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Bimestriel - Numéro 7 - Janvier 2006
L'équipe du Divroet New(e)z vous souhaite une excellente année 2006.

Eh bien nous voilà en 2006 après une année bien chargée en musique, en émotions et en travail ! Déjà un an depuis la sortie du premier numéro de Divroet New(e)z !
La musique a, une fois de plus, pris beaucoup de temps de notre vie quotidienne cette année, d'ailleurs c'est bien plus qu'une passion pour certains. 1 fois, 2 fois, 3 fois par semaine même, on voit toujours les mêmes personnes, des sonneurs, des amis, des frères (ou sœurs d'ailleurs !) comment fait-on pour ne pas se taper dessus ?
Il y a un sujet qui me tenait à cœur pour débuter ce newez et qui, je vois, a été abordé en assemblée générale de la BAS nationale. La question des échanges 'inter-bagadoù' a été remise sur le tapis. Certains verront cela comme du recrutement de la part de groupes mieux classés ou en catégorie supérieure (1e cat. pour la majorité). Ils ont peut-être raison de le penser, mais je ne crois pas qu'on puisse empêcher un jeune qui veut progresser comme il l'entend, de changer de groupe.... C'est d'ailleurs souvent ce qu'il fait lorsqu'il ne s'y sent pas bien ou qu'il estime qu'il n'a plus à apprendre.
Comment empêcher cela ? À nous d'y réfléchir...
Effectivement, le fait de changer de méthode de travail et de méthode d'apprentissage est excellent pour s'améliorer. Ne dit-on pas qu'il faut changer régulièrement de professeur pour progresser, quel que soit l'instrument, le métier… ? Créer un partenariat entre des bagadoù comme il a été laissé entendre lors de la dernière AG, serait une bonne chose. Il faut juste réussir à trouver un juste milieu entre ceux qui veulent progresser et ceux qui vont profiter du système pour intégrer des groupes dans des catégories supérieures. Pas facile...
Un des intérêts principaux reste les concours et l'attrait pour les groupes bien placés reste évident.
Actuellement, on voit se développer un nouveau système de concert, les créations de bagadoù. C'est sans doute là-dessus qu'il va falloir faire évoluer les échanges…. C'est un très bon moyen de se faire plaisir sur scène, tout en progressant.... Ça demande quand même un effort de travail pour déchiffrer tout le répertoire ! Il faut voir le résultat au bout : un public, de nouvelles rencontres, plein d'affinités en plus. Ça peut ouvrir sur beaucoup de choses : un répertoire nouveau, le travail sur un terroir qui ne nous a jamais attiré auparavant par exemple, la découverte de nouveaux styles musicaux (compositions, rock, techno, salsa..., pourquoi pas !).
De plus, je pense que les échanges sont importants entre les sonneurs de différents bagadoù, au lieu de se tirer dans les pattes comme cela a pu se faire il y a quelques années.
Cette ère est terminée, travaillons ensemble pour essayer de faire évoluer tout le monde…
Sylvain Hamon, sonneur
adsx.free.fr
Une formation pour devenir juge a été mise en place voici deux ans. Nous avons souhaité interroger certains de ceux qui avaient suivi ce programme de formation, recueillir leurs points de vue sur les points forts ou les faiblesses des méthodes de demain.
S'ils sont parfois mitigés dans leurs réponses, ils reconnaissent volontiers que cette formation a eu le mérite d'avoir été organisée une première fois. Il faut remonter loin dans le temps avant de retrouver les traces d'une telle formation, à la réalisation d'une session de rencontre entre juges confirmés et novices, même si pendant très longtemps et à plusieurs reprises, la question a pu se poser, jusqu'à l'assemblée générale de la BAS Nationale.
Juger permet de se retrouver de l'autre côté de la table et d'avoir un autre point de vue sur la musique. On est toujours prompt à la critique. Quelquefois, une partie de cette critique peut être justifiée ; d'autres fois, elle l'est moins, faute de connaissances de la complexité du rôle du juge.
Une réflexion sur ce qui est jugé d'abord : quels sont les problèmes qui se posent aux juges qui évaluent un groupe. Le travail a porté sur des exemples de grilles de notation, tous instruments confondus et toutes catégories confondues, à la suite de quoi un fascicule a été remis à tous ceux qui ont participé à cette formation. Le but était de débattre et de confronter des expériences. L'occasion également de prendre conscience au sein du groupe que plusieurs avaient déjà une expérience de juge à partager.
Sont intervenues ensuite un certain nombre de personnes expérimentées depuis plus ou moins longtemps en tant que membres de jury dans différentes catégories. Elles ont livré leurs points de vue sur les difficultés à juger ou comment elles ont bâti leur propre grille de lecture. Même si de nombreux critères se retrouvent d'une grille à l'autre, l'approche est pourtant individuelle. Il restera à la charge de chacun de se faire sa propre opinion ou d'établir l'outil qui lui paraîtra le mieux adapté en fonction de ses différentes expériences.
La 3e direction a porté sur une application pratique, une mise en situation à travers des enregistrements de diverses époques, de différentes catégories, à l'aide d'enregistrements sur cassette de concours BAS (Locoal Mendon, Penhars, Bleimor, …etc.), chacun jouant le rôle d'un juge bombarde, cornemuse, percussions ou d'ensemble avec une mise en commun de ce qui a été entendu, un bilan, les difficultés, ainsi que sur les points qui posent problème par rapport à l'appréhension de noter.
Le travail de juge est un travail d'écoute, il a fallu réunir les conditions telles que lors d'un concours : comment écouter un groupe, comment faire pour que ce soit une écoute d'évaluation, la mise sous pression, etc., pour obtenir les meilleurs bilans, les meilleures évaluations, la meilleure écoute de tous ces juges en herbe.
Barèmes Les barèmes de notation ont été complètement refondus depuis le changement de règlement. Il y avait des propositions de barèmes sur les grilles fournies par BAS dans le cadre des concours mais elles ne sont plus valides sur l'ensemble des catégories depuis l'adoption des nouveaux systèmes d'évaluation de bagadoù.
Désormais, lors de chaque épreuve, le bagad se voit attribuer un rang dans le classement du concours. L'ensemble des rangs obtenus par chaque bagad sur 6 concours est additionné, cette somme va servir à déterminer la position du groupe dans un classement général des bagadoù, toutes catégories confondues. Ainsi un bagad obtenant une somme entre 1 et 15 sera positionné en 1e catégorie, entre 15 à 30 en seconde et ainsi de suite. Chaque catégorie devant être constituée de 15 groupes.
