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Bimestriel - Numéro 6 - Novembre 2005
C’est au moment de quitter ma fonction de secrétaire de notre association que je mesure le chemin parcouru depuis que je me suis proposé à ce poste.
Cette année-là, notre association Divroet vivotait bon gré mal gré, tirée par une équipe volontaire et motivée mais n’ayant pas derrière elle l’adhésion des instances nationales et peu d’adhérents.
C’est alors qu’une équipe s’est fédérée autour de notre président, la 11e Brouette, avec pour objectifs de faire bouger les choses et les gens avec une idée commune : « Faire valoir cette identité spécifique qui est la nôtre », « être des Bretons en dehors de Bretagne ».
Volontaire pour occuper le poste de secrétaire, j’ai vu arriver au sein du bureau une équipe multifonctions et « multi » polyvalente. Penn pognon au tiroir-caisse, Momo à la communication, Y. en charge du site Internet et bien d’autres encore qui ont su apporter par leurs qualités et leurs engagements une multitude de choses vitales à BASD.
Comme secrétaire, la tâche ne fut pas facile. Beaucoup avait été fait par mon prédécesseur François Baldi, mais beaucoup restait à faire.
Ce fut successivement :
De ce poste, j’ai vu se construire une association forte, dynamique, j’ai vu naître une synergie commune tendant à un seul but : faire vivre BASD.
Toutes ces évolutions, ces avancées, cette cohésion me laissent à rêver.
Celui de voir BASD devenir une branche forte de BASN,
Celui de voir BASD représenter au C.A. avec les mêmes droits que les autres sections de BASN,
Celui de voir se créer une équipe BASD de formateurs musicaux rémunérés par nos soins,
Celui enfin de voir nous rejoindre l’ensemble des bagadoù hors Bretagne.
Bien sûr tout cela n’est qu’un rêve mais un rêve qui tout doucement devient réalité.
C’est désormais à mon successeur et au bureau de poursuivre l’œuvre engagée.
À tous je dis bon courage, bonne chance et bonne route car tel le Phoenix qui renaît ses cendres BASD revient à la vie.
Jean-Marc Richard, ex-secrétaire de l'association
Ah là là ! C'est qu'on n'était pas très en avance ce bimestre-ci, pour publier le Divroet New(e)z. Cela n'excusera pas beaucoup, mais on vous le dit quand même : on n'en est pas très fiers.
La rentrée professionnelle et la rentrée musicale ont été très chargées pour plusieurs d'entre nous, ralentissant d'autant l'avancée des articles. À ceci, il aura fallu rajouter la mobilisation de certains autres de l'équipe sur la préparation du stage fédéral et de l'Assemblée Générale de notre belle fédération.
Nous espérons que vous trouverez par ailleurs toujours le même plaisir à parcourir nos articles. Bonne lecture.
Pibette et Momo
Et pour cause ! Les 12, 13 et 14 mai 2006 se déroulera dans la ville de Strasbourg la plus grande manifestation de musique celtique qu'on ait encore jamais organisée : Euroceltes. En (grande, très grande) collaboration avec le Bagad Kiz Avel, nous avons souhaité créer un véritable spectacle au cours duquel " s'affronteront " des formations musicales divroet avec concours de sonneurs en couple (braz et kozh), de bagadoù et de pipe-bands. La ville de Strasbourg est partenaire de l'événement.
En plus de toutes les formations divroet, sont attendus des invités d'honneur comme le Pipe-band Strathclyde Police Glasgow, le Bagad Lann Bihoué, et quelques uns des plus grands bagadoù bretons de 1e et 2nde catégorie, ainsi que Les Chum’s...
Vendredi 12 au soir : spectacle de bagadoù bretons et les chum’s.
Samedi 13 auront lieu :
le matin le concours couples débutants, et l’après-midi celui des confirmés;
c’est aussi l’après-midi que se déroulera le tant attendu concours des bagadoù divroet;
puis en fin d’après-midi un grand défilé des sonneurs et danseurs divroet dans les rues de Strasbourg (sont attendus pas moins de 600 sonneurs et danseurs);
le samedi soir se déroulera un grand fest-noz avec la représentation du bagad Lann-Bihoué, et de tous les bagadoù divroet, avec la remise des coupes des concours de l’après-midi.
Le dimanche matin se déroulera le concours pipe-band divroet avec remise des prix.
Une inscription en 2 étapes :
Tout d’abord remplir une fiche de pré-inscription (à retourner avant le 15 décembre 2005) qui va permettre d’évaluer le nombre de candidats par concours et de préparer au mieux leur accueil. Ce n’est qu’une estimation à réaliser par les groupes.
Il y aura ensuite l’inscription nominative qui sera accompagnée de la participation aux frais de chacun des concourants. (entre le 16 décembre et le 1er avril 2006 – passée cette date, aucune inscription ne sera plus acceptée).
L’inscription comprend l’accès aux concours, l’hébergement du samedi soir, les repas du samedi et celui du dimanche midi, ainsi qu’un T-shirt souvenir. Il est possible de demander à être hébergé dès le vendredi soir.
La participation à ce week-end de rencontre est fixée à :
• 50 € par personne pour une inscription avant le 1er février (20 € de plus si arrivée le vendredi)
• 70 € par personne ensuite (et 28 € de plus pour un hébergement dès le vendredi)
Les pré-inscriptions et inscriptions nominatives sont à envoyer à : EUROCELTES 2006, 2 rue du Kefferberg, 67120 ERGERSHEIM.
Les chèques sont à libeller à l’ordre de : "Euroceltes 2006".
Le règlement du concours pipe-band, le programme détaillé ainsi que les fiches d’inscription sont disponibles sur le site d’Euroceltes : http://www.euroceltes2006.org
Tous les ans, une même question est sur certaines bouches : l'AG de BAS, à quoi ça sert ?
AG ? ... C’est le petit nom pour Assemblée Générale Ordinaire. Mais c’est plus qu'une réunion ordinaire.
En effet, l'AG symbolise un évènement bien particulier dans la vie d’une association : le départ d'une nouvelle saison.
L'AG d'une fédération a trois buts précis : informer ses membres, donner la parole à ses membres et élire les représentants de ses membres.
Avant tout début de saison, il est nécessaire de faire le bilan de l'année passée. C'est pendant ce bilan que les groupes voient les actions effectuées par la fédération, la synthèse des projets de l'année passée (les réussites, les échecs) mais aussi l'état financier de la fédération. À la fin de ces comptes-rendus, vous êtes invités à donner votre approbation (ou désapprobation) à la gestion de l'année écoulée, sur les activités réalisées et le résultat de l'exercice financier.
