Bimestriel - Numéro 3 - Mai 2005
« Je vous écris du bout du cœur,
Vous m’entendez du bout des yeux »
Ces paroles de Barbara sont les mots les plus justes qui me viennent à l’esprit pour vous exprimer mes remerciements d’être si nombreux à lire notre petite gazette.
Quand, il y a 2 ans, j’ai commencé à jouer de la cornemuse, soyons clairs, je ne comprenais pas un mot de ce que vous disiez : flash-back : « Ouaip ! Je pense que la rasette du basse doit être usée parce que ton bourdon bloque trop souvent. Je me demande si tu ne devrais pas en profiter pour les changer contre un jeu de roseaux ». Vous voyez ce que je veux dire ? … pire ! J’aurais envie de demander : vous avez tout compris ?
Alors, quand on m’a offert cette opportunité, quand je me suis lancée dans l’aventure de co-rédiger des articles pour Divroet Newez, qu’ai-je pensé ? Il faudra leur apporter les bonnes infos, celles dont ils ont vraiment besoin, depuis le « c’est quoi, la fédé » à « comment on entretient son instrument », en passant par « c’est qui, lui ? » Avec toute l’équipe du Divroet New(e)z, on avait tous ce but en commun : être près de vous et vous accompagner dans l’apprentissage de votre instrument et vers une meilleure connaissance de la musique bretonne.
« Dites-le moi du bout des lèvres,
Je l’entendrai du bout du cœur »
Des conseils pour entretenir vos instruments ? C’est la nouvelle rubrique que nous lançons à partir de ce numéro. J’en profite pour remercier tous ceux qui nous accompagnent déjà dans cette démarche : Jorj Botuha, Patrick Molard, Ronan Sicard, Gilbert Hervieux, …
Des bonnes adresses, les sorties à ne pas manquer plus près de chez vous ? Nous essayons de nous tenir le plus au courant possible des bons plans, des stages, fest-noz, concerts qui ont lieu partout en France… Une pensée pour toutes les personnes qui nous y aident, merci. Vous pouvez tous apporter votre pierre : faites–nous part des nouvelles dates, nouveaux lieux, nouveaux événements dont vous avez connaissance, même s’ils concernent le mois en cours (c’est l’avantage d’un journal en ligne).
Des pages culturelles ? Il y a, sans vouloir soulever de polémique, les pro et les anti. Nous vous apporterons bientôt cette page culturelle, mais pour couper la poire en deux, elle sera plutôt axée sur les bagadoù, pour intéresser tout le monde… encore un peu de patience, cette rubrique sera bientôt prête.
Autant de remarques auxquelles nous restons sensibles, d’interrogations auxquelles nous tenterons de répondre… au mieux, au plus vite. Continuons à échanger ensemble autour de vos questions, de vos commentaires, vos envies, vos articles aussi. Continuons donc à vivre tous ensemble cette même passion qui nous lie, tout en gardant toujours à l’esprit cette devise désormais faite Divroet : avec sérieux, et sans jamais se prendre au sérieux !
Pibette, comité de rédaction.
le partenariat entre les sonneurs Divroet et la communauté de danseurs War’l Leur Divroet dont nous vous avons parlé en début d’année a été officialisé lors de leur AG. La famille s’agrandit, nous ne pouvons que nous en réjouir.
Nous travaillons actuellement tous ensemble à poser les bases d’un travail commun, sur la durée, et à renforcer les liens entre nos deux communautés.
Bien sûr, nous vous tiendrons au courant le plus rapidement possible des avancées de ces travaux, qui feront l’objet d’un article dans un futur numéro de Divroet New(e)z.
la date et le lieu du prochain stage fédéral Divroet, au cours duquel se tiendra également notre AG, sont désormais confirmés. Notez dans vos agendas : BORDEAUX, les 11, 12 et 13 NOVEMBRE 2005.
Pourquoi Bordeaux et pas Lille comme initialement prévu ? Vous l’avez compris, notre souhait était de pouvoir dès cette année organiser notre stage en mêmes temps et place que celui de War’l Leur Divroet. Nous réitérons ici nos remerciements au bagad de Lille qui a bien voulu, une nouvelle fois, réorganiser son emploi du temps et ses projets pour s’adapter à ces nouveaux critères.
Nous vous invitons à consulter les informations que nous mettrons à votre disposition directement sur le forum, en page Divroet !
Lors du Comité Directeur du 30/04/2005, Mr Couac alias Florian Nicolas du Bagad Brieg (et toujours adhérent du Bagad Kiz Avel de Srasbourg) Vice-Président chargé de la Formation de B.A.S. Divroet, a été coopté comme membre du Comité Directeur.
Bienvenue à lui, et voici refermée la parenthèse ouverte lors de l’AG de Novembre 2004. Le CD est désormais au complet.
“Le voyage en car couchettes s’est bien déroulé pour ceux qui ont pu dormir (comme moi de la sortie de Clichy à Lorient) et a été particulièrement long et inconfortable pour les insomniaques (tant pis pour eux).
Nous étions hébergés dans l’Auberge de Jeunesse de Lorient sur les rives du Ter : cadre agréable, propice à la concentration mais difficile pour le travail (pas de salle disponible le samedi après-midi avant 17 h 00).
Le pupitre caisses claires a profité du beau soleil pour s’installer en terrasse et travailler sur practices (si c’est vrai mais il a fallu beaucoup s’hydrater...). À 17 h 00, répétition d’ensemble dans une salle avec un peu d’écho mais globalement supportable. À 19 h 00, l’appel de l’apéro couvrant le doux son des cornemuses, nous avons arrêté le travail pour une soirée qui s’annonçait bien. La majorité des sonneurs keriziens s’en est allée à Lorient après le dîner pour aller danser en rond et se marcher sur les pieds ; les plus raisonnables (les batteurs) sont restés sur place pour profiter du coucher de soleil lors d’une promenade bucolique. Couchés entre 20h00 et 01h00 du matin, nous n’avons pas assisté au retour du reste de la troupe qui a priori s’est bien amusée.
Le lendemain matin nous avions rendez-vous à la salle du concours pour préparer la disposition du concours de l’après-midi. Bonne nouvelle, nous ne devions pas être sur place avant 10 h 15, ce qui nous a permis de récupérer du décalage horaire entre la Bretagne et la France. Le complexe Océanis et l’organisation ont été très appréciables (merci à tous les bénévoles qui se décarcassent pour les petits copains).