La seule catégorie qui échappe donc (partiellement) à cette notation est la 5e catégorie puisque lors des poules qualificatives, on applique le système par rang pour qualifier les 3 premiers et en finale on nous demande encore d'appliquer le système de notation chiffrée puisque cette catégorie n'est pas incluse dans cette nouvelle évaluation. Il faut toujours 16 de moyenne pour monter en 4e catégorie.
Une partie du travail s'apprend sur le tas. On peut être formé et sensibilisé aux critères de notation, à la manière d'écouter, tant qu'on n'est pas passé au baptême du feu derrière une table, un crayon en main avec les groupes qui s'enchaînent, on peut difficilement comprendre de quoi on parle. Ils en parlent, à mots couverts la plupart du temps, une certaine forme de pression s'installe, plus présente à mesure qu'on monte dans le circuit officiel du championnat des bagadoù.
Leur avis, c'est que pour être juge, il faut un minimum de compétences. Il faut savoir de quoi on parle si on veut juger un instrument. Il y a donc la compétence purement technique à partir de laquelle on peut évaluer tel ou tel pupitre, sa maîtrise ou non du bagage attendu dans la catégorie. Il est évident aussi qu'avoir un passé de formateur permet d'avoir des éléments d'analyse pour expliquer à travers la première écoute tel défaut de justesse, tel élément technique qui n'est pas passé et comment résoudre une difficulté afin de bonifier le jeu du pupitre derrière. Plus on a de l'expérience, plus on développe une compétence potentielle à juger et à évaluer.
On ne reviendra pas, même à titre d'exemple, sur des classements antérieurs pour expliquer ce qui a motivé tel classement plutôt que tel autre.
Les juges partent du principe qu'à partir du moment où ils font partie d'un jury, ils sont en quelque sorte souverains. Le classement est le classement, il devra être retenu comme ça. Le débat pourrait éventuellement porter sur l'enseignement, l'apprentissage à juger et être formé au mieux possible. Cependant, la décision restera collégiale. Il y a délibération mais il ne s'agit pas de tomber dans un consensus mou, il s'agit que le classement et la grille de note (ou de rang) soit révélateurs des différents points de vue sur le groupe, même dans le cas de points de vues antagonistes à l'intérieur d'un même jury.
Vers une "professionnalisation" des juges comme en Écosse ?
C’est une bonne question. Je ne sais pas ce que c’est une professionnalisation des juges même si ça se pratique en Écosse.
Est-ce que le championnat des bagadoù actuel s’accommoderait de juges professionnels ?
Je ne sais pas. On leur emprunte un certain nombre de choses telles que le classement par rang. Imaginer des professionnels qui jugent des groupes amateurs ?
Ça permettrait sans doute de résoudre le problème du volontariat mais en même temps les besoins sont tellement importants quand on met bout à bout le nombre de concours et le nombre de juges qu’il faut recruter, je ne sais pas si c’est faisable.
Cela nécessiterait aussi une qualification officielle du jury, mais sur quelles bases ?
Il faut rappeler aussi que le championnat des bagadoù, quelle que soit la catégorie envisagée, n’a pas la même valeur selon les catégories, ce qui veut dire que la nécessité d’avoir un point de vue extérieur sur la musique qui est pratiquée est important. Celui-ci aura une valeur plus pédagogique pour les bagadoù en cours de formation. (5e, 4e, 3e, au moins)
Quand on voit le niveau atteint par les groupes de 1e catégorie, qu’il y ait un regard technique pour valider… Bien sur! Mais le regard doit être aussi artistique. Quelle compétence doit-on posséder pour appréhender cet aspect !
Florian Nicolas
Le problème des critères de notation est un point qui reste à améliorer. En effet, ce qui peut être surprenant aujourd'hui, c'est que compte tenu de l'expérience capitalisée par les juges qui sont passés dans les concours BAS et compte tenu de l'élévation du niveau des groupes, il n'existe pas encore de grilles adaptées en fonction de chaque catégorie. Les grilles BAS sont des grilles assez générales pour permettre une définition des critères assez général. Finalement, ne s'agirait-il pas là d'un choix ? Le fait de ne pas vouloir une grille trop cadrée, c'est peut-être pour que ce système de lecture puisse être utilisé dans des contextes différents.
Le problème du barème de la notation chiffrée, c'est de se constituer une échelle de valeur. En effet si on juge sur une échelle très resserrée la note aura une toute autre influence que si l'on juge sur une échelle très large. C'est sur ce point là que va entrer une part de subjectivité suivant les aspects que l'on privilégie. C'est ce qui peut expliquer certains écarts entre deux juges. À cela s'ajoutent des différences suivant que l'on est juge technique ou juge d'ensemble. En effet, en ensemble, le nombre des éléments à prendre en compte est beaucoup plus important et divers. Ça constitue une difficulté supplémentaire pour le juge qui est le plus souvent musicien d'un seul instrument du bagad. La réalisation d'un barème d'évaluation est d'autant moins élevé. L'absence de proposition de grille lors des concours BAS pour l'ensemble reflète sans doute cette difficulté. Et concrètement, aux dires de ceux qui se sont déjà faits quelques barèmes, même si beaucoup de critères convergent, chacun réalise la grille qui lui semble la plus adaptée.
C'est en ce qui concerne la différenciation des matières jugées que le bât blesse. Autant un certain nombre de grilles de notation ont pu être discutées pour et au profit des différents pupitres, autant le débat sur l'évaluation d'ensemble reste entier. Actuellement, le juge d'ensemble, c'est le grand mystère du jury. Les "nouveaux juges" ont pu assimiler des notions générales de ce qui doit être pris en compte en tant que juge d'ensemble : l'équilibre entre les pupitres, la qualité du propos musical, la qualité de la mise en place, la qualité des moyens orchestraux mis en œuvre pour tenir ce propos musical, mais tout cela reste quand même des notions générales.
La difficulté de juger en ensemble vient du fait qu'on est tenté d'être juge d'abord de son propre instrument et la difficulté est donc d'avoir une écoute globalisante. Cela devient une question de culture musicale et de connaissance des autres instruments du bagad. C'est ce qui fait toute la difficulté du juge d'ensemble.