Dans un second temps, la fédération présente les chantiers en cours ou qu’elle se propose d’engager, les objectifs moraux et financiers de l'année à venir. Cette étape permet aux membres de la fédération de se tenir informés du cap que souhaite prendre sa fédération. Vous êtes amenés à donner votre point de vue et votre approbation par vote sur ces lignes directrices.
Comme dans toute association, les membres ont bien sûr le droit à la parole, et une partie de l’AG est donc consacrée à leur laisser la parole. Durant cette phase, il est donné à tous les membres la possibilité de poser des questions ou de formuler leurs remarques ou suggestions. Cette phase de l'AG est de loin la plus enrichissante car elle permet, en mettant en relation directe les membres et les élus, de parler plus concrètement de la vie quotidienne de la fédération, et des éventuels questions ou projets des sonneurs.
Vient la traditionnelle étape de l'élection des nouveaux représentants. Peut se présenter à ces élections toute personne appartenant à une association à jour de cotisation auprès de sa fédération. C’est ce nouveau bureau nouvellement composé qui s’organisera pendant toute la prochaine saison pour répondre aux attentes des membres et veiller à la bonne gestion de la fédération.
Sachez également que c’est à vous que reviendra chaque année de donner les directives à suivre aux administrateurs de la fédération.
| LES MEMBRES ÉLUS | TITRE | BAGAD | |
|---|---|---|---|
| Joël LUCAS | Président | Bagad Keriz | president[a]divroet.org |
| Jean-Pierre REBAUD | vice-président | Bagad Pariz TAV | vice-president[a]divroet.org |
| Florian NICOLAS | vice-président - formation | Bagad Brieg | formation[a]divroet.org |
| Bruno HEBERT | membre - formation bombarde | Bagad Pañvrid | |
| Mikael COZIEN | membre - formation cornemuse | Bagad Ker Vourdel | |
| Julien BERGERON | membre - formation caisse claire | Bagad Keriz | |
| Isabelle QUEMENEUR | vice-présidente - trésorerie et financements | Quimper(29) | tresorier[a]divroet.org |
| Jean LE BRONEC | membre - trésorerie et financements | Bagad Ker Vourdel | |
| Françoise GAUTHIER | vice-présidente - affaires administratives | Bagad Keriz | secretaire[a]divroet.org |
| Jean-Marc RICHARD | membre - affaires administratives | Bagad Melen ha Gwen | |
| Harmonie PICHON | membre - affaires administratives | Belfort | |
| Yoann LEGOFF | Vice-Président - systèmes d'information | Kevrenn An Arvorig | |
| Pascal SOUCHOIS | membre - webmaster | Bagad Dalc'h Mat | webmaster[a]divroet.org |
| Yannick MARCHEGAY | membre coopté - systèmes d'information | Breizh en Oc | |
| Corentin RENAUD | membre - systèmes d'information | Bagad Roazhon | |
| François LE GALL | membre - systèmes d'information | Sonerien bro Dreger | |
| Natacha BARCELO | Vice-Présidente - communication | Bagad Dalc'h Mat | communication[a]divroet.org |
| Monique LE BRONEC | membre - communication | Bagad Ker Vourdel | |
| Anne RIOU | membre - communication | Bagad Keriz | |
| Laure DEFAUWE | membre - relations danse | Bagad Melen ha Gwen | |
| Frank Coadou | membre coopté - collectage partitions | Breizh en Oc |
Divroet New(e)z : depuis quand la Kevrenn existe t'elle ?
Loïc Nicolas : la Kevrenn existe depuis 1927 et à été crée par Louis Gallouedec, un breton originaire de Morlaix et Maire de Saint Jean de Braie, près d'Orléans. L'union Bretonne du Loiret permettait aux bretons venus travailler dans la région orléanaise de se retrouver au sein d'une communauté. Très vite, les danseurs ont souhaité bénéficier de la présence de musiciens traditionnels et quelques membres de l'association ont appris la musique " sur le tas ". En 1955 Monsieur Pecaud a créé le bagad avec 2 cornemuses, 5 bombardes et 2 tambours. Petit à petit la kevrenn s'est étoffée et à une certaine époque elle a même joué en 4e catégorie ! Puis de 40 musiciens, l'effectif est descendu à 2 au départ du leader. Jusqu'en 1996, ces 2 sonneurs ont tenu la barque et joué en couple pour les danseurs. Petit à petit il y a eu de nouveaux arrivants. Maintenant l'effectif est d'environ 50 personnes dont 27 au bagad. Pour la Kevrenn, le point fort est de pouvoir évoluer et se produire avec notre Cercle.
Notre association accueille aujourd'hui tous ceux qui aiment la Bretagne et qui veulent aider à promouvoir la culture bretonne sous toutes ses formes (danse, musique, chant, langue...).
« Un bagad sans cohésion part en déliquescence rapidement »
DN : quel est ton rôle en tant que Penn Soner ?
LN : c'est avant tout un rôle de cohésion. Il y a un an et demi que je dirige le bagad. Le Penn précédent quittait ses fonctions pour des raisons personnelles et en concertation avec le président de l'association, ils m'ont jugé le plus apte à reprendre les rênes. Pour moi, je n'étais pas le "meilleur" musicalement parlant, mais j'avais ma place dans le pupitre bombarde et je m'entendais bien avec pas mal de monde. Ça m'a permis de maintenir le groupe. Un bagad sans cohésion part en déliquescence rapidement et je sentais bien que si je ne faisais pas ce travail de "synthèse" très rapidement, le bagad allait se dissoudre, et on se retrouverait comme en 1987 avec 2 ou 3 sonneurs et peu de moyens.
Mon premier travail a été de ressouder le groupe et d'y trouver ma place en tant que Penn. J'avais et j'ai toujours beaucoup de choses à apprendre. Quitter la situation confortable que procure le groupe pour passer de l'autre coté et mener l'ensemble n'a rien d'une sinécure ! Certaines personnes m'ont aidé sur la façon de mener, de mieux m'exprimer pour faire comprendre ce que je voulais et grâce à un sonneur de cornemuse j'ai appris à accorder.