Après un déjeuner à Amzer Nevez qui a eu le mérite d’exister, les choses sérieuses ont commencées : mains moites, mauvaise humeur, mal au ventre, bref le stress qui décidément ne veut pas me quitter même après 20 ans de concours.
Je ne ferai pas de commentaire sur le concours en lui-même sauf que n’étions pas mécontents de notre prestation en quittant la scène.
Pas de commentaire non plus sur les résultats plus que décevants qui ont évidemment pollué la bonne humeur qui était nôtre jusque là.
Le retour en car-couchettes fut triste et encore plus inconfortable qu’à l’aller.
Voilà brièvement ce que je peux dire du concours de printemps de seconde catégorie 2005. Il est clair qu’il ne montera pas sur le podium des mes meilleurs souvenirs musicaux. Cependant, il ne faut pas oublier qu'en terme de relations humaines, ce week-end fut fort agréable.”
“Je participais à un concours de bagadoù pour la première fois et je dois avouer que je n’ai pas été déçu : excellente ambiance et qualité musicale au rendez-vous. L’organisation des salles de chauffe était bonne mais dommage qu’on ait dû répéter sur un balcon pendant qu’un autre groupe chauffait dans la salle qui nous avait été attribuée.”
C’est vraiment le meilleur outil jamais inventé entre sonneurs. En un clic, on sait qui fait quoi, dans quel groupe il sonne, de quel(s) instrument(s) il joue. On trouve son pseudo aussi, et on peut même le contacter.
Par contre, c’est dommage que certains bagadoù ne se mobilisent pas plus que ça pour l’alimenter.
C’est génial, ce truc, ça m’a permis de reprendre contact avec un musicien (il n’y a pas que des sonneurs sur le trombiniawer, et tant mieux !) que je n’avais plus revu depuis 11 ans. Je n’en revenais pas de le trouver là, je ne savais même pas qu’il faisait de la musique bretonne maintenant ! Je l’ai contacté, rien de plus facile, et voilà, c’est reparti comme il y a 10 ans, juste avec quelques rides et quelques enfants en plus… ;-)
Pour ceux qui s’en souviennent, au démarrage du projet, Laurent LEBOT et Yoann LE GOFF passaient leur temps avec un petit carnet magique et un appareil photo, aujourd’hui les nouvelles inscriptions se font directement par email… Il suffit donc de leur écrire !
C’est à quelques milliers de kilomètres des côtes bretonnes, sur ce morceau de terre en forme de papillon, au pied de la Soufrière (Le volcan de la Soufrière est communément appelé «La Vieille Dame»), que nous avons choisi de poser à plus ou moins long terme, nos bagages.
Divroet New(e)z - Quelle est la date de création du bagad ?
Lionel Rolland - Cela fait environ 5 ans maintenant que le groupe existe.
À l’époque, une demi-douzaine de passionnés avait pris pour habitude de se retrouver et de donner libre cours à leur passion. Sonneur émérite ou débutant, chacun était le bienvenu, et tous sonnaient de concert.
Je vous assure que jouer de la cornemuse ou de la bombarde au pays du zouk et du gwo ka, cela ne manque pas d’intérêt. Nous avons su petit à petit éveillé les curiosités, et au fil des mois, la petite famille s’est agrandie.
Notre problème aujourd’hui réside surtout dans le pupitre percussions : le bagad manque de batteurs et de percussionnistes. Heureusement, l’arrivée de 2 débutants caisses en début d’année nous a apporté le sourire et un nouvel élan, parce que c’est dur, dans un pays où les percussions sont reines, de devoir faire sans.
DN - Cela n’est-il pas un peu insolite de trouver un bagad aux Antilles ?
LR - Il existe des endroits où la culture bretonne est restée très ancrée. Si le cœur vous en dit, allez sonner par exemple un peu de cornemuse aux Saintes, peuplées à l’origine par des familles bretonnes, vous vous apercevrez qu’ils n’ont absolument rien perdu de leurs souches.
Cependant, effectivement, si sonner ou défiler en formation semble quelquefois presque anodin en métropole, il n’en est pas de même ici. Alors, c’est toujours avec beaucoup de plaisir que nous voyons les gens s’ébahir lors d’un passage de la formation.
À ce jour, le bagad de l’ « Île aux belles eaux » compte un effectif de 19 sonneurs, dont 80 % sont encore débutants.
Juillet 2003 a vu la naissance de l’association du même nom. C’est à cette époque que le groupe a décidé d’adopter un costume commun.
Depuis lors, l’association a mis en place un site internet permettant de découvrir les activités qu’elle regroupe.
Juste quelques mots pour nous faire connaître et vous dire qu’on vous attend lors de vos prochaines vacances en Guadeloupe.
Contactez-nous et passez nous voir au local, nous serons très heureux de vous accueillir !
DN - Comment a été motivé le choix de votre tenue ?
LR - Notre tenue se compose d’une chemise blanche aux armoiries du bagad et d’un pantalon noir. Le blanc et le noir, pour rappeler le « Gwenn Ha Du » qui nous est cher à tous… Quant à la ceinture, elle a été choisie dans un tissu madras rappelant un peu le tartan.
Nous avons souhaité mêlé ainsi, sur un même motif, le celte de notre culture et les Antilles de notre résidence.
DN - Vous avez souvent la possibilité de sonner ensemble ?
LR - Tous les samedis, de 16 h à 18 h 00, les répétitions menées par Gildas LOYANT, notre Penn soner (ancien sonneur de la Kevrenn de Nantes), enrichissent pratiques et répertoire, le tout dans une salle de cinéma climatisée que met l’armée (2e RSMA) à notre disposition à Baie Mahault. (Pointe à Pitre)
Et puis toutes les occasions sont bonnes pour faire résonner anches et peaux : arrivée du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc, soirées bretonnes locales, salon de la gastronomie, etc., jusqu’en Martinique où, pour le fest-noz de la Saint-Yves, 650 personnes s’étaient donné rendez-vous pour danser gavottes, an dro et laridés, et au son de qui, à votre avis ?
Lionel Rolland
Email : bagadkaruk.@…
Penn soner : Gildas Loyant
Répétitions :
samedi - 16 h à 18 h 00.
Divroet New(e)z - Depuis combien de temps sonnes-tu ?
