Gwenn ha Du

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C’est le nom du drapeau de la Bretagne.

Après avoir été longtemps interdit (au même titre que les macarons BZH sur les voitures) dès le début de la cinquième République (1958), on le voit maintenant flotter sur les bateaux, dans les fêtes en Bretagne et à l’extérieur, sur les bâtiments privés ou publics (mairies,…). Il est également présent sous forme de fanions dans les voitures.

Récemment, on en a vu un très grand nombre lors de la finale de la Coupe de France de football au stade de France entre le Stade Rennais et En Avant de Guingamp.

Son nom vient de ses couleurs : gwenn (blanc) ha (et) du (noir). Il reprenait par là celles de l’ancienne croix noire (Moyen-Âge). Il comporte des bandes noires et blanches et son coin supérieur gauche est garni d’hermines (canton d’hermines) (*). Mais le nombre d’hermines n’a pas d’importance.

Le Gwenn ha du est un rappel du drapeau des ducs de Bretagne (**). Les 9 bandes représentent le nombre des anciens évêchés. Les bandes noires (5) symbolisent ceux de la Haute-Bretagne : Rennes, Saint Malo, Dol (les 3 utilisant le français de longue date), Nantes et Saint Brieuc (bilingues). Les bandes blanches symbolisent ceux de la Basse-Bretagne : Cornouaille (Quimper), Léon (Saint Pol de Léon), Trégor (Tréguier) (les 3 uniquement bretonnants) et pays vannetais (Vannes) (bilingue). Pour les évêchés, les « saints » fondateurs étaient : Corentin (Quimper) – Pol Aurélien (St Pol de Léon) – Tugdual ou Tudal (Tréguier) – Brieuc (St Brieuc) – Samson (Dol) – Malo (St Malo) – Patern (Vannes).

Les 9 évêchés ont fait place aux 5 départements bretons au moment de la Révolution (février 1790) [incluant la Loire-Inférieure, devenue Loire-Atlantique].

Le drapeau breton Gwenn ha du a été conçu par Morvan Marchal au début des années 1920 (membre du Parti Autonomiste Breton –P.A.B.).

Remarque :

Il faut indiquer également que Gwenn ha du était le nom d’une société secrète bretonne créée dans les années 1930. Ce groupe s’est rendu célèbre en faisant sauter à l’explosif le 7 août 1932, dans la niche de l’hôtel de ville de Rennes, le monument inauguré en 1911, rappelant le Traité d’Union de la Bretagne à la France (début août 1532) [monument dit « de la honte nationale »].

(*) terme utilisé en héraldique.

(**) Rappel de la devise de la Bretagne ducale :

Potius mori quam foedari (latin)

Kentoc’h mervel eget en em saotrañ (breton) saotrañ : tâcher, souiller
Plutôt la mort que la souillure (référence à l’hermine).

Références bibliographiques :

• Histoire générale de la Bretagne et des Bretons –Tome 2 – Nouvelle Librairie de France – 1990.

• Histoire de la revendication bretonne – Michel Nicolas – Editions Coop Breizh – 2007.

L.S.