De plus, je m'occupe de gérer la partie musicale des sorties en collaboration avec Cécile notre chorégraphe. L'aspect relationnel n'est pas toujours simple. Il faut arriver à tirer le meilleur parti de tout un chacun et motiver les gens pour les sorties car on est tous bénévoles et elles sont fréquentes surtout le week-end. Mais ces sorties nous font travailler et nous permettent d'intégrer les débutants. Et puis il y a aussi l'aspect financier qui n'est pas négligeable pour les groupes divroet. Ce sont là les seules ressources avec les cotisations que nous investissons aussi bien au niveau de cercle que du bagad et gérons les dépenses de l'association. Je m'occupe également de la formation des débutants en bombarde, de gérer le matériel et les investissements pour le bagad, et puis je suis au bureau de l'association.
DN : quels sont vos projets en matière de concours ?
LN : certains d'entre nous ont fait des concours mais à titre individuel. Le premier concours auquel nous avons participé après ses années sans est celui de BAS Divroët en 2003 à Courbevoie. Ce fut un bon moment car cela nous a permis de prendre conscience que, en matière de musique, on a un certain niveau et pour pouvoir en juger il faut se comparer à d'autres. Il s'avère qu'on n'était pas si mauvais que ça et qu'en travaillant, on pouvait faire des choses correctes. L'autre côté positif de ce concours fut de se retrouver avec d'autres bagadoù, de participer à une fête qui était devenue trop rare au niveau de Divroët. On a la chance aujourd'hui d'avoir une structure qui tourne bien et répond aux attentes de ses adhérents. Cette année, nous jouerons à Strasbourg pour Euroceltes 2006, l'optique étant de se présenter à Carhaix en 2007 au concours de 5ème catégorie.
« Ça permet d'avoir un esprit de famille »
DN : vous répétez où et quand ?
LN : nous avons des locaux qui nous sont prêtés par la commune d'Orléans, en centre ville, sous la patinoire. Mais nous avons des problèmes en terme de place. Il y a 2 ans nous avons perdu 60% de la place qui nous était allouée. Nous répétons donc le mercredi et le vendredi soir. Le mercredi est consacré aux débutants et au travail en pupitre. Depuis septembre, les confirmés et les intermédiaires ne travaillent plus sur ce créneau. Cette soirée est désormais consacrée aux débutants pour leur offrir des conditions optimales pour apprendre. Le vendredi nous alternons le travail de pupitre et le travail d'ensemble. Nous répétons à la Maison des Provinces en pupitre bombarde et cornemuse et dans une association qui s'appelle Musique et Equilibre où nous adhérons pour que les percussions et caisses claires puissent travailler dans de bonnes conditions.
Un vendredi sur deux nous répétons en ensemble. La première partie de soirée est consacrée aux airs à danser pour les sorties et en fin de soirée nous jouons pour le cercle en travaillant sur la chorégraphie.
Deux week-ends par trimestre nous louons des salles à l'extérieur pour travailler avec le bagad et le cercle. Le samedi on travaille en pupitre, le dimanche matin en ensemble et l'après-midi avec le cercle. Ces journées de répétition sont aussi nécessaires pour souder le groupe parce qu'on se voit en dehors d'une répétition classique. Chacun amène son pique-nique, ce sont des moments sympas où on discute, les gens amènent leurs enfants et leurs conjoints, ça permet d'avoir un esprit de famille. C'est important, ça permet de souder les gens. C'est 80% d'entente qui fait un groupe. Après c'est le travail à côté qui fait le reste.
DN : quel est votre répertoire ?
LN : des airs à danser, des marches. Pour les airs à danser nous n'excluons aucun terroir. Nous jouons surtout des gavottes montagnes (on préfère ne pas jouer des gavottes de l'aven ou bigoudènes techniquement hors de notre portée) et tout ce qui est pays vannetais : andro, hanterdro, laridé et aussi des mélodies et des marches. Beaucoup d'airs de notre répertoire proviennent de recueils de morceaux, des partitions du Ar Soner,… Nous n'avons pratiquement pas de compositions, un petit peu d'arrangements sans plus.
Notre groupe n'a pas les capacités pour écrire et arranger complètement, bien qu'on ait des personnes capables de faire des arrangements en cornemuse et bombarde ou de déchiffrer et transposer des partitions.
Nous avons demandé l'aide de Florian NICOLAS, qui nous a écrit une suite de gavottes Rouzic. Cette suite présentera une version longue pour la chorégraphie de notre cercle et une version courte pour le concours des Euroceltes à Strasbourg. Autrement, chacun vient avec des airs ou des idées en début d'année, certains composent ou réarrangent des marches et les proposent. On examine tout ça ensemble.
Les suites que nous jouions avant cela pour nos danseurs, étaient une synthèse de nos airs agencée pour la chorégraphie.
Aujourd'hui, on essaie aussi de varier les instruments en intégrant une bombarde en La, un kozh en La, une veuze en sol...
DN : le recrutement de bagad est essentiellement Breton ?
LN : autrefois des statuts très exclusifs imposaient le recrutement de personnes d'origine bretonne uniquement, nés de parents, voire de grands-parents bretons !! Nos statuts ont heureusement changé sur ce point. Au regard de ça, la kevrenn regroupe aussi bien des gens qui viennent de Bretagne où ils sont nés, des gens qui sont descendants de Bretons installés à Orléans, des gens du Poitou, d'Orléans même, qui ne sont pas de racines bretonnes, que des gens qui sont amenés à s'y déplacer pour le travail. Dernièrement nous avons intégré des gens qui venaient de Roanne et qui jouaient au bagad Avel Mor.
DN : quel est le nom de la Kevrenn Orléans ?
LN : l'association s'appelle aussi Union Bretonne du Loiret, mais nous préférons celui de Kevrenn. Sa devise : " Evit Brud Ar Vro " (Pour la renommée du Pays). Par contre nous cherchons à donner une image du bagad et du cercle. Nous n'avons pas de logo et nous réfléchissons pour en trouver un qui soit représentatif.
Nous avons un site qui est en rénovation et on aimerait bien le faire évoluer, mettre des morceaux de musique, un trombiniouer pour l'agrémenter. Pour le moment il est assez statique, on y trouve quand même les sorties ou les événements marquants mais nous souhaiterions le rendre plus vivant. On va essayer de faire en sorte que des personnes du bagad aident les deux webmasters à la gestion du site pour faire bouger les choses !