Mickaël Cozien - J’ai commencé la cornemuse à l’âge de 13 ans au Centre Breton d’Art Populaire de Brest (c’est une sorte d’école de musique traditionnelle où l’on enseigne la bombarde, la cornemuse, la harpe celtique, le violon, etc.). Les cours de cornemuse étaient donnés par un sonneur de la Kevrenn : Jean-Claude Guéna (que tout le monde connaît plutôt sous le nom de Chicag), sur la base de la méthode de Gilles Goyat. (D’ailleurs dans cette méthode on trouve une photo des doigts de Chicag montrant la position à tenir sur le chanter. Lorsque j’ai de nouveaux élèves, je ne manque jamais de leur montrer cette photo et je leur dis : ce sont les doigts de mon prof alors prosternez-vous devant, c’est lui le maître). C’est lui qui m’a donné le goût pour la cornemuse.
En 1987, je suis rentré au Bagad Plougastel avec qui j’ai fait mon premier concours. Puis j’ai intégré la Kevrenn Brest Sant Mark en janvier 1988, et là à nouveau j’ai eu beaucoup de chance. Étant le seul jeune à rentrer, tous les samedis, les sonneurs de la Kevrenn, un par un, m’ont transmis leur spécialité (rythmique, technique, etc.) C’est la raison pour laquelle ils m’ont intégré sur scène aussi rapidement. En février, je faisais mon premier concert, un programme de 2 h (pas évident à apprendre). Je garde de cette période un souvenir fabuleux.
DN - Au bagad on t’a donné un surnom ?
MC - À Brest, tous nos prénoms étaient précédés de Ti (Ti Polo, …), c’est ainsi que je suis devenu Timick. On m’a appelé aussi « mignon » (qui vient du breton : à traduire par « copain, ami »). J’ai eu aussi Mac Givrer (pour Mac Gyver) à cause de la coupe de cheveu, du couteau suisse et du scotch que j’emmène toujours partout.
DN - Qu’est ce que tu te dis en allant en répétition ?
MC - Plus grand chose puisque je ne peux plus aller aux répétitions avec Bordeaux (n’y habitant plus). Ça me manque beaucoup. J’ai toujours été très content d’aller en répé en général. J’aime être avec les autres pour répéter. Lorsque je suis à Poitiers, je pense régulièrement au bagad, surtout le mercredi, lorsque je vais aux cours de clavecin. Je me dis que c’est l’heure où commence la répétition du bagad et je me demande s’ils bossent bien, s’ils suivent mes conseils, s’ils sont sérieux… À priori ça marche bien puisque lorsque que je viens animer des stages, je n’ai pratiquement plus rien à faire (sourire). Je suis très content, tout le monde joue le jeu et travaille comme il faut.
DN - Ton rêve de musicien le plus cher, quel est-il ?
MC - Avant de dire où j’aimerais me retrouver, je voudrais dire la chance que j’ai eue déjà. Celle de pouvoir jouer avec des grands noms de la musique bretonne avec qui on a tous rêvé de jouer un jour. Quand j’étais gamin, mon père adorait Gilles Servat et je me suis retrouvé à jouer avec lui pendant 3 ou 4 ans. Mon père était aux anges. J’ai aussi participé à quelques concerts de Stivell. À l’époque, j’étais un petit branleur (euh… non, je ne raconterai pas l’anecdote !), j’ai eu la honte de ma vie ce jour là.
En tout cas, c’est extraordinaire, on est là en face des gens grâce auxquels tout a commencé pour soi, on joue à leurs côtés. Je connais beaucoup de gens qui critiquent Stivell ou même Gilles Servat mais il faut se rendre compte d’une chose, c’est que s’ils n’avaient pas été là, je ne sais pas si moi, par exemple, je jouerais de la cornemuse aujourd’hui. Ce sont des gens extraordinaires.
Une autre chose encore qui m’est arrivée, au mois de février, je me suis retrouvé à jouer avec Jim Kilpatrick qui a été 15 fois champion du monde de caisse claire ! C’est pareil, ce sont des gens qu’on connaît et on ne penserait jamais jouer avec eux un jour, on se dit qu’on n’est pas du même univers, qu’on n’a pas forcément le même niveau… et puis voilà ! Je jouais à côté de lui. Et j’ai rencontré quelqu’un d’une gentillesse… charmant, et qui joue à la perfection. On ne peut même pas imaginer qu’il joue de la caisse claire avec autant de simplicité, de facilité. On le regarde jouer, il n’y a aucune tension. Souvent on voit les musiciens jouer crispés, lui est détendu, ce sont juste deux mains qui bougent avec vitesse et dextérité : il est capable de faire n’importe quoi. J’ai joué avec lui, vous vous rendez compte, du coup, je lui ai dit : « maintenant je vais pouvoir dire ça aux copains et tout le monde va croire que je suis bon ». Il a bien rigolé. Ça a vraiment été sensationnel.
J’ai donc eu un parcours assez sympathique.
Après, mon plus grand rêve serait de jouer avec les Rolling Stones. Je suis Fan de ce groupe depuis très longtemps. C’est un groupe qui me rend fou. Dès que je les entends à la télé, que je vois un article de presse ou que j’entends une chanson à la radio, je ne sais pas ce qui se passe, il y a un déclic, c’est magique. J’ai des sensations, la journée devient forcément bonne. C’est bizarre de dire ça parce que c’est un groupe de rock, ils ont un parcours assez hallucinant mais ils sont magiques, ils me donnent des frissons. Je deviens fou, insupportable, je saute partout. Mon rêve serait de me retrouver avec eux, de les rencontrer. Ce serait génial de rencontrer Mick Jagger et de lui dire : « coucou je m’appelle Mick aussi, mon père m’a donné le même prénom que toi » (grand sourire). Mon petit frère est né le même jour (pas la même année) que le guitariste des Stones, c’est quand même pas mal.
DN - Ton meilleur souvenir pour l’année 2004
MC - Pour l’année 2004 ? … ça sera le même pour tous les gens du Bagad de Bordeaux, je pense, c’est notre acceptation en quatrième catégorie. Je crois que c’est qu’il y a eu de plus fort dans l’année. J’en aurais pleuré, un peu comme à Carhaix quand j’ai su qu’on était premiers aux éliminatoires. Oui ! C’est 4 ans de travail pour tout le monde, à bosser comme il fallait et puis voilà ! On a réussi ! Maintenant c’est vrai que c’est arrivé plus vite que je ne le pensais. Je savais qu’on pouvait le faire mais je ne pensais pas qu’on y arriverait si vite. Voilà ! C’est mon meilleur souvenir, le plus important. Mon autre grand souvenir a été d’être pris au CEFEDM de Poitiers pour passer mon Diplôme d’Etat de musique traditionnelle. Parce que je n’y croyais pas, je me suis mis une énorme pression, je ne savais pas si les gens allaient apprécier la cornemuse. Je n’y crois toujours pas, mais bon, je me rends à l’évidence, si j’ai été pris, c’est que j’ai fait quelque chose qui a plu.