Cela soulève plusieurs questions :
S'agit-il d'une question de formation ? Parce qu'apprendre à juger en ensemble, ce n'est pas simple.
S'agit-il d'une question de la composition des jurys d'ensemble ? Parce que la pluralité des points de vue ferait peut-être une plus grande richesse de notation.
C'est une formation qui apparaît à ces nouveaux juges comme "salutaire". Il était temps que quelque chose soit fait. Il faut que les gens comprennent que ce n'est pas facile de juger. Ça permet d'être un peu plus réaliste, un peu plus pondéré quant à la réalité dont on parle.
Si on veut que le jury gagne en assurance, en compétences, c'est dans la durée qu'on enracinera les choses, les améliorations et les enrichissements. L'intérêt c'est que les mêmes participants à la formation initiale puissent être à nouveau réunis pour faire un bilan et réfléchir sur les difficultés rencontrées à travers l'échange de leurs expériences mutuelles. Ceci permettrait d'enrichir la formation initiale pour les "apprentis juges" à venir.
Divroet new(e)z : depuis combien de temps joues-tu de la caisse claire écossaise ?
Ronan Sicard : je crois que j'ai commencé en 1971, au Bagad Kemper.
Mich Nodé, Erwan Ropars et Raymond Plouz nous dirigeaient de main de maîtres, c'étaient de super techniciens et de grands meneurs d'équipe.
Sur le plan de la batterie, je n'en garde que de très bons souvenirs, ça marchait très bien, on avait un bon niveau. Je dois beaucoup de choses à Kemper. Ce que je regrette, par contre, de cette époque là, c'est qu'il y avait dans les bagadoù, un esprit de clocher qui ne me plaisait pas trop. J'ai eu envie de sortir de ce système.
DN : tu as fait alors le choix de Douarnenez ?
RS : Douarnenez en 1974 m'intéressait beaucoup parce que le groupe était en pleine ascension, en deuxième catégorie, donc n'avait pas d'image à cultiver et n'entrait pas dans les combats idéologiques. Ce que recherchait la batterie de Douarnenez, sous la direction de Dom Molard, c'était la démarche instrumentale. On voulait faire de la caisse claire dans sa conception la plus pure, c'est à dire celle qui provient du pipe-band et qui peut merveilleusement bien s'adapter au Bagad. On jouait à 4 caisses claires, 2 toms et une basse. On était les seuls à jouer sur des tambours Premier, ça nous donnait un son un peu plus grave mais très plein, très timbré et surtout très puissant. On faisait une musique technique mais très épurée.
Les cornemuses et les bombardes cultivaient la même démarche, elles étaient dirigées par Patrick Molard et Patrick Sicard.
Il y avait quelque chose d'explosif dans la rencontre entre les jeunes Douarnenistes, plutôt branchés culture bretonne dans tout ce que cela représente de festif et de spontané, et les frères Molard qui venaient d'une autre musique mais possédaient une énorme maîtrise instrumentale. La mayonnaise a pris très vite, malheureusement elle est retombée aussi vite...
DN : tes premiers contacts avec le pipe-band ?
RS : en 74, la pratique du pipe-band était presque maudite par certaines personnes en Bretagne. Dom était à peu près le seul batteur à savoir ce que c'était réellement. Il avait une culture écossaise déjà riche car il avait dirigé An Here et avait joué en Écosse et au Canada.
En travaillant avec lui, j'ai découvert les bases de la musique écossaise. On passait notre temps à écouter des disques de pipe-band pour retranscrire les partitions, on croyait qu'on pouvait accéder à la technique en faisant cela mais on ne se rendait pas compte qu'on passait complètement à côté du style.
Plus tard on a eu la chance de travailler pendant une semaine, à Batz sur mer, avec Georges Crawford, ancien leader de Shotts et ancien prof d'Alex et de Tom Brown... Une semaine, à 4 batteurs motivés, sur une seule suite MSR... on avait l'impression d'être sur un nuage...
Et le style qu'il nous a fait découvrir ces jours là, maintenant on l'a en nous.
« On passait notre temps à écouter des disques de pipe band pour retranscrire les partitions »
Quand j'ai rencontré Tom Brown en 1990 et quand on a été en Écosse avec Cap Caval en 1996, je me suis rendu compte que la technique avait beaucoup évolué mais que la base de la musique était toujours la même. C'est cette base là qu'il faut avoir comprise avant toute autre chose.
DN : penn de Douarnenez actuellement, doit-on voir en ce retour une envie d'aller plus loin avec un bagad que tu as particulièrement aimé ?
RS : je ne suis pas attaché aux images et je ne souhaite pas que le Douarnenez actuel fasse les mêmes erreurs que le Douarnenez de 75. J'ai joué dans plusieurs groupes. Ce qui m'intéresse, c'est les gens et leur démarche.
Quand je suis venu à Sant-Marc en 81 c'est parce que la démarche de la batterie était celle qui me correspondait le mieux. Ça m'a permit de travailler avec Alain Riou et de découvrir la magie de ce bonhomme. Quimper en 72, Douarnenez en 74, Sant-Marc en 81, Cap Caval en 93 et de nouveau Douarnenez en 96, c'est la même démarche.
Même si les musiques et les gens sont différents, il y a, à la base, une démarche de qualité et de pureté commune.
La création de Douarnenez, en 96, est venue, comme très souvent, d'une discussion de bistrot. J'habite Douarnenez depuis 1985. J'y ai rencontré des gens extrêmement dynamiques, prêts à tout pour la culture. En 96, à Douarnenez, il y avait plein de jeunes de 7 ou 8 ans et il n'y avait pas de bagad. On a discuté, on m'a demandé de monter un projet. Devant l'étendue du boulot que ça représente, j'ai commencé par dire non, je n'avais sans doute pas bu assez... après j'ai dit oui !
J'ai donc mis en place la structure et les cours et j'ai cherché à ce que tout se déroule dans la continuité et la logique de ce que j'avais essayé de mettre en place sans trop de succès en 90 à Sant-Marc et qui s'était mieux passé en 93 à Cap Caval.
Je voulais que ce soit la même démarche, donc Douarnenez s'est placé sous la compétence de gens comme Hervé Le Floch, Alexis Meunier, Patrick et Gurvan Sicard ou Damien Mallardé qui bossent tous dans le même sens.