Au niveau du bagad ça avance mais au niveau de l'association il y a beaucoup à faire. Des idées, nous n'en manquons pas, par contre les projets n'aboutissent pas aussi vite que je le souhaiterais. Certains ne s'impliquent pas au même niveau que les autres, et cette attitude "consommatrice" m'agace. Je n'en avais pas conscience de l'extérieur. En prenant la direction du groupe, on doit être non seulement locomotive, mais aussi pousser les wagons !
Souvent les gens sont capables de pleins de choses, ils se mettent un peu en retrait. Je vois souvent ça au niveau de la musique. Ce que j'essaie de faire dans les répétitions, c'est de faire participer des gens qui sont un peu en retrait. Par exemple, une bombarde et une cornemuse qui n'ont pas l'habitude du jeu de couple, jouent devant leurs compères. Parfois cela capote, mais les gens prennent confiance.
DN : vous avez un nouveau gilet, il a une histoire ?
LN : notre première préoccupation était de renouveler nos gilets qui avaient une quinzaine d'année et étaient en bout de course. Après accord du Conseil d'Administration, un petit groupe de travail s'est constitué. Puis nous avons fait participer tout le bagad. La première réunion a fait ressortir la motivation de chacun, la seconde chacun est venu avec son dessin, ses couleurs, ses idées et la 3e a permis de bâtir un prototype. Il fallait que l'on trouve une tenue cohérente et compatible avec le cercle qui évolue en costume de Crozon. Les costumes des hommes ont une couleur bleue qui se rapproche du bleu glazik. Donc on est parti sur cette couleur dominante avec un drap de laine bleu, un plastron noir en velours, un col de même matière et pour rehausser le tout, les couleurs de la ville d'Orléans, or et rouge. Nous avons trouvé un galon à ces couleurs pour border le plastron et le col avec une partie en rappel derrière le cou, et bien sur deux rangées de boutons dorés, placées sur le plastron en velours !
Nous avons demandé l'aide de Paul Balbous, brodeur à Edern (près de Briec), pour le reste nous avons écumé les magasins de tissus de la région Centre et de l'Ile de France. Pour la conception, c'est notre amie Jacqueline, qui a consacré 5 week-ends pour bâtir nos gilets. Ce qui n'était qu'une idée lancée en novembre 2004 a pris corps en février 2005, en seulement trois mois ! Nous les avons inaugurés pour les fêtes johanniques le 8 mai dernier, pour les 51 ans du bagad. C'était un projet un peu ambitieux car il fallait être réactif. Ça a beaucoup contribué à l'identité du groupe. Lorsque nous avons joué devant Soldat Louis, j'ai eu l'impression qu'un réel esprit de groupe s'était formé, chose que je n'avais pas remarqué auparavant. Quand tu diriges c'est sûrement la chose la plus valorisante, tu fais vraiment communion avec tout le monde. Et ce jour là on a joué une heure, super bien accordés, tout le monde était là. Ca s'est super bien passé et ce fut un moment très fort. Il y a un an on n'aurait pas vécu ça. Des choses toutes bêtes comme faire les accords qui étaient laborieux se font plus facilement. Les gens travaillent et ça avance.
DN : quels sont les projets d'avenir pour la Kevrenn ?
LN : on va travailler la suite Rouzic pour que le bagad continue de progresser. Cela va aussi permettre au cercle qui est en seconde catégorie, de présenter une nouvelle chorégraphie en concours pour War'l Leur. C'est pour l'ensemble des musiciens et danseurs l'occasion d'apprendre les airs et danses d'un autre terroir. La suite sera bâtie avec une marche, une mélodie, une gavotte et un jabadao, suivis d'une danse du pays Léon.
Travailler pour le cercle et progresser ensemble est un pari ambitieux. Pour ce qui est des concours en Bretagne, Carhaix me semble un objectif possible dans deux ans, ce sera une étape décisive pour le groupe. Ce qui est positif c'est qu'on est toujours en accroissement, après une période de vache maigre avec une dizaine de personne qui sont parties.
On essaie aussi de fédérer d'autres sonneurs de la région. Des collègues de Tours nous ont ainsi rejoint dans l'aventure alsacienne d'Euroceltes. Autrefois il y avait 6 bagadoù sur la région centre, il y a 20 ans de ça, maintenant il n'en reste qu'un, sachant qu'à Blois et Tours il n'y a pratiquement plus personne. On essaie aussi de fédérer les gens qui gravitent autours de nous. Il n'y a rien de plus triste quand on aime sonner en bagad de se retrouver seul. Ça va être l'occasion de créer un noyau dur dans la région Centre.
« Il n'y a rien de plus triste quand on aime sonner en bagad de se retrouver seul »
Ça a été assez dur pour nous mais ça fait 2 ans qu'on fait des sorties intéressantes et qu'on recrute. Il faut poursuivre, malgré nos difficultés matérielles, la formation des débutants afin qu'ils intègrent le bagad dans de bonnes conditions. Au niveau percus, comme beaucoup de groupes divroet, nous souffrons de leur absence. Nous avons un des percussionistes d'un groupe de musique qui nous donne un coup de main. A l'heure actuelle nous n'avons que 2 caisses claires.
Le bagad ne doit pas se reposer sur ses jeunes acquis, il faut aller plus loin, avec les moyens qui sont les nôtres.
La Maison des Provinces d'Orléans
02 38 53 83 00 ou 02 38 53 90 30
Email
23ter, Boulevard Jean Jaurès
45000 Orléans
sous la Patinoire (Complexe du Baron).
Répétitions :
- mercredi - 20h45 à 23h00
- vendredi - 20h45 à 23h00
Il y a deux ans, à Menez-Meur, après la prestation de l'ensemble Bombarde "Sonerien Bro Divroet", un jeune sonneur de Bretagne nous a demandé d'où nous étions. A sa question, nous avons répondu que notre groupe était issu de talabardeurs de plusieurs bagadoù divroet, tous hors Bretagne. Il semblait étonné, et puis il a dit " en tout cas, c'était sympa ce que vous avez sonné ! " et pour moi ce fut la plus belle récompense !
Divroet New(e)z - tu joues de la cornemuse depuis combien d'années ?
Bruno Le Rouzic - Je n’ai jamais vraiment compté. Ça fait… à peu près 35 ans. Mais pourquoi de la cornemuse ? ... Bien avant de commencer à sonner, je faisais déjà partie d'un cercle celtique, je chantais en fest-noz avec des copains, … Je pense que c'est la puissance de ce son qui m'a attiré, sa puissance et puis sa majesté esthétique. Et puis… il faudrait peut-être que je m'allonge un jour sur un divan pour parler de ce désir d'affirmation auquel je me suis heurté à cette époque… Hum !