« Je me suis mis une énorme pression, je ne savais pas si les gens allaient apprécier la cornemuse. »
DN - La pire de tes sorties.
MC - Celle qui m’a laissé le plus mauvais souvenir c’est le résultat du concours de quatrième à Lorient. C’est paradoxal parce que c’est mon meilleur souvenir mais c’est aussi mon plus mauvais souvenir parce qu’on n’a pas su les résultats. On était en train de faire le triomphe et c’est en arrivant à la fin du triomphe qu’on a su que les résultats avaient été donnés et on a su qu’on restait. C’est dur parce que les gens du bagad étaient tous sur le départ, ce qui fait qu’on n’a même pas pu sauter de joie ensemble. On l’a tous su séparément et c’est dommage, un bagad c’est un groupe, j’aurais bien aimé qu’on puisse être tous ensemble pour l’apprendre ensemble. Bon, on est en quatrième, on va prendre le côté positif de la chose.
DN - Un réflexe ou un grigri avant de monter sur scène
MC - Un réflexe, non. Un gri-gri oui. J’ai toujours quelque chose dans la poche. C’est un petit nœud vert avec une épingle à nourrice et avec deux pastilles, mon ré bémol et mon sol bémol pour la cornemuse. Si je ne l’ai pas, je suis mal si je suis sur scène car j’en ai souvent besoin. Je n’ai que ça comme gri-gri (sourire).
DN - Qu’est ce qui t’énerve le plus sur ton instrument ?
MC - Jusqu’au mois de décembre, c’étaient mes bourdons, parce qu’il y a eu une petite histoire cette année pas très bonne, de celles qui arrivent rarement dans la vie d’un musicien, je n’ai plus MA cornemuse. J’en ai une autre qui est ma première cornemuse, alors j’éprouve moins de plaisir à régler mon instrument comme je le faisais auparavant. J’avais une poche en cuir, des anches de bourdons en roseau et je m’amusais, je pouvais les régler comme je voulais, il y avait une certaine osmose avec mon instrument. Ce qui fait que j’ai repris ma première cornemuse, j’ai mis des anches Oméga et je trouve ça génial mais j’avais énormément de mal à régler mon bourdon basse, je souffrais énormément. Et puis un certain Jean-Luc Coadou du Bagad de Bordeaux m’a sauvé (Merci Jean-Luc), ce qui fait qu’il n’y a plus grand chose qui m’énerve sur mon instrument. La seule chose c’est qu’il m’arrive de ne pas bosser assez, alors le mec, il n’est pas bon. Donc c’est plus le mec qui m’énerve que l’instrument.
DN - Il y a une partition que tu adores et que tu voudrais conseiller ?
MC – J’adore la marche écossaise qui s’appelle « Lord Alexander Kennedy », je crois que c’est la plus belle marche qu’il y ait au répertoire écossais, sinon « Blair Drummond » et en reel « Mrs MacPherson of Inveran ». Voilà, en musique écossaise, ce sont les trois morceaux que j’adore (et que je joue trop souvent d’ailleurs). En musique bretonne, l’une des plus belles suites que j’ai entendues c’était une suite fisel jouée par Patrick Molard sur son disque « Ar Baz Valan » qui est géniale. Il la joue super bien. Et en irlandais, tout ce qui peut délier les doigts, où on peut s’amuser et faire ce qu’on a envie.
DN - Tu as d’autres intérêts en matière de musique
MC - J’adore le clavecin (vu que je m’y suis mis), c’est génial (j’peux pas dire mieux). Sinon en matière de musique : « les Stones », la musique des années 60-70 plutôt rock, beaucoup la musique baroque, … un peu tout. On a énormément de choses à apprendre de toutes les musiques et ça peut donner des idées aussi, il faut savoir s’ouvrir. Elles ont toutes quelque chose d’intéressant, et souvent, il suffit de tendre l’oreille.
DN - Qu’est-ce qui a motivé ton besoin de partager tes connaissances ?
MC - Des chances extraordinaires, la chance des rencontres : Jean-Claude Guéna, mon premier prof, qui m’a tout donné. La chance de la jeunesse : à la Kevrenn Brest Sant Mark, certains m’ont également tout donné, je n’étais qu’un petit jeune, un petit mec, et pourtant j’ai eu des cours particuliers avec quasiment tous les sonneurs de cornemuse de la Kevrenn. La chance des opportunités : Jean-Claude Guéna me laissant sa place au Centre Breton d’Art Populaire de Brest, ça a été quelque chose de très fort, c’est là que j’ai fait mes premières armes de prof aussi. J’avais 16 ans, ça faisait 4 ans que je faisais de la cornemuse. J’ai adoré les élèves, j’ai adoré donner des cours, j’ai adoré donner, tout court et voilà ! Maintenant, c’est bien ancré. Et le fait d’être à Poitiers, de ne plus donner de cours, c’est là que je me rends compte à quel point c’est plus important pour moi que d’être sur scène. J’ai besoin de voir les élèves, de les voir progresser. En tant que formateur Divroet, je retrouve des gens qui en bavent, qui en veulent, c’est respect ! Il faut tout leur donner si on peut. Et quand on voit comme ils sont heureux après un stage, comme ils sont motivés, je crois qu’il n’y a pas de plus beau cadeau pour un formateur. C’est génial de donner envie de continuer à travailler, de perpétuer cette musique, j’adore ça.
« Des gens comme ça, qui s’intéressent à notre culture, il faut les garder ! »
DN - Tu composes également… avec une méthode bien à toi… tu veux nous en dire 2 mots ?
MC - Euh… j’ai plutôt tendance à garder ça pour moi ou alors à les partager avec Bernard Duperrier (très bon sonneur du Bagad de Bordeaux, je tiens à le préciser), … qui justement, a commencé la bombarde sans avoir de rapport avec la Bretagne ou la musique celtique et que je tiens à féliciter ! Petit message privé à tous les sonneurs : respectez bien ces gens-là parce que des gens comme ça, qui s’intéressent à notre culture, il faut les garder, il n’y a rien de plus beau pour moi qu’une personne qui n’a rien à voir avec notre culture et qui s’y intéresse, c’est respect. (Bravo Bernard)
Pour composer ? Je me lève un jour et je me dis : « arrête de rien foutre et compose un morceau ». J’essaie de prendre ce qui me plaît le plus dans la cornemuse, et à partir de la technique j’essaie de faire quelque chose de joli. Ça semble un peu bizarre mais je fonctionne comme ça, à partir d’ornements que j’aime jouer, je compose un morceau autour.