Aujourd'hui Douarnenez n'est qu'un petit bagad, mais la démarche est là et les jeunes en sont déjà imprégnés. C'est cela le plus important pour moi, car l'avenir c'est eux.
DN : ton meilleur souvenir de l'année passée, c'était où ? quoi ? avec qui ?
RS : je n'ai que des bons souvenirs, j'efface les mauvais !
J'ai vécu un très grand moment à Glasgow, cet été, quand Cap Caval a terminé 3e en grade 2... ça m'a ramené 8 ans avant, quand j'ai commencé à mettre en place avec Gus, Kenan, Dalila, Nat, Angie et les autres, les bases de tout ce travail qu'ils ont fait depuis...
La finale du championnat des batteurs solistes à Pontivy m'a également laissé quelques bons souvenirs. J'avais 2 élèves en finale, ce qui est déjà une satisfaction...
Gus a terminé deuxième en open et Iona a gagné les moins de 14...
Grosse émotion !
DN : tu es régulièrement sollicité pour être juge batterie pour les concours, c'est un hasard de circonstances, une envie de passer derrière la barrière, une envie de faire progresser autrement ?
RS : hasard, peut-être... envie de passer de l'autre côté, surtout pas. et envie de faire progresser, encore moins.
Je n'aime pas l'idée selon laquelle le juge se situe d'un côté et le concurrent de l'autre. La barrière entre eux deux devient alors une barrière morale, une barrière qui sépare le vrai du le faux, ou le bien du mal. Laissons cela aux procureurs, aux profs et aux curés!
Notre système n'a rien à voir avec cela et le mot "juge" est très mal choisi. Nous évoluons dans un système associatif et nos concours ne sont que des évaluations de prestations à un moment donné. De plus, dans notre petit monde, les musiciens qui se présentent devant les juges sont très souvent plus forts que les juges eux-mêmes.
Un évaluateur doit synthétiser les prestations des groupes afin de comparer les groupes entre eux. Sauf cas exceptionnel, il ne doit pas dire qu'un groupe est dans le vrai et un autre dans le faux.
Le résultat de ce type de jugement, c'est forcément l'incompréhension !
DN : un truc, un rituel avant de monter sur scène ?
RS : depuis que je travaille avec des jeunes, mon seul but est de les amener à se dépasser, peu m'importe leur niveau, ce qui compte pour moi, c'est leur engagement. En général donc, avant un concours, j'essaye de faire prendre à toute l'équipe un air "très méchant", sans doute destiné à faire trembler l'adversaire et donc à rassurer les plus timides chez nous, je regarde tout le monde et je dit quelque chose qui peut ressembler à : "Pas de complexe, faut rentrer dedans". Jusqu'à présent, ça nous a pas mal réussi...
DN : un truc qui t'énerve sur ton instrument ?
RS : un tambour n'est pas une cornemuse, ce n'est rien d'autre qu'un objet métallique sans personnalité ; s'il est mal réglé, ce n'est pas de sa faute mais de la mienne.
« la caisse claire (...) est encore mal connue, mal exploitée et elle a de beaux jours devant elle, à condition que l’on se donne les moyens de s’interroger sur la situation actuelle »
DN : aujourd'hui on le voit de plus en plus, on manque partout cruellement de batteurs. Alors, la caisse claire, c'est impopulaire ?
RS : je ne pense pas que la caisse claire soit impopulaire. Je pense qu'elle est encore mal connue, mal exploitée et qu'elle a de beaux jours devant elle, à condition que l'on se donne les moyens de s'interroger sur la situation actuelle.
Dans le Finistère, on a de grandes batteries comme Quimper, Quimperlé, Briec ou Cap Caval, qui véhiculent depuis des années une image très positive de la caisse claire écossaise, tant en bagad qu'en pipe-band. De plus, des permanents qui souvent proviennent de ces bagadoù, font un boulot énorme en matière de formation et de réflexion.
C'est vrai que dans d'autres départements la situation n'est pas la même et que l'on voit beaucoup trop de grandes formations comme Lorient actuellement ou Auray il y a une dizaine d'années, qui souffrent de n'avoir pas le soutien d'une batterie plus solide. Il y a malheureusement une logique derrière tout ça.
Quand on écoute les concours des petites catégories, on constate que dans beaucoup de groupes les arrangements ont pris une importance démesurée, par souci ou souhait d'imiter les premières catégories, mais les moyens techniques restent ceux de la catégorie et... c'est très souvent totalement déplacé.
Dans ce contexte, la recherche de l'objectif musical, ou prétendu comme tel, fait passer au deuxième plan la valorisation et le travail de l'instrument. L'accord, le son des bourdons, le timbre des bombardes ou le jeu des caisses claires ne sont perçus que comme des petits "plus", alors qu'ils devraient constituer la totalité des fondations sur lesquelles reposera le travail futur !
Tu peux gagner en 5e avec trois caisses claires, une basse et deux copains percussionnistes que tu as été cherché à la MJC de ton quartier ! C'est facile à mettre en place, le travail de groupe ne concerne que les trois caisses claires... C'est beaucoup plus difficile de gagner aujourd'hui avec 6 caisses claires et pas de percussionniste !
Il y a un gros problème de stratégie derrière tout ça. On sait organiser des concours et on essaye depuis quelques temps de retravailler le règlement pour savoir comment refaire les catégories, mais on ne définit nulle part les objectifs de ces catégories ! Or ça devrait être le premier temps de toutes nos réflexions, temps indispensable pour aller plus loin.
Pour moi, les objectifs de la 5e catégorie, sont de faire jouer ensemble des cornemuses, des bombardes et des caisses claires, soutenues par 2 toms et 1 basse, avec un bon ensemble, sur des airs simples permettant de montrer que les éléments de la technique instrumentale de base sont correctement acquis. Il n'y a aucune place pour des cymbales ou des congas dans ces objectifs !
DN : dans tes rêves de musiciens les plus fous, on te retrouve où ?
RS : on pourrait me retrouver dans une fac de "bagadologie sociale", en train de travailler sur un dossier destiné à montrer les effets positifs de la pratique du bagad sur les personnes !
« On pourrait me retrouver dans une fac de bagadologie sociale »
Pendant des années, quand on évoquait les bagadoù, on parlait de concours, de concerts, de prestations... Aujourd'hui on commence à s'intéresser à l'impact du bagad en terme d'image pour une ville ou une région, avec toutes les implications qui en découlent sur le plan culturel, touristique, relationnel pour des entreprises, etc.