« c’est la puissance de ce son qui m’a attiré »
DN - Et au sein du bagad Bleimor (dont tu as dirigé le pupitre cornemuses pendant un temps, si je ne me trompe) ?
BLR - J’ai appris à jouer au Bagad Bleimor au début de la renommée d’Alan Stivell vers les années 70.
J’y suis resté juste assez longtemps pour prendre la suite à la tête du pupitre cornemuse quand Hervé Renault, le successeur de Alan Stivell, est parti… avant d’entreprendre mon service militaire à Lann Bihoué.
Après quoi j’ai réintégré la tête du pupitre cornemuses de Bleimor pour 2 ans, pendant que Youenn Sicard dirigeait le bagad. C’est à peu près à ce moment, riche de l’enseignement de Lann Bihoué, que j’ai commencé à m’intéresser de très près à la musique de couple qui me plaisait énormément, de plus j’avais une fringale de sonner et l’envie de faire des tas de choses différentes.
Jouer en bagad, au rythme de 40 personnes, ne me permettait pas d’assouvir cette fringale donc je suis parti. Mais j’en garde un excellent souvenir. Il faut dire qu’au niveau de la musique traditionnelle, Bleimor était un vrai plaisir. Je croise toujours les personnes qui en ont fait partie avec la même amitié au cœur.
DN - Tu as déjà travaillé avec I Muvrini, Manau, Roch Voisine, Excalibur, Catherine Lara, ... Comment adapte-t-on une cornemuse en si bémol dans un univers et un registre musical si riche ?
BLR - Ce n’est pas facile, n’est-ce pas ? (sourire) … c’est pour ça que j’ai fait fabriquer une cornemuse spéciale en « Do », puis une cornemuse en « La » sur laquelle j’ai fait fixer des clefs de clarinettes pour avoir des demi-tons. C’est Georges Bothua qui a réalisé pour moi ce travail de folie ! Je joue également des whistles, tin et low. Ceci pour rejoindre différentes tonalités parce que le si bémol, c’est finalement très peu utilisé sur scène. Alors on s’adapte ! On innove, même, quelquefois…
DN - Voudrais-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenirs de scène ? C’était avec qui ?
BLR - En fait j’en ai plusieurs :
Un de mes meilleurs souvenirs de scène c’est une tournée fabuleuse avec Gildas Arzel puisque d’une richesse humaine rarissime, un grand souvenir. Jean-Jacques Goldman (qui est fan de ce que fait Gildas) avait rejoint l’équipe comme guitariste choriste le temps de la tournée.
Gildas Arzel est un guitariste ainsi qu’un chanteur très talentueux, qui fait des choses très belles et compose des chansons pour d’autres. Au regard de la qualité musicale exceptionnelle, cette tournée n’a pas eu le succès qu'elle aurait mérité de rencontrer. L’esprit était simple, nous étions 6 sur scène, le concept était de jouer tous les morceaux ensemble ! Comme Gildas attache énormément d’importance aux chœurs, c’est comme ça que, de fil en aiguille, je me suis vu élevé au rôle de choriste sur tous les morceaux où je ne jouais ni de la cornemuse ni du whistle. Un grand moment !
Mais je suis retourné depuis avec Royal de Luxe. Et cela m’a rappelé tant de choses !
Une émotion à fleur de peau, une poésie qui flottaient dans les airs… ah ! Les spectacles du Royal de Luxe sont devenus petit à petit des moments de plus en plus intenses, que je n’ai jamais trouvés qu’avec eux. Autant de douceur, de poésie mises en scène avec vérité, humour, amour et d’un gigantisme !
Les spectacles d’I Muvrini, à l’époque où ils avaient principalement du succès en Corse sont un excellent souvenir car ces concerts se faisaient toujours en plein air dans des sites d’une beauté unique. D’ailleurs j’avais tellement associé le spectacle avec son cadre que j’en avais même acquis la conviction que si leur spectacle quittait l’île, il en perdrait sa magie.
« Il y a la magie de certains lieux et de leur population »
Faire le Zénith, toujours comble, et entendre tout ce monde chanter. Ça aussi, c’est grisant.
Certains chanteurs sont tellement agréables que se retrouver chaque soir sur scène en leur compagnie avec chaque soir autant de connivence, de plaisir et de renouvellement est aussi très fort.
Et puis il y a la magie de certains lieux et de leur population. J’ai parlé des concerts d’I Muvrini, j’aurais pu tout aussi bien mentionné un concert solo, un jour, en Islande, un 21 juin, 0 heure, pour célébrer le solstice d'été sous un paysage exceptionnel !
Tout comme ce concert dans le Sahara avec Steve Shehan, grand (immense serais-je tenté de dire) percussionniste, avec les Touaregs de Djanet qui n’avaient jamais vu ni entendu une cornemuse de leur vie, et la foule qui se déchaîne en un grondement d’applaudissements…
Les souvenirs sont innombrables…
Ce sont tous mes meilleurs souvenirs.
Simplement car je n’ai jamais été deux fois au même endroit à faire la même chose. Alors comment comparer ?…
DN - Si l’on suit ton parcours, on peut dire qu’aujourd’hui tu es aussi à l’aise en musique de bagad, hip-hop, que variété, zouk ou d’autres styles encore… qu'apprécies-tu le plus dans ces mélanges de culture ?
BLR - Eh bien, pour tout dire, ce n’est pas toujours évident d’être à l’aise. Il faut bosser énormément pour rentrer dans le style… un style tellement incomparable à ce qu’on faisait la veille qu’on garde toujours la peur au ventre d’être à côté de la plaque. Enfin, je dis ça, mais en même temps, ça s’est toujours bien passé ! (sourire)…
Mais je me souviens avoir toujours été comme ça. Même lorsque, en tant que débutant, je faisais mes gammes sur le practice, l'année ou sortait “ The dark side of the moon ” des Pink Floyd avec le fameux “ Money ”, dès que j’avais fini une série d’exercices, j’écoutais avec délectation ce disque superbe (enfin, je le fais encore aujourd’hui, après tant d’années). Et jouer avec mon instrument sur des musiques comme celles-là m’a toujours fait envie et paru normal. Pour les différences de genre, c’est une évolution de la vie courante, qui est des plus logiques.