DN - Tes projets d’avenir
MC - Mon Diplôme d’Etat. Ce que j’aimerais bien aussi c’est de revenir sur Bordeaux avec ce diplôme et peut-être avoir la chance de trouver une école de musique et ouvrir une classe de cornemuse. Ce serait assez exceptionnel de faire ça en dehors de la Bretagne. C’est un petit challenge qui m’amuse un peu, il faut rêver… Et puis c’est de continuer de donner des concerts, de venir m’amuser avec les gens de Bordeaux, c’est aussi bête que ça. Prendre du plaisir et donner du plaisir.
DN - Quelles sont tes sources d’inspiration ?
MC - Les Stones, « of course ». Et en dehors des Stones, la Kevrenn Brest Sant Mark : ils ont toujours fait une musique un peu en dehors de la musique traditionnelle. C’est ce qui m’a permis également de rencontrer des gens comme Alain Trovel, Ronan Sicard, Christian Desbordes, Pierre-Yves Moign… Tous, des gens qui ont compté énormément pour moi, j’ai découvert et joué leurs compositions, leurs arrangements. Ce sont des personnes qui font une musique extraordinaire et qui ont une musicalité incroyable. Quelquefois, je réécoute des morceaux, je repique un passage ou une mesure et à partir de là, c’est parti, je brode. Je pars dans un « trip ».
DN - Ton petit mot de la fin
MC - Vive le Bagad de Bordeaux, vive tous les groupes Divroet ! Franchement, tout ce qui est en train de se passer en Divroet avec la BAS Divroet, je trouve ça génial. J’aimerais aider plus mais cette année c’est un peu délicat de trouver du temps. Mais bravo à tout le monde, il faut continuer comme ça ! Il y a un potentiel énorme et on va faire quelque chose de bien.
Sinon, pour finir, un petit hommage à des gens très importants pour moi : Jean-Claude Guéna, Jean-Luc Coadou qui n’a jamais compris pourquoi, Bernard Duperrier (je suis fan de Monsieur Bernard), et puis Céline (ma copine) que j’ai suivie à Bordeaux (les Bordelais, la prochaine fois que vous la verrez, il faudra vous prosterner devant elle !) et puis le Bagad de Bordeaux. J’aimerais rajouter le nom d’Alain Riou, batteur qui a révolutionné la caisse claire en Bretagne et vient malheureusement de nous quitter. J’ai eu la chance de le connaître et de jouer avec lui à la Kevrenn Brest St Mark. Un grand monsieur.
Élève de 3e au collège de Blanquefort, j’ai effectué un stage de découverte du monde professionnel. J’ai choisi de le faire en Bretagne car je suis passionné de musique bretonne (je sonne dans le pupitre bombarde au bagad de Bordeaux) et je désirais m’intéresser de plus près à la fabrication des anches de bombardes.
Yves-Marie Landrein est un facteur d’anches installé à Rosporden dans le Sud Finistère, avec Fabrice Lothodé. Ce dernier est bien connu puisqu’il est le penn-sonneur du bagad d’Auray. Ils ont créé une petite entreprise artisanale en juillet 2000 qui a pour nom KORZENN (roseau en breton).
Yves-Marie a bien voulu m’accueillir et m’encadrer pour me faire partager ses connaissances et le goût de son métier. Lors de mon stage, j’ai donc pu suivre, observer et découvrir les différentes étapes de fabrication des anches et je me suis rendu compte qu’il fallait beaucoup de minutie, de dextérité, de patience et de bonnes connaissances en mécanique (car certaines machines peuvent être dangereuses lors de leur manipulation) pour exercer le métier de facteur d’anches. C’est un apprentissage de longue haleine. Aucune école n’existe pour ce métier et c’est en le faisant qu’on l’apprend !
L’anche est le petit accessoire emboîté sur l’embout de l’instrument et qui va permettre de produire le son.
Dans le cas des anches doubles, elles sont destinées aux instruments à vent tels que bombardes, biniou, pistons, hautbois.
Les matières premières pour la fabrication des anches sont :
Elle consiste tout d’abord à bien sélectionner le roseau, c’est ce que l’on appelle le triage. Ensuite la mise en lamelles, le découpage du liège, le montage de l’anche. Toutes ces manipulations requièrent beaucoup d’habileté et d’expérience car pour obtenir un bon résultat final et fabriquer de bonnes anches, autant vous dire que l’opération est délicate. Cela relève d’un réel professionnalisme !
Je termine mon compte-rendu en vous conseillant le livre « Bombardes & Biniou : du facteur au bagad » édité chez LIBRIS dans la collection : Artisans de la terre (15 €uros environ) pour en savoir encore un peu plus sur les métiers de facteur et de lutherie.
PIERRE -YVES OLLIVIER
24 Rue Bout du Pont
29140 ROSPORDEN
Tel & Fax : 02 98 66 90 94
Autres facteurs d’anches
- RAUD Hubert : 20 rue des Quatre Vents 56400 AURAY
(02 97 24 03 39)
- LE NOAN Daniel : Rojou Du 22810 PLOUGONVER
(02 96 21 62 76)
- JEZEQUEL Hervé : Bretaudis, route d’Arzano 56250 PONT SCORFF
(02 97 32 65 94)
Dernière née dans ce journal, la rubrique « brique et brosse » vous propose de partir à la découverte de nos instruments.
Divroet New(e)z - D’où vient le uilleann pipe ?
Patrick Molard - Le uilleann pipe est un compromis entre la cornemuse et l’orgue. C’est une sorte de petit orgue positif qui fait partie de la famille des cornemuses qui ne se gonfle pas avec la bouche mais avec un soufflet comme d’autres cornemuses que l’on trouve dans le sud de la France, en Limousin, en Auvergne ainsi que dans le Nord de l’Angleterre, en basse Écosse. Le uilleann pipe est le plus connu d’entre eux.
C’est un instrument qui dérive de la musette de cour qui était jouée à la cour du Roi de France à l’époque du compositeur Lulli qui a beaucoup écrit pour cet instrument. C’était une petite cornemuse avec un soufflet. Les Irlandais s’en inspirèrent et le développèrent. Il existe sous sa forme actuelle depuis environ 1830-1850. Ce n’est pas vieux si on compare à la cornemuse écossaise qui est sous cette forme que l’on connaît, avec 3 bourdons, depuis environ 1700 (et qui, avant cela, existait déjà en Écosse avec 2 bourdons).