Mais dans tous ces cas, on ne s'intéresse qu'au produit fini c'est-à-dire la prestation, et on occulte complètement les bienfaits de l'exercice du bagad, c'est-à-dire qu'on oublie combien le travail qui permet la prestation a un effet positif sur les personnes qui s'impliquent.
Le bagad est une activité personnelle qui nécessite de travailler sur soi-même et pour soi-même, mais c'est aussi un exercice collectif dans lequel on doit rendre des comptes aux autres. C'est une activité culturelle et on sait combien il est important pour des jeunes de savoir qu'ils ont des racines et qu'ils ne viennent pas de nulle part.
Je suis persuadé qu'il y a beaucoup de choses à explorer dans ce domaine.
Les gens qui bossent dans le sport se sont posés toutes ces questions.
Avant, le but du sport, c'était de "gagner des courses", puis c'est devenu simplement "participer". Maintenant on s'appuie sur le sport pour aider à la réinsertion de ceux qui se sont fait décrocher par leurs soucis de boulot, de santé, d'affectif... et ça marche.
Je suis convaincu qu'un jour on montrera que par le bagad, on peut faire de grandes choses.
« Hervé Le Floch a écrit récemment : "le bagad est la plus belle invention bretonne" ».
DN : quels sont tes projets pour les années qui viennent ?
RS : peut-être réfléchir à tout ça...
Il m'arrive souvent de penser que je fais de la "bagadothérapie" quand je donne des cours de batterie à des jeunes en difficulté. Je sais parfaitement qu'ils n'arriveront jamais à jouer en groupe, mais je me rends compte que les cours leur font énormément de bien. À quel endroit se situe la limite entre le travail, le bien-être, le plaisir et le temps perdu ? Je n'ai pas la réponse mais je pense que la question est plus intéressante que la réponse.
DN : ton petit mot de la fin ?
RS : le bagad est le seul endroit du monde où j'ai vu bosser, avec le sourire, à la même table et sur le même projet :
Divroet New(e)z : depuis quand le bagad de Pariz existe-t-il ?
Frédéric Michelot : le bagad Pariz Ti Ar Vretoned à été créé en 1994 par Pascal Rode. Il s'appelait alors le bagad de la Mission Bretonne. Il a permis aux nombreux musiciens qui prenaient des cours à la mission de jouer en bagad.
Après le départ de Pascal, c'est Nadine le Normand qui a pris la suite en 1997 puis, en 2000, Eric Gicquello (maintenant sonneur au bagad de Cesson) en devint le président et le penn-soner.
Enfin, de 2001 à 2004, le bagad est présidé par Jean-Marie Rousseau, qui nous a quitté il y a quelques semaines. Il a apporté énormément au bagad, une ambiance, une solidarité... nous lui devons beaucoup dans cette période.
DN : quel est alors ton rôle en tant que penn-soner ?
FM : je suis penn-soner du bagad depuis 2003 et suite au départ d'Erwan Lasbleye. Nullement formé à cet art délicat (sourire), j’ai dû apprendre sur le tas.
Aujourd’hui, j’y occupe deux rôles :
- le premier consiste à gérer le pupitre bombarde puisque je suis également penn-bombarde : apprentissage des airs en répétition pupitre, travail technique, ... Comme je n'avais pas forcément le niveau requis au départ, cela consistait surtout à avoir des échanges avec le reste du pupitre. Avec l'expérience, cela s'est nettement amélioré, nous sommes aujourd’hui mieux structurés.
- et bien sûr, la fonction principale que j'’occupe reste celle de la direction du bagad lors des sorties et des concours.
DN : Les concours ont, j'’imagine, une certaine importance dans l'évolution du bagad ?
FM : bien sûr, les concours sont un moteur de progression important. Cela motive et fédère les musiciens du bagad. Cela permet également d'enrichir le répertoire du bagad avec les airs imposés et ceux écrits pour compléter les suites de concours. Bien sûr, toutes les suites ne seront pas conservées. Une fois les concours passés, et l'’année reprenant, on fait un choix selon le plaisir de jouer telle ou telle suite. Parfois même, seul un morceau de toute une suite sera gardé.
Mais le concours (de Carhaix, celui de la 5e catégorie) n'est pas une fin en soi. Cela reste un exercice et la véritable ambition du bagad est de jouer en sortie, pour un "vrai" public. Et puis les pupitres du bagad sont également amenés à se produire lors d’autres concours, tel "Bombardes en fêtes", à Ergué Gaberic.
DN : vous vous produisez beaucoup en dehors des concours ?
FM : je dirais qu'’en moyenne, le bagad joue une à deux fois par mois, ce qui est une grosse moyenne si je la compare à celle d'’autres bagadoù. Alors, on va dire oui, pas mal.
Les prestations sont assez variées, nous en sommes assez contents, je dois dire : festoù-deiz à la Mission Bretonne, des actions caritatives, comme le Téléthon ou la lutte contre la mucoviscidose, des défilés, des festoù-noz, des prestations dans le cadre de fêtes événementielles comme les 20 kilomètres de Paris, la fête des Terre-Neuvas à Fécamp ou le salon de l'’agriculture par exemple.
Le bagad a été appelé, dès sa création, bagad de la mission bretonne, parce que rattaché à la mission bretonne et surtout parce que ce bagad se voulait le point de ralliement de tous les sonneurs arrivant à Paris et donc souvent transitant par la mission bretonne, et désireux de sonner en bagad.
Vers 2000, le bagad prend le nom de Bagad Ti Ar Vretoned, qui n’est autre que la traduction en Breton de « Mission Bretonne ». Ça n’a pas été très dur à trouver...
Mais c’est Jean-Marie Rousseau qui détermine et fixe réellement son nom actuel : Pariz Ti Ar Vretoned. C’était en 2004.
DN : le recrutement du bagad se fait essentiellement au niveau des Bretons de Paris ?
FM : non, pas du tout. Il y a très peu de Bretons "pure souche" émigrés et ayant encore de la famille proche en Bretagne. La majeure partie du bagad (on est une cinquantaine d'adhérents) est composée de personnes ayant un rapport soit familial mais éloigné, soit de cœur, avec la Bretagne.
Certains viennent parce qu'ils aiment la musique bretonne et qu’ils veulent s'essayer à ce genre bien particulier : des musiciens du classique par exemple.