« Comprendre l'esprit de la musique, avec ses rythmes et ses accents »
La difficulté aujourd’hui réside plutôt dans l’adaptation de son instrument à des musiques qui semblent si éloignées. Cela demande beaucoup de réflexion. Comprendre l’esprit de la musique bien sûr, avec ses rythmes et ses accents… Mais aussi, y intégrer son propre son de cornemuse ou de flûte, sans heurt et sans échec ! … Des petits aux grands concerts, imaginer comment combiner ces différences est mon grand plaisir !
DN - à Ton avis, il faut y chercher une nouvelle aire pour la musique traditionnelle ?
BLR - Aujourd’hui le monde de la musique est en profonde mutation, qu’elle soit traditionnelle, rock ou underground, etc. Rien ne se fait ni n'évolue tout seul, car toutes les musiques font partie d'un même ensemble. La musique traditionnelle n’échappe pas à cette règle. Et comme en ce moment, la musique va mal, en toute logique, cela touche également la musique traditionnelle.
L’avenir ? Aucune idée ! Attendons que les cycles s'enchaînent pour permettre l’évaluation d’une véritable évolution. Et en attendant, il faut continuer de la jouer, la transmettre, la faire vivre activement pour qu’elle se maintienne dans la “ tradition ” justement…
DN - Dans tes rêves de musicien les plus fous, on te retrouve où ?
BLR - Peut-être bien dans cette école, BIG (Bagpipe Italian Group), que j’ai créée en Italie qui me rend très fier et très heureux… J’ai débuté sa mise en place en 1987 après l’obtention de mon CA. Je me suis déplacé, battu pendant des années pour faire étudier mes élèves italiens, leur faire créer leur propre institution, se gérer et ne plus avoir besoin de moi. Un de mes élèves a même gagné un concours de piobaireachd à Edinburgh en mars 2003 devant 24 Écossais. Pour un Italien c‘est une grande première, et c’est une révolution là-bas.
J’ai voulu à un moment donné, penser à des histoires de folie, de faire un projet international de 400 sonneurs de cornemuse sur des ponts à Montréal et ralliant des écoles de commerce, j’avais fait tout un projet comme ça. On a commencé à mettre ça en place, mais ça n’a pas abouti. C’était sympa à rêver et surtout à travailler ! Pour dire vrai, des délires comme ça, j’en ai eu plus d’un !
DN - Tu dirais qu’on peut tout jouer avec une cornemuse aujourd’hui ?
BLR – Ça ne dépend pas de l’instrument mais de l’esprit du musicien, mais oui ! J’aurais tendance à dire qu’on peut faire ce qu’on veut. Pas besoin de 18 000 notes ! Quelques unes suffisent déjà pour être expressif. Il peut y avoir certaines fois des choses tellement précises qu’elles ne rentrent pas dans le cadre, mais de façon générale, on pourra faire ce qu’on veut dans le sens ou c’est l’esprit qui prime d’abord, avant l’instrument.
DN - Alors à ton avis, on peut s’attendre à ce que la musique bretonne se transforme considérablement au contact d’autres influences musicales ?
BLR - C’est évident oui ! Elle l’a déjà fait dans le passé, à des époques où les frontières étaient plus difficiles à franchir et que les distances semblaient plus longues.
Le propre d’une musique traditionnelle c’est son essence, sa fonctionnalité et sa transmission. Au travers de ces bases, l’évolution est continuelle. Il y a beaucoup d’influences autour de nous, les mélanges ethniques n’ont jamais été aussi importants, et donc, à mon avis, elle n'échappera sans doute pas à la mondialisation.
Ça correspond aussi à la tendance de beaucoup de sonneurs dont les envies ne sont plus exclusives mais s’orientent vers des influences diverses. Moi, pas plus qu’un autre, n’échappe à cette règle. Quand je rentre en Bretagne, c’est du traditionnel que j’ai envie de faire ! J’appelle mon ancien compère Alan Huitol, et on se remet à jouer des journées entières.
DN - Tu voudrais nous en dire plus sur tes projets pour l’année qui vient ?
BLR - J’ai envie de faire plein de choses et j’ai toujours eu cette chance inouïe de pouvoir choisir, même si aujourd’hui, il y a beaucoup moins de travail en musique qu’il y a quelques années.
Alors on va dire, que dans l’immédiat, il y a Royal de Luxe puisque cela continue dans plusieurs villes d'Europe. On ne connaît pas encore toutes les dates mais c’est un grand plaisir que d’y participer. Royal de Luxe est une troupe de théâtre de rue très populaire. Le spectacle attire des centaines de milliers de personnes.
Et ensuite, je souhaiterais continuer à jouer avec un trio que j’ai créé. Enfin… ce n’est plus tout à fait un trio puisqu’à présent, nous sommes 4 (tous d'excellents amis autant que d'excellents musiciens). Ce trio est formé de Diabolo, grand harmoniciste qui a accompagné nombre de chanteurs et musiciens (dont Higelin pendant 6 ans), Didier Ithursarry, accordéoniste chromatique de l’Orchestre National de Jazz, Jean-Pierre Alarcen, figure mythique de la guitare (F. Béranger, Renaud, P. Gabriel, etc.) et moi. Nous gérons tout ensemble, et en particulier un matériel de qualité, nécessaire pour pouvoir faire des enregistrements.
DN - Un petit mot sur ton école d’Italie ?
BLR - Effectivement, j’ai monté une école de cornemuse à Florence, il est vrai que c’est assez exceptionnel, dans le sens premier du terme. Comme tout enseignant qui se respecte, le but était qu’ils puissent se passer de mon enseignement le plus vite possible.
La notion d’autonomie, n’est malheureusement pas seulement dépendante de soi, de son âge et sa propre évolution, mais est aussi fortement influencée par son environnement. Maintenant ils peuvent très bien se passer de moi et je me suis mis volontairement beaucoup en retrait pour cela.
Ce qui ne veut pas dire que je n’y retourne pas de temps en temps, mais plus de manière “rituelle”. Je souhaite les laisser aller de l’avant et je viens juste observer et éventuellement intervenir en cas d’erreurs trop importantes (vous connaissez la devise : sans erreur, pas de progrès !).
Chaque fois que je retourne sur Florence, c’est une grande fête !
J’ai également récemment “monté” une “antenne” à cette école dans le Piémont, sur Ivrea (Nord de l’Italie avec le Val d’Aoste). Aujourd’hui, je m’occupe de la formation là-bas et ça commence à devenir assez sérieux.