Le uilleann pipe a dû naître vers la fin du 18e siècle lorsque quelqu’un a eu l’idée de transformer la cornemuse en un instrument gonflé avec un soufflet, et de modifier les bourdons qui étaient tenus sur l’épaule pour les poser sur la jambe.
« Trois sources de sons : le levriad, les trois bourdons et les trois régulateurs »
DN - Comment ça fonctionne ?
PM - Il a deux caractéristiques majeures : d’abord, c’est un instrument que l’on joue assis. Ensuite, c’est un instrument doté de régulateurs : ce sont des tuyaux avec des clés qui permettent d’obtenir d’autres notes.
En jouant une mélodie sur le chanter, avec les bourdons et en appuyant sur les tuyaux avec le poignet, on obtient des accords, un peu comme un orgue si vous voulez ou comme un accordéon. Il y a donc trois sources de sons : le levriad, les trois bourdons et les trois régulateurs qui sont en fait comme des levriads mais au lieu d’avoir des trous il y a des clés. Ces dernières sont disposées de telle sorte que lorsque le musicien appuie dessus avec son poignet droit, cela produit des accords tout faits.
Dans le même temps il actionne le soufflet avec son bras droit et appuie sur la poche avec le bras gauche pour envoyer l’air. On ne peut pas jouer debout car les bourdons reposent sur la jambe justement pour permettre au musicien de pouvoir appuyer sur les clés.
Un autre aspect de l’instrument est que l’on peut faire des silences entre les notes, choses qu’on ne peut pas faire avec une cornemuse ou un biniou où le son sort en permanence, alors qu’en mettant le levriad du uilleann pipe sur le genou et en bouchant tous les trous, on obtient un silence. De cette façon, en levant les doigts un par un, on produit des notes détachées et pour être sûr que c’est bien étanche le musicien met un morceau de cuir sur sa jambe. Cela créé des possibilités fantastiques.
DN - Quel est le registre jouable avec un uilleann pipe ?
PM - En matière de notes, le uilleann pipe a une gamme plus étendue que la cornemuse ou le biniou car le fait de mettre le levriad sur le genou arrête le chanter et lorsqu’on appuie un peu plus fort avec le bras on fait passer l’anche à l’octave supérieur, donc on peut avoir deux octaves complètes un peu comme une bombarde qui monterait à l’octave. De plus le chanter est équipé de clés pour faire les demi-tons comme sur un piano. Avec cette gamme on peut jouer toute sorte de musique comme la musique traditionnelle, baroque, classique, jazz, de la variété. On peut presque tout jouer, on n’est pas limité par la gamme. On s’en sert beaucoup en musique irlandaise, bretonne comme le font Ronan le Bars ou Marc Pollier qui est un des meilleurs joueurs de uilleann pipe, très connu en Irlande, car c’est un maître du uilleann pipe de la génération de Ronan Le Bars. Il a déjà fait un ou deux CD de uilleann pipe et piano (c’est assez curieux). Le plus connu reste Ronan Le Bars, il a joué avec Dan Ar Braz dans l’héritage des Celtes et bien d’autres encore.
Le uilleann pipe est un instrument utilisé dans beaucoup de films : Braveheart, Titanic, la musique du film de Barry Lindon… C’est un instrument qui plaît beaucoup au grand public car il produit des sons doux, romantiques, on peut véritablement faire chanter l’instrument, les gens craquent en entendant le uilleann pipe. Rien à voir avec la cornemuse écossaise qui est beaucoup plus guerrière.
« Rien à voir avec la cornemuse écossaise qui est beaucoup plus guerrière »
DN - Existe-t-il des cours de uilleann pipe ?
PM - Tout le monde veut s’y mettre, beaucoup de personnes me téléphonent pour des cours parce qu’on trouve de plus en plus facilement des instruments.
Je donne des cours à l’école municipale de Carhaix. Il y a des gens qui n’hésitent pas à faire Brest/Carhaix ou même Rennes/Carhaix toutes les semaines pour prendre des cours avec moi. J’en donne depuis une quinzaine d’années ce qui fait que certains de mes élèves on pris la relève et donnent des cours dans différentes villes comme Brest, Redon…
J’organise des stages également comme à Ploemeur en mars dernier. D’habitude nous faisions venir des irlandais et cette année ça n’a pas pu se faire alors j’ai demandé à Marc Pollier de m’aider.
DN - Où peut-on se procurer un uilleann pipe, des anches, etc. ?
PM - J’appartiens à une association de joueurs de uilleann pipe qui est basée à Carhaix qui s’appelle « Gan Ainm » c’est de l’irlandais et ça veut dire « sans nom, sans titre ». C’est une association qui existe depuis une dizaine d’année et ce sont des gens qui se réunissent pour l’amour du uilleann pipe. On fait des stages, on joue, on discute de fabrication d’anches, de matériel.
On trouve des fabricants d’instruments un peu partout en Europe et en Amérique. Avant on ne pouvait en trouver qu’en Irlande et maintenant il y en a en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Angleterre et en France, notamment en Bretagne. Il y a un fabricant qui s’appelle Dominique Bougé.
Il y a un peu de tout, on ne trouve pas forcément de supers instruments. C’est comme pour tous les instruments de musique, il y a des grands noms et des gens moins connus. Pour moi, actuellement le plus grand et le meilleur fabricant de uilleann pipe, c’est un français qui habite en Irlande qui s’appelle Alain Froment. C’est lui qui a fait les instruments qu’on entend dans les films Titanic, Braveheart, etc. Il a fabriqué le chanter que j’utilise ainsi que celui de Ronan Le Bars. Il a commencé à étudier la fabrication du uilleann pipe vers 1983 et il s’est établi en Irlande et il est devenu tellement bon qu’il a eu beaucoup de clients. Il a fait des copies de vieux instruments parce qu’autrefois on ne jouait pas du même uilleann pipe que maintenant, le son était plus grave et plus doux. Quand les Irlandais ont émigrés aux États Unis vers 1900, ils se sont rendu compte que l’instrument n’était pas assez puissant pour être entendu dans les grandes salles de bal américaines, que l’instrument était trop intimiste.
En Irlande il est joué dans des petites salles, au croisement des chemins, en pleine campagne et qui ne portaient pas très loin. Ce sont les frères Taylor de Philadelphie qui on dessiné un tube de uilleann pipe plus aiguë et plus puissant. C’est le uilleann pipe qu’on entend maintenant qui est dans la tonalité de ré. Donc tout le monde joue en ré mais autrefois on jouait en do, en si, en do dièse, dans d’autres tonalités beaucoup plus graves et Alain Froment est de ceux qui fabriquent ces merveilleux instruments dans ces vieilles tonalités.