Cela n’a jamais été un frein au bagad, bien au contraire : cela apporte une grande diversité, une écoute différente et plus critique que celle qu'’auraient des gens qui grandissent dans le milieu musical breton en tout cas, je le pense.
Bien sûr, reste le problème de la formation qu'apporterait un élément issu du milieu "bagadesque" breton, mais avec Olivier Mel à l'’écriture et Michel Clec’h qui vient nous donner un coup de main en bombarde, Joseph Lotout' qui a été pendant plusieurs années formateur cornemuse et qui est maintenant remplacé par Yoann Le Goff, on a de solides gaillards aux commandes.
DN : pourquoi avoir choisi ces symboles sur votre nouveau gilet ?
FM : le gilet du bagad est une idée de notre ami Jean-Marie Rousseau. Sur la forme, il s'inspire des gilets que porte les bagadoù bretons. L'’idée de génie de Jean Marie a été de mettre une frise représentant les grands monuments de Paris tout autour du gilet en fil d'’or.
Ce qui de prime abord peut paraître "kitch" est en fait une superbe idée de communication et montre bien l'état d'esprit du bagad : ne pas se prendre la tête avec ses racines tout en les respectant. Le mélange parigo/breton est un très beau mélange, n'en déplaise aux âmes chagrines qui font la moue lorsqu'on se présente comme le bagad de Paris (sourire).
Ce gilet est devenu la tenue officielle du bagad et nous en sommes très fiers. Il rencontre d'ailleurs un grand succès lors de nos sorties. Ce qui est normal car il est splendide (sourire).
DN : où et quand répétez-vous ?
FM : on répète chaque semaine le jeudi soir à Malakoff qui nous prête (contre deux prestations par an) une grande salle. Les répétitions de pupitre et d'’ensemble ont lieu de 19 h 00 à 22 h 30 et se prolongent souvent fort tard par un verre ou deux. Nous avons également une salle prêtée par la paroisse d'’Ivry le samedi pour des stages ou les répétitions d’avant concours.
DN : quel est votre répertoire, principalement ?
FM : au départ il était principalement vannetais mais depuis quelques temps, on essaie de le faire varier : laridées 8 temps, suites gavotte, pac’h pi, an dro, ronds de Saint-Vincent, scottishes, hanter dro, tours, voilà pour l'essentiel des danses.
Restent à ajouter quelques mélodies et 5-6 marches pour les défilés. Tout le monde ne connaît pas l'ensemble du répertoire, mais les nouveaux se forment au fur et à mesure et les anciens assurent le reste (sourire).
DN : quels sont vos projets d'avenir ? Que peut-on vous souhaiter cette année ?
FM : continuer à jouer de la musique sans se prendre trop la tête.
Progresser bien sûr, en organisant pour cela des stages avec des amis venus de Bretagne comme Gilbert et Wenceslas Hervieux, Dominig Mahé, le bagad de Perros, la famille Lotout, etc., mais également organiser des sorties sympas où tout le monde se retrouve pour faire la fête et par la même occasion, jouer de la musique et faire plaisir au public. On s'est d'ailleurs aperçu qu'on n'’a pas besoin de jouer en première catégorie pour faire plaisir aux gens et aux organisateurs de manifestations.
À côté de cela, on prépare le concours Divroet de Strasbourg et celui de Carhaix.
Penn soner : Marcel Lestic Président : Jean-Pierre REBAUD Tél : 06.74.88.09.80 Mail : jp.rebaud[@]wanadoo.fr
Tous les jeudis de 19 h à 22 h 30 Tous niveaux, tous pupitres Salle salle Léo Ferré, au 61, avenue Charles de Gaulle 92240 Malakoff.
En aparté, je vous le dis, je viens de quitter mon rôle de penn-soner. L'arrivée d’un second bébé dans la famille (ma femme joue également au bagad Pariz) pour le printemps prochain, un manque de temps chronique et le fait que je joue également au bagad Keriz, tout cela m'a obligé à quitter ce rôle auquel je tenais beaucoup pour ne pas handicaper le bagad et pour me laisser le temps de respirer.
C’est donc Marcel Lestic, figure "historique" du bagad, qui prend ma suite. Mais je ne quitte pas pour autant le bagad et je continue à venir jouer en tant que simple bombarde et à donner des coups de main si nécessaire.
Qu'avez-vous fait le week-end du 11 novembre cette année ? Obligé d'aller chez belle-maman ? Témoins à un mariage en province ? Occupé à organiser un fest-noz dans le Sud ? Eh bien vous ne savez pas ce que vous avez raté… Les 11, 12 et 13 novembre avait lieu le stage fédéral de BAS Divroet et de War'Leur Divroet dans la ville des vignobles et de la bonne gastronomie, j'ai nommé Bordeaux !
Quel accueil nous avons reçu... Rien à redire au niveau logistique, c'était parfait (merci Jean et Isa) ! Bon, il a manqué un soleil au beau fixe, et peut-être quelques degrés, mais tout le monde était trop occupé à travailler son instrument dans des groupes adaptés chacun à son niveau, encadrés par des formateurs sacrément motivés. Eux aussi, ils ont fait 600 km pour venir enseigner bénévolement à tous ces petits sonneurs expatriés… Nous les remercions à nouveau chaleureusement.
Au niveau formation musicale, que de nouveautés… Florian Nicolas, responsable en chef, nous avait trouvé pleins de nouveaux petits "GF" (Gentils Formateurs). C'est ainsi que nous avons fait la connaissance de sonneurs du bagad du pays des Abers, du bagad Brieg, du bagad Kemper, du bagad Ker Vourdel, du bagad Kiz Avel et du bagad Keriz. Sans oublier les " anciens " de Keriz, Pañvrid, Gwengamp ou de la Kevrenn An Arvorig, tous au rendez-vous !
Pas moins de 85 stagiaires sont venus de Bordeaux certes, mais aussi de Paris, Strasbourg, Reims, Coulommiers, Tours, etc., par voiture, camion, train et même avion (c'est bien pour la révision de sa géographie…) Encore un avantage à être un Divroet !
Ce week-end ne fut pas que laborieux (le travail vous dis-je, toujours le travail !) ou studieux (l'assemblée générale de BAS Divroet, vous l'auriez presque oublié ? Hum !), il fut également festif grâce au fest-noz informel du samedi soir. S'y sont succédés des sonneurs stagiaires qui ont présenté leur travail, le bagad Ker Vourdel, le bagad Kiz Avel venu en grand nombre de Strasbourg, des couples, trios, quatuors, quintettes, … (euh ! Arrivés là, on pourrait parler d'"ensemble", ça prendrait moins de place, non ?).