Comment j’ai eu cette idée ? Ça m’est venu comme ça. On m’avait invité en Italie pour un concert soliste et pour diriger un stage. Là-bas, j’ai trouvé des gens intéressants, qui travaillaient surtout seuls et qui avaient fait l’effort d’aller en Écosse acheter un bon instrument. Je les ai trouvés tellement sympas que j’y suis retourné me balader et surtout je leur ai amené des cassettes, des feuilles de partition, des conseils, des idées,... de fil en aiguille, on m’a demandé de devenir leur formateur, ce que j’ai accepté. Cette école en est le fruit, elle a été fondée en 1987. Elle a maintenant été reprise par mon élève, Alberto Massi. Ça marche très bien, ils sont désormais une trentaine d’élèves.
DN - Ton mot de la fin.
BLR - Le plaisir ! à mon avis le mot le plus approprié pour exprimer ce que j’ai fait, ce que je ressens et ce que je compte bien continuer à faire encore longtemps.
B.I.G. Bagpipe Italian Group
via Sant'Andrea A Rovezzano, 64 - 50136 Firenze +39 055 690 078
Email : info[a]cornamusa.org
URL : http://www.cornamusa.org/
Cannara Pipe Band : http://mercand.interfree.it/01-CPB.htm - mercand[a]interfree.it
Pour joindre Bruno Le Rouzic : celticsound[a]hotmail.fr
Highland Bagpipes & Airtight Seasoning for sheepskin bags for sale, UK : www.rghardie.ukf.net
Date : 10 décembre 2005 (Toute la journée)
Intervenants : Youen Le Bihan
Date : 19 – 20 – 21 décembre 2005 (3 jours)
Intervenants : non défini
Date : 19 – 20 – 21 décembre 2005 (3 jours)
Intervenants : non défini
Date : 19 – 20 – 21 décembre 2005 (3 jours)
Intervenants : non défini
Date : débutants : 10 décembre, 11 février 2006, 8 avril 2006, 10 juin 2006 // confirmés : 5 novembre, 28 janvier 2006, 24 juin 2006
Intervenant : Patrick Molard
Date : 18 et 19 mars 2006 (2 jours)
Intervenant : Patrick Molard + un intervenant irlandais
Date : 26 et 27 mai (2 jours)
Intervenant : Alain Froment, pipemaker et reedmaker
Divroet New(e)z : comment accorde-t-on une percussion ou une caisse ?
Dominique Molard : sur une caisse claire de bagad, il y a des timbres (tiges situées sous la caisse). On procédera à un serrage à l’appréciation de chacun, certains vont serrer plus que d’autres. Plus on serre un timbre, plus le son va être étriqué, il va se renfermer dans une saturation. Si on les détend trop, on obtiendra un son de ferraille. La difficulté c’est de trouver la position où ils sont serrés mais surtout pas trop, sinon on obtient un son de caisse très perturbant, une saturation très désagréable. Pour la peau c’est uniquement de la tension, une tension extrême parce que plus c’est tendu mieux c’est, d’où sa résistance durable.
En ce qui concerne les percussions, les peaux animales, là ça va être une histoire de note. Avec des bongos, des congas, on cherche une note précise pour s’accorder sur la musique qu’on accompagne, c’est au musicien de chercher ce qui correspond. Sur les tablas c’est la même chose. Sur un bodhran on ne recherche pas une note mais une fréquence, une hauteur de note approximative, sur un bendir c’est la même chose. Sur une grosse caisse de bagad par contre ça va être une note précise puisqu’il faut l’accorder sur les bourdons de la cornemuse, c’est vraiment à l’oreille, il faut tendre la peau jusqu’à obtenir cette note par rapport aux bourdons. Il faut entraîner son oreille à reconnaître la note en serrant ou desserrant, il faut chercher et ça peut durer des heures.
DN : existe-t-il des « familles » de percussions ?
DM : oui, il y a plusieurs catégories : les percussions mélodiques, rythmiques, d’ambiance. Et dans chaque catégorie il y a les percus à peaux, en bois, en métal. À titre d’exemple, les mélodiques sont celles qui créent des mélodies comme le « bala(fon) », « le steel drum », « la sanza », « le hang ».
DN : la percu aurait donc un langage ?
DM : oui, elle a même plusieurs langages. On dit souvent des percussions qu’elles sont un langage tambouriné. Ça dit bien ce que ça veut dire.
Souvent, elle a un rôle dans la tradition de la culture dans laquelle elle est née. Elle rassemble lors d’une fête, d’une veillée, c’est un instrument qui a beaucoup de pouvoir, beaucoup d’importance dans toutes les cultures. Chaque instrument a son langage, sa technique et son rôle. Ça fait des déclinaisons multiples.
« On ne peut pas comparer
deux percussions »
On ne peut pas comparer deux percussions, certains se ressemblent mais d’autres ont un rôle totalement différent. Et ça rejoint ce que je disais tout à l’heure dans le milieu bagad, les gens ne se renseignent pas sur le rôle de l’instrument, s’il a un son aigu, médium ou grave il aura un rôle différent. Par exemple si on fait trop de coups sur un triangle qui est très aigu ça perturbe, c’est très présent. Tout ce qui est aigu dépasse tout le registre de tous les instruments, tout ce qui est grave est plutôt en dessous et donc il y a une étude à faire sur les fréquences de chaque instrument. Si on ne tient pas compte de ces fréquences (aigu, médium, bas ou très bas) on fait n’importe quoi. Ça mérite de la part de chacun un travail plus profond.
DN : à quel âge peut-on commencer ?
DM : le plus tôt possible, vers l’âge de 5 ou 6 ans. J’ai constaté que les enfants sont très disposés aux instruments rythmiques. On utilise les mains, les bras, les pieds, les jambes. C’est une histoire de mouvement, d’énergie. Ensuite les qualités requises sont la disposition à reproduire, écouter et laisser jouer naturellement le corps.
DN : doit-on apprendre des techniques particulières d’une percussion à une autre ?
DM : on peut rapprocher certaines techniques de l’un à l’autre mais chaque instrument a un code bien précis et si on utilise un instrument avec la technique d’une autre, on obtient autre chose et on sort du contexte et on ne va pas jusqu’au bout du sujet qu’on a voulu évoquer. C’est très difficile, on ne peut pas brûler les étapes.