Non seulement il sait faire les instruments, mais il sait aussi faire les anches qui vont avec. Ce sont des anches en roseaux qui ressemblent à celles de cornemuse mais avec des lamelles trois fois plus longues et un long tube. Autour des lamelles, il y a une petite bague en laiton qui sert à ouvrir ou fermer l’anche à volonté.
DN - À ce propos, vous proposez des stages de fabrication d’anches ?
PM - Oui, c’est tout un art de fabriquer ces anches. Dans le cadre de notre association, nous faisons venir d’Irlande Alain Froment lui-même pour animer des stages de fabrication d’anches. Jusqu’à présent ça a été un succès. Les gens qui viennent à ces stages sont capables par la suite de fabriquer des anches pour leur propre instrument, ainsi que ceux des autres. C’est un peu comme pour les joueurs de hautbois, ils font également eux-mêmes leurs anches.
« Ce ne sont pas des instruments en série »
Le problème est qu’on ne peut pas entrer dans un magasin de musique et demander une anche pour son uilleann pipe, il faut la fabriquer soi-même ou la faire fabriquer. On ne peut pas non plus les commander en Irlande sur simple appel parce que chaque uilleann pipe est différent. Ce ne sont pas des instruments en série comme les bombardes ou les cornemuses.
Mais aujourd’hui, je connais des personnes qui ont suivi des stages avec Alain Froment et qui font d’excellentes anches. Alain nous a tout montré en stage. Ensuite, c’est une question de savoir-faire, de coup de main, d’avoir du bon roseau. Il y a des anches excellentes, qui marchent bien mais ce n’est pas donné à tout le monde. La différence avec celles de la cornemuse, c’est qu’elle doit monter à la deuxième octave, il y a plusieurs conditions qui doivent être réunies. Notamment avoir du très bon roseau pas trop dur pour avoir cette sonorité. On trouve du bon roseau dans le Var, en Espagne et en Californie. Dans ces régions ils font des plantations spécialement pour les instruments de musique (uilleann pipe, clarinette, hautbois….) Il faut qu’il provienne d’un pays assez chaud. Il faut avoir les adresses. Maintenant on peut trouver des informations sur internet. Par exemple sur le site www.napiobairi.com (les pipers), on peut y trouver une liste de tous les fabricants répertoriés à ce jour en Europe, aux états unis, au canada. Après c’est du bouche à oreille, on se renseigne, on fréquente les forums de discussion. Voici, par exemple, un site américain www.uilleannobsession.com sur lequel on peut poser ses questions (en anglais). On y trouve beaucoup de renseignements. Maintenant avec Internet, on a accès à toutes les informations.
Lorsque j’ai débuté, je devais prendre le bateau pour aller en Irlande et chercher les gens susceptibles de me donner les infos… Maintenant il suffit d’un coup de clic sur Internet. On trouve des instruments d’occasion, des annonces… Évidemment, il y a un risque de tomber sur un mauvais instrument mais ça s’apprend. Quand j’ai commencé, j’ai appris sur un instrument pourri (éclat de rire), ensuite j’en ai acheté un meilleur, et ainsi de suite.
DN - Existe-t-il des méthodes d’apprentissage ?
PM - Il existe quelques méthodes mais c’est difficile d’apprendre avec. Ça ne donne que quelques bases et très vite on s’aperçoit que les gens jouent différemment de ce qui est indiqué. On peut, pour quelqu’un de très isolé, se procurer des méthodes. La plus connue et la plus ancienne est celle de Léo Rowsome, piper très connu et décédé en 1970. C’est une légende dans l’histoire du uilleann pipe. Il a fait des instruments fabuleux dans les années 30/40, que tout le monde voudrait avoir. Alain Froment lui-même s’en est inspiré. Sa méthode (qui date des années 60) s’appelle Léo Rowsom’s tutor, méthode qu’on trouve encore. J’ai beaucoup appris avec, on y trouve le doigté, des partitions, les bases. Il y a aussi la méthode Clark accompagnée d’un CD, plus récente, qu’on trouve aussi dans le commerce en France, celle de Marc Pollier aux éditions Alain Pennec.
Un français, Marc Guilloux, qui travaille à l’association des piper de Paris propose également une méthode en ligne. L’association irlandaise Na Píobairí a tout un catalogue de méthode sur vidéo ou DVD. Ça fait pas mal de choses pour celui qui est paumé.
S’inspirer des méthodes, c’est bien, mais mieux vaudrait suivre des cours et des stages pour comprendre les finesses de jeu : à Paris l’association Na Píobairí de Paris basée à la mission bretonne, organise des stages et des cours régulièrement. En Savoie l’association Easter Snow (la neige de Pâques : c’est le nom d’un morceau de uilleann pipe) est une association de joueurs qui organise des stages pour les joueurs de uilleann. On trouve également une association dans les Ardennes qui organise des stages. C’est une grande famille.
Les stages ne sont pas annoncés partout. La communication ne fonctionne pas très bien. Mais, la personne à contacter pour les stages est Daniel Le Guevel.
DN - Qui peut jouer du uilleann pipe ? Tout le monde ?
PM - On peut commencer vers 11 ou 12 ans, avant les doigts ne sont pas assez longs pour boucher les trous. J’ai un jeune élève qui a démarré à 11 ans, il avait du mal au début. En Irlande c’est dans ces âges là que les jeunes commencent jusqu’à… pas d’âge limite. Il vaut mieux commencer jeune après c’est problématique.
Ce qui arrive souvent, ce sont des gens qui ont déjà fait de la cornemuse écossaise et qui se mette à jouer du uilleann pipe, il y a des parentés, des points communs mais il y a aussi beaucoup de différences qui peuvent perturber. Ce n’est pas réservé qu’aux hommes. En Irlande, il y a beaucoup de femmes qui en jouent même si c’est une minorité. C’est un instrument, au contraire de la cornemuse considérée comme un instrument de mecs, de guerrier, vu comme plus convivial, comme un instrument de salon.
DN - Comment entretient-on un uilleann pipe ?
« quand ça marche bien, on n’y touche pas, c’est la règle ! »
PM - Quand l’instrument marche bien, pas d’entretien comme on envoie que de l’air sec on n’a pas à mettre de produit dans la poche pour boucher comme pour la cornemuse. Ce sont des poches en cuir tanné et chromé à l’avance ou en skaï, aucun entretien ! Quant aux anches, la règle est que quand ça marche, il ne faut pas toucher sinon on commence à avoir des problèmes ! Il faut savoir que c’est un instrument qui ne supporte pas un air trop sec, contrairement à ce qu’on pourrait croire...
