comme si nous avions signé entre nous une charte de qualité qui devait mener à la réussite. En même temps nous avions envie de montrer aux autres divroet ce que l’on pouvait faire avec de la volonté. On avait aussi envie de se retrouver ensemble, de s’amuser, passer un bon week-end-end quoi !
DN : concrètement comment avez vous fait en amont ?
LLF : il y a eu 2 week-end de 2 jours de répétitions à Martigues. Presque tout le monde est venu pendant 2 week-end. Plusieurs semaines à l’avance j’avais préparé les partos pour tous les pupitres, ainsi que des enregistrements MP3. Chacun a pu travailler seul dans son coin et ceux qui faisaient partie de groupes plus structurés ont répété ensemble, comme à Toulouse et Toulon. Nous à Marseille nous avons souvent répété avec Aix et nous sommes même allés répéter à Toulon deux fois. Au final tout le monde était prêt, il ne manquait plus que ces 2 week-end pour mettre la suite en place. Au début ça n’a pas été facile mais tout s’est enchaîné plutôt bien par la suite. Il faut dire que l’on a répété non-stop du matin jusqu’au soir.
nous sommes arrivés pour la plupart le jeudi après-midi à Strasbourg, et là on a pu faire une grande répé générale, la première tous ensemble car quatre personnes n’avaient assisté à aucune des deux grandes répés. On a répété à nouveau le lendemain, fait quelques animations prévu par le comité organisateur, qui ont été très bénéfiques pour notre préparation au concours.
DN : c’est toi qui a dirigé ce bagad, qu’est ce que ça t’a apporté ?
LLF : je n’avais jamais dirigé de groupe avant ; si quand même un peu, c’est moi qui mène les “Sonerien ar Su” ! mais là avoir 25 personnes à gérer c’est différent. Il faut être partout, créer la cohésion avec tout le monde, ne pas se faire marcher sur les pieds, se faire respecter quoi !
Au final le bagad a terminé 2e au concours, les gens étaient hyper motivés et très concentrés.
A noter quand même une première place en cornemuse (avec les deux juges), et un bon son… (http://www.dailymotion.com/video/x5cude_euroceltes-2008-strasbourg_music) c’était un gros défi sachant que nous avons joué à 10 cornemuses et avec très peu de répés.
En tout cas pour moi ça a été formateur. Les musiciens m’ont fait confiance et je pense que personne ne regrette l’aventure.
DN : que va devenir le Bagad Avel Su ?
LLF : ce n’est pas sûr que le bagad rejoue un jour ensemble, peut être pour une grande manifestation ! Ce n’est pas simple, les gens sont très éloignés les uns des autres. Je pense que nous avons fait bonne impression et pour cette raison peut-être que certains seraient prêts à renouveler l’expérience ? C’est encore un peu prématuré pour en parler.
Jean-François Markounsky dit Jeff du Bagad Keltia Provence de Toulon
DN : comment est venu cette idée de jouer avec le Bagad Avel Su ?
Jean-François Markounsky : le projet vient initialement de Loïc Le Fur que je connais depuis 5 ans. Avant on a monté notre bagad, le Bagad Keltia Provence en 2003. On jouait aussi ensemble avec l’ex bagad Marsilla dont faisaient partie Loïc et Patricia Riou.
Loïc nous a proposé le projet de création du Bagad Avel Su pour le festival Euroceltes . Des gens de Grenoble et de Charleville-Mezière étaient intéressés comme nous. Loïc nous a envoyé les partitions et nous avons suivi. De mon côté j’ai contacté un de mes potes, Ian Kinnear, qui aime bien ce genre de prestation. C’est quelqu’un de très connu en Écosse et qui est fabricant de small-pipes. Loïc Denis s’est également joint à nous.
C’était l’occasion de faire quelque chose avec un bagad hors Bretagne, de présenter un truc sympa en Divroet.
DN : qu’est-ce qui vous a motivés ?
JFM : on s’est dit qu’on allait voir ce qu’on était capable de faire, qu’on pourrait être jugés, évalués. Le résultat final est satisfaisant : 2e place et une première place en pupitre cornemuse avec un bagad aussi hétéroclite ! En fait on n’a jamais répété tous ensembles. Notre première répétition avec l’effectif complet a eu lieu aujourd’hui, jour du concours. Il nous manquait 2 personnes de Charleville-Mézière qui ne sont arrivées que tard hier soir.
On s’est tous retrouvés à partir de jeudi matin et nous avons assuré des prestations dans la ville de Strasbourg le jeudi après midi et le vendredi matin ce qui nous ont donné l’occasion de répéter la suite. Le reste des troupes est arrivé véritablement vendredi soir, donc la véritable prestation avec tout le monde a eu lieu au moment du concours.
J’ajouterai qu’être jugés n’était pas une fin en soit, l’important était aussi de se faire connaître, histoire de dire, ouh ouh, nous sommes de la région PACA, il y a quelques petits bagadoù, et ensembles, en s’alliant, voilà ce que nous pouvons faire. Bref, cela nous a aussi permis de mettre un pied à l’étrier auprès de la communauté divroet, de rencontrer des gens qui font de la musique Bretonne en dehors de la Bretagne, et que peut-être, ainsi, lors des prochains stages que nous organiserons pour nos formations, nous pourrons faire venir des formateurs d’un peu moins loin que d’habitude, à savoir Bretagne et Écosse.
Et avec ça on fait 2e.
Certains se sont amusés à faire le calcul de la distance parcourues par rapport aux gens qui composent le bagad, ça fait quelque chose comme 20 000 km. Il y a des gens de Toulon, Toulouse, Marseille, Aix-en-Provence, Grenoble, Charleville-Mézière, d’Écosse et de Bretagne.
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