Les chanteurs et les danseurs, en stage eux aussi, se sont lancés dans des chaînes endiablées. Tout ceci dans la joie, la simplicité et la bonne humeur. On passera sous silence l'heure à laquelle certains sont allés enfin faire dormir leurs yeux…
Ce stage fut l'occasion de rencontrer (en vrai) des gens tous très sympas et détendus, de revoir les copains, d'apprendre de nouvelles chansons et airs proscrits… De bons moments de déconne avec du boulot quand même. Bref nous avons fait autant le plein de travail que d'émotions. Ah ! La devise de B.A.S. Divroet colle à la peau : " Faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ! "
" Pour une première fois (pour moi), j'en suis super content (d'ailleurs, y a quelques chansons paillardes qui me trottent encore dans la tête). Avec une bande de gusses pareils, l'ambiance ne peut qu'être sympathique. J'espère pouvoir aller à Strasbourg et revoir tous ces gens pour remettre le couvert. Encore une fois, merci... "
« Que de bonheur, ce stage, que de rencontres, merci à tous... »
" Stage très intéressant, des connaissances plus approfondies, que ce soit au niveau des techniques de jeu, des techniques d'entretien de l'instrument ou musical, et les échanges entre tous ont été riches.
Merci à toute l'équipe de BAS Divroet pour leur accueil et l'organisation du stage, pour la bonne ambiance et la bonne humeur ! Pour moi, c'était un baptême. Et je suis séduit. Stage à refaire d'urgence ! Mais avant, au boulot au practice ! "
" J'ai sans doute dû être la dernière participante recensée au stage annuel de la BAS Divroet, mais certainement pas la moins satisfaite. Grand contraste entre les brumes et frimas extérieurs et l'organisation, la convivialité, l'esprit studieux mais décontracté de l'intérieur. Ce fut une première participation pour moi en qualité de formatrice, mais il n'est pas du tout impossible que je renouvelle avec plaisir cette expérience… "
Retrouvez toutes les photos du stages de Bordeaux sur le site internet de la fédération : http://www.divroet.org

Il a neigé toute la journée de la veille. Au moment de prendre la route pour la Bretagne, c'est chez nous qu’'il neige. Bon, quand on dit qu'on y va... c'est 5 heures de route devant nous. Mais peu importe. Notre ami attend, là-bas, qui nous emmène dans un endroit très spécial. Tout est déjà prévu, on mange sur place. Pour le reste, le mystère plane toujours quand nous débarquons, non pas 5 mais 6 heures plus tard.
Un peu groggy, mais enjoués. "Bon, qu’est-ce qu’on attend ! Maintenant qu’on est là..."
5 minutes... le temps qui sépare notre réalité de sonneurs expatriés fraîchement débarqués en Bretagne du rêve de tout sonneur expatrié qui vient en Bretagne... Du dehors, le bar ne paie pas de mine. On entend vaguement de la musique, et des voix. Il semble grand, c’est tout. On entre. Le local est presque désert, deux personnes sont assises à une table, qui comptent des tickets... Ils nous annoncent que 170 personnes sont déjà là, qui dînent là-haut, la soirée vient de démarrer et 400 personnes sont attendues pour le fest-noz qui suit immédiatement après. On se regarde, vaguement impressionnés, curieux...
En passant dans le couloir, coup d'œil à l'affiche : elle indique un hommage à Valentine Colleter. Elle rappelle également l'affiliation de cet événement avec le Printemps de Chateauneuf et l'école Musik an Arvorig. On monte l’'escalier. On dit bonjour à ceux qui vont devenir nos voisins de table, on s'assoit.
Et là, c'est l'explosion ! Ils sont tous là, les connus, les très connus, les ultra connus, groupes ou sonneurs, je remarque le couple Berthou-Molard, les tout-jeunes gagnants du dernier concours couple, la famille de Valentine, Valentine... il y a aussi les amis, les proches, les représentants locaux... tous réunis en hommage vivant (vous ne trouvez pas cela remarquable ?) à cette grande dame de 82 ans, qui monte et descend de scène avec une vitalité et une passion débordantes d'énergie... La musique chantée côtoie la danse, qui vient se frotter à quelques notes d’'accordéon, de musique de couple tout cela s’'entremêle au rythme de la potée et du vin de pays qui sont servis, des tables soudain débarrassées, de toutes ces personnes qui arrivent soudain, et qui dansent déjà...
Le copain avec lequel je suis venue se tourne vers moi : "tu vois, le cœur battant, il est là. Tout ce pour quoi tu fais de la musique, il est là". Il sourit. Je ne sais quoi répondre. Je me sens décalée mais heureuse, distante mais présente, je profite de chaque instant... et me mets en quête d'autres personnes, d'autres gens qui viennent ici plus souvent, de leurs impressions, de leurs motivations. Je leur demanderai, à eux : sont-ils conscients de la chance extraordinaire qu'ils ont, de pouvoir vivre ces instants de pure tradition ?
Bien sûr qu'on se rend compte de la chance qu’'on a ! Et participer à ce fest-noz, en tout cas, c'est un de ceux qu’'on ne manquerait pas, un des rares auquel on vient vraiment avec un plaisir tout particulier !
La soirée s'avance tard dans la nuit. Les danseurs ne veulent pas partir. Les sonneurs insistent et insistent... Les danseurs résistent et résistent. Nous partons enfin, des mercis au bord des lèvres pour l’'ami qui nous a amenés là, les oreilles transformées en enregistreur dernière technologie, cherchant encore les quelques dernières notes de terroir qui s’'échappent encore, la tête confusément embrouillée tous ces visages célèbres qui souhaitent nonchalamment une bonne fin de soirée.
Divroet New(e)z : comment s’entretient une poche de cornemuse ?
Bruno Le Rouzic : pour les poches en cuir, ça dépend de la qualité du cuir. Soit la qualité est bonne et dans ce cas nous n’aurons besoin de rien, soit c’est du cuir simple, et dans ce cas, nous utiliserons de l’Airtight. La raison est toute simple : le cuir, c’est comme la peau, il y a des pores qui laissent passer légèrement l’air, c’est pourquoi il faut utiliser ce produit (inventé à Glasgow par Bob Hardie, on en trouve dans tous les magasins qui vendent des cornemuses), cela rendra la poche hermétique… enfin, hermétique à l’air, oui, mais pas à l’humidité.