Ce n’est pas l’humidité l’ennemi, il y a juste qu’on ne doit pas souffler dedans avec la bouche car ce n’est pas bon pour les anches. Mais si l’air est trop sec comme en ce moment en Bretagne (j’ai un appareil pour mesurer la sécheresse), en-dessous de 50 %, les anches commencent à mal fonctionner parce que c’est du roseau et que ça travaille et s’il n’y a pas assez d’humidité, des fuites se créent et certaines notes ne sortent pas bien, alors on va toucher avec les doigts et c’est la catastrophe. Par contre, si l’humidité est au-dessus de 50 %, le roseau gonfle légèrement et se met à bien fonctionner, il n’y a plus de fuites et tout marche bien.
En Bretagne et en Irlande le taux d’humidité est génial, par contre en Savoie par exemple, il fait trop sec et ils ont des problèmes avec leurs anches (en Amérique aussi). Personnellement, quand l’air est trop sec, je ne sors pas mon instrument j’attends que l’humidité soit normale ! Ce sont des choses qu’il faut savoir.
Alors ne pas oublier : « quand ça marche bien, on n’y touche pas c’est la règle » ! Alors que pour la cornemuse il faut refaire les fils, mettre du produit dans la poche, il y a un petit entretien quand même. Le uilleann pipe ne nécessite pas d’entretien, il faut éviter les extrêmes, ne pas le laisser en plein soleil en été ou devant le radiateur ou encore dans une cave pleine d’humidité.
Pour les clés, Alain Froment a trouvé la solution, il fait des clés en inox. Un coup de chiffon et ça brille sinon pour les autres matières il faut utiliser des produits du commerce.
l’association Gan Ainm
Site :http://www.pipe…
(Adresse du président)
Kerniguez
29270 Carhaix
Dédicace :
“Le Comité des Fêtes de Cornouaille, je crois, m’avait demandé, au milieu des années 60, de composer un nouvel air pour les Reines de Cornouaille (une marche plus ancienne existe, pas laide d’ailleurs). On l’a, bien sûr, sonné à Bleimor; il a été thème obligatoire une année (j’ai oublié laquelle) au Championnat à Brest. J’ai le souvenir de mon émotion de la jouer au milieu de plusieurs milliers de sonneurs dévalant la rue de Siam en triomphe. Ensuite, en 1979, comme Bugul ar Yeun Elez et un troisième thème, j’ai inclu cette marche, rebaptisée Dilestrañ, dans ma Symphonie Celtique. Je ne sais plus si c’est ce thème, ou Enez al loc’h, que quelqu’un m’avait accusé de l’avoir piqué au bagad de la Lande d’Ouée… croyant que c’était eux qui l’avaient composé … C’est un thème qui fait bien partie de l’école des marches 6/8 lancée par Herri Leon, Donatien Laurent, et d’autres, faisant passerelle entre musique plutôt vannetaise et musique gaélique. Pour les sonneurs, qui restent ma famille, parce que la musique de bagad m’a définitivement "déformé", parce que mes amis sont pour une bonne part de ce milieu : kalon vat deoc’h ”
Alan Stivell Cochevelou
Cet album de 4 titres comporte trois suites traditionnelles arrangées pour bagad + claviers + programmation rythmique et une composition. Vous pouvez voir dès à présent la pochette sur bagadou.org et des extraits seront bientôt en ligne sur le site du bagad.
Le CD est disponible en commande (13 € frais d’envoi inclus) auprès de :
Alain Drézen
Ker Amiel
10 rue aux trois alouettes
67500 Haguenau
(ne pas oublier d’indiquer l’adresse d’expédition de votre CD)
Les airs sont des trad. qui viennent d’un peu partout sur la planète celtique, mais aussi d’au delà des frontières de sel : Grèce, Norvège… sur des fonds de basse mœlleuse comme un croissant chaud et frais, McManus fait courir des arpèges clairs et gracieux aux sonorités très évocatrices / celtiques… et puis soudain, c’est la basse qui passe au 1er plan et McManus devient alors un accompagnateur discret. Les deux instrumentistes mélangent leurs sons, deux lignes qui se croisent, se mêlent, à la façon d’un entrelac celtique. Il n’y a pas de "vedette", mais deux musiciens qui font part égale (c’est assez rare avec un bassiste).
Ajoutez à cela une prise de son vraiment extraordinaire (comme très souvent chez Greentrax Records), et vous aurez peut-être entre les oreilles le CD de l’année !
"Époques" est le premier album du groupe Elixir depuis sa création en 1999.
Subtile alchimie entre certaines branches de ce que l’on appelle communément la musique folk, cet album vous invite à travers ses textes, ses mélodies et ses danses à découvrir l’histoire d’un jeune chevalier déchu, du nom de Thibaut, recherchant sa belle à travers le temps.
Laissez-vous donc emporter à votre tour à travers les époques…
» Pour acheter l’album en ligne : www.groupe-elixir.org
Et « en avant » ! Ce nouvel album s’inscrit pleinement dans la volonté du groupe à concevoir une musique d’inspiration traditionnelle à la fois populaire et dans l’air du temps. Gwendal, c’est à la fois la richesse des sonorités, l’inattendu toujours présent dans les compositions et les arrangements : une musique qui respire.
Ils reviennent ici avec une musique entraînante, pure et évocatrice, aux influences ibériques. À découvrir.
Pour son premier CD, Régis Huiban s’évade du carcan traditionnel et donne la part belle à l’improvisation. L’accordéoniste atypique puise dans la mémoire collective et peint une musique bretonne en bleu … en nuit bleu, en bleu jazz.
Au sein de son quartet, le piano à bretelles partage ses plus belles notes avec la guitare de Philippe Gloaguen, la contrebasse de Julien Le Mentec et la batterie de Loïc Larnicol.
Soufflet de l’enfer, instruments de bals et des terrasses des cafés, boîte à sanglots, boîte à frisssons, tantôt folk, tantôt musette, le voici aujourd’hui instrument de jazz breton. Régis Huiban le revendique comme tel.
» Renseignements et extraits disponibles sur son site officiel
Tout dernier CD en live de Brieg.
Enregistré au centre culturel de l’Arthémuse à Brieg le 13 mars dernier, il a été produit par Keltia Musique.
Sa sortie est prévue pour le 29 mai prochain.
» Pour se le procurer, bagad.brieg@….
Quelle est la différence entre une veuze et un biniou ?
La veuze brûle plus longtemps.
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