DN : y a t’il une formation particulière ou standard pour un percussionniste, y a t’il des stages ?
DM : on peut y arriver par différents chemins. Celui qui veut faire du tambour de bagad (pas de la caisse claire) pourra choisir d’aller dans une école de musique de bagad. Il y a aussi pour les écoles de percussions, des écoles de batterie avec les 5 fûts où on utilise les pédales ; là, ça fait appel à la coordination des pieds et des mains. Tout ce qui est instruments traditionnels peut passer par des MJC, des ateliers de percussions.
C’est vrai qu’en général, ça manque d’enseignement pour des instruments traditionnels (quoi qu’on sait qu’en Bretagne par exemple, on pourra trouver des bagadoù), mais la batterie 5 fûts, on peut trouver. Après ça, apprendre les tablas, le bendir, le darbouka, le cajon, il y a des méthodes, des livres, de la pédagogie en DVD, mais il faut quand même trouver des adresses, le parcours est assez long pour arriver à savoir où chercher. On peut trouver des stages dans différentes associations mais il faut vraiment partir à la loupe et chercher. Heureusement par Internet on peut trouver des choses. En précisant bien le contenu du stage on peut trouver la référence. En Bretagne il y en a de temps en temps des stages de bodhran par exemple, par contre les percussions ethniques c’est déjà plus difficile ou alors il faut partir sur Paris ou d’autres grandes villes pour trouver des stages souvent très chers. Il y a un public pour ça.
J’anime des stages qui sont commandités par des associations pour des demandes de 2 ou 3 personnes. Ils essaient de provoquer la demande, quelque fois ça marche mais pas toujours et on est obligé d’annuler le stage alors qu’il y a des gens qui n’en n’ont pas eu connaissance. Tout ça pour dire qu’il y aurait aussi des choses à faire au niveau de la communication. Il faudrait regrouper les demandes et les offres.
« La mauvaise utilisation des instruments est un des problèmes actuellement dans les bagadoù »
Par contre, il est vrai qu’on ne trouve pas beaucoup de professeurs de percussions dans les écoles de musique.
Le bagad est une bonne adresse mais il y a un effet pervers parce que la caisse claire qui est un instrument rigoureux nécessite beaucoup de technique et de travail, mais il ne faut pas croire que si on travaille la caisse claire on travaille toutes les percussions. C’est un premier contact mais ça ne donne pas les clés de tous les instruments. C’est une bonne école du rythme mais quand je vois tous les bagadoù qui ramènent un matériel incroyable de congas, de bongos, de darboukas, de djembés, cymbales, etc. Ils utilisent des instruments sans connaître la technique de chaque instrument. Ils utilisent sur d’autres percussions des techniques acquises pour les caisses claires et c’est totalement faux. La mauvaise utilisation des instruments est un des problèmes actuellement dans les bagadoù. C’est une histoire d’écriture, d’orchestration, de connaissance de la matière parce que quelqu’un qui joue du djembé a une technique instrumentale, celui qui joue de la caisse claire écossaise aussi mais il ne faut pas croire que celui qui sait jouer de l’un sait jouer de l’autre. Donc il faudrait que le percussionniste dans un bagad se renseigne sur l’instrument sur lequel il veut jouer en concours parce que ça ne s’apprend pas comme ça.
DN : as-tu de bonnes adresses pour le matériel de percus ?
DM : toutes les percus que j’ai, je les achète au cours de voyages. Je découvre un instrument soit dans un magasin, soit par des gens qui en jouent. Soit je fais confiance en la personne qui en joue, j’entends le son et je m’y fie, soit dans les magasins de musique, dans ce cas ce sera d’après une marque bien référencée mais ce sont souvent des accessoires mécaniques. Tout ce qui est instruments avec des peaux comme les tablas par exemple, je ne vais pas les acheter en France, ni un bodhran en Bretagne. Je fais confiance en les personnes qui sont à l’origine de l’instrument. J’achète un bodhran en Irlande (ça peut se faire par l’intermédiaire d’Internet parfois).
Pour les percussions de bagad c’est très différent, il y a la partie mécanique qui entre en jeu. En ce moment c’est la marque Premier, Pearl, il n’y a pas tellement le choix. Plus il y a de choix mieux c’est, mais le problème c’est qu’il n’y a pas tellement de choix pour ce genre de matériel. Les percussions reflètent souvent la tradition d’un pays. Je conseille souvent aux gens de prendre les instruments de percussions dans leurs pays d’origine, quand c’est possible évidemment. Lorsque ce n’est pas possible, il faut se retrancher derrière des marques genre Remo, LP, ... Ce sont des marques de très bonne qualité qui vont faire des instruments ou des copies d’instruments traditionnels souvent assez sophistiqués avec des réglages que tout le monde peut acquérir. L’intérêt, c’est quand même d’avoir des instruments uniques.
A l’occasion de son 50e anniversaire, le plus célèbre des bagadoù vous présente son dernier opus ! Le bagad séduit, envoûte et offre, grâce à des mélodies et des danses d’un patrimoine revisité, ce qu’il a de meilleur : l’émotion
Dans ce double album relié en cuir, retrouvez, en 2 CD, 36 groupes de l'histoire de la musique à danser, ainsi que l'histoire de chaque groupe ou formation.
Un dimanche matin à Elven – C’est le premier CD du Bagad d’Elven (enregistré dans un couvent). « Nous avons voulu laisser une trace de notre travail, dit François Boterff, avoir un autre projet que les concours ». Douze bombardes, quatre caisses claires, trois percussionnistes, neuf cornemuses et un clarinettiste constitue le bagad à dominante jeune, de 13 à 35 ans. Vous pouvez le commander, au prix de 18 €, à l'adresse suivante :
Bagad d'Elven - Le Petit Bocolo - 56250 Elven.
Les paysages et la mémoire d'un peuple sont profondément inscrits dans les compositions proposées par Joanne McIver et Christophe Saunière. Leur répertoire n'est pas anodin. Il est lié aux sources musicales traditionnelles de la côte ouest écossaise. Dans ce nouvel opus, Joanne McIver s'est concentrée sur la pratique des flûtes et des smallpipes, merveilles en matière de facture instrumentale, au son extrêmement velouté rappelant la musette de cour.
Disponible lors de leurs concerts. Sortie dans les bacs en janvier.
Pourquoi la lombarde est-elle considérée comme un instrument divin ?
Parce que lorsqu'un homme souffle dedans, Dieu seul sait ce qui en sortira.
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