DN : il existe aussi des poches en goretex, non ?
BLR : il en existe même plusieurs sortes : des poches en goretex simple, ou avec une fermeture éclair (ce qui permet de mettre un système anti-humidité) ou encore des poches en goretex recouvertes d’une fine couche de cuir qui donne un peu plus de rigidité à la poche. Chez Shepherd, le cuir n’est pas collé au goretex, la fermeture est sur la poche en goretex intérieure et la poche cuir se referme sur celle de goretex par du simple Velcro qui protège la fermeture éclair. Il est donc nécessaire de mettre de la graisse de silicone sur la fermeture pour éviter la déperdition d’air et faciliter l’ouverture. Ça permet également d’isoler un peu plus longtemps.
Chez Bannatyne, les deux poches sont collées ensemble, donc la fermeture est sur les deux épaisseurs et ça finit au bout de quelques temps par perdre de l’air.
DN : où trouve-t-on cette graisse de silicone ?
BLR : on trouve cette graisse dans toutes les grandes surfaces (rayon bricolage – compter 15 à 20 euros). Il n’est pas vraiment utile de l’acheter dans les magasins spécialisés.
DN : mais comment entretenir l’intérieur d’une poche ?
BLR : pour l’entretien intérieur, ça dépend du système anti-humidité. Il y a soit un tuyau avec une mousse qui absorbe l’humidité, soit un système du système biberon de Shepherd découpé en deux et dans lequel il y a une éponge. Il y a aussi le système Ross : ce sont des billes qui absorbent l’humidité.
Dans tous les cas, il faut les mettre à sécher après utilisation et les remplacer régulièrement. En fait, la fréquence avec laquelle on va remplacer les capteurs d’humidité dépend de si l’on joue beaucoup. C’est différent selon sa propre utilisation et son système anti-humidité donc.
DN : je sais que certains utilisent de la litière à chat. Qu’en penses-tu ?
BLR : la litière de chat absorbe pas mal en effet, mais il faut la jeter dès qu’elle est humide. Il ne faut pas tenter de la faire sécher, car de toute façon, elle devient poreuse. C’est une solution, mais pas forcément l’idéale.
DN : est-ce qu’un système anti-humidité coûte cher ?
BLR : ça peut coûter plus ou moins cher. Les systèmes Shepherd et Bannatyne sont vendus avec la poche, et c’est surtout la poche qui coûte cher. Le système Ross peut s’acheter à part, en moyenne autour de 125 euros selon les magasins.
Je trouve qu’au niveau du concept technologique, la protection Shepherd reste très efficace avec une très bonne protection de la fermeture et sa solidité ainsi qu’une excellente protection de la graisse.
Il existe également un tout nouveau système anti-humidité pour poche classique en cuir, simple ou Sheepskin (pour la sensation du cuir, on ne peut pas faire plus). Il s'agit d'une souche de sutel de dimension normale qui se sépare en deux parties, une partie supérieure qui se glisse dans la partie inférieure. Au bout de cette partie supérieure est fixé un tube avec un système anti-humidité suffisamment fin pour passer par la souche "ouverte".
Je me permet d'insister sur un nouveau système qui prend de l'ampleur en Écosse et qui semble séduire de plus en plus de pipe-band du plus haut niveau. La poche en cuir reste un confort pour beaucoup et semble être un élément qui prend de l'ampleur. Ce système du sutel ouvert et d'un tuyau adapté est de plus en plus utilisé.
DN : quel conseil donnerais-tu pour le nettoyage intérieur ?
BLR : de temps en temps il faut vérifier, il y a une pellicule légèrement noire due à l’humidité qui stagne. Alors de temps en temps, il faut passer un sopalin très légèrement humide pour la nettoyer. Pour le système, il faut bien le rincer à l’eau claire avant de le mettre à sécher car la salive est acide et finirait par désagréger le système (tube, éponge).
DN : il faut le faire avec quelle périodicité ?
BLR : ça dépend de la fréquence d’utilisation et du souffle plus ou moins humide. Ça va donc dépendre de sa façon de sonner, si la personne s’entraîne tous les jours ou une fois par semaine. Pour se faire une idée, il faut regarder de quelle manière est trempée son éponge ou ses produits. Si l’éponge est très trempée il faudra le faire souvent.
DN : peut-on réparer une poche en goretex percée ?
BLR : la seule chose à faire c’est de la mettre à la poubelle. Les réparations sont très compliquées. Ce n’est pas évident. Il faut savoir que ces poches ne durent pas plus de 3 ou 4 ans.
PRECISIONS : suite à la nomination d'un liquidateur pour raison de faillite, le nom HARDIE & WEATHERSTON HENDERSON a été racheté par PREMIER. Donc en ce moment, il est parfois difficile de trouver de l‘airtight, d'autres produits de substitution type "seasoning" existent, même s’ils n'ont pas tout à fait la même efficacité. L'INVERAN seasoning fonctionne très bien, car il se chauffe également. Mais tout cela va bientôt rentrer dans l'ordre car PREMIER est une société de poids !
Pour ce qui est du seasoning, il faut le faire chauffer, mais SURTOUT PAS AU MICRO-ONDES (le mode d'emploi est sur la boîte mais en anglais). Remplir une casserole, (hauteur d'eau moindre que la hauteur du flacon) jusqu'où arrive le produit dans la bouteille. Faire chauffer, SANS FAIRE BOUILLIR, cela ferait fondre le pot et abîmerait le produit. Le seasoning va se liquéfier et il sera alors possible de le verser dans la poche du biniou par la souche du lévriad. Il faudra préalablement prendre soin de retirer le sutel et le bourdon, de boucher les souches avec un bouchon simple. Si la poche est très sèche, on versera un tiers de la bouteille. Puis on bouchera également la souche du lévriad, poche dégonflée. Ensuite, il conviendra de malaxer le cuir pour faire se répandre le seasoning sur toutes les parties de la poche, en insistant sur les coutures. On gonflera la poche au maximum en la pressant pour bien faire pénétrer le produit. À la fin, on récupère l'excès de produit en le faisant couler par la souche du lévriad. S'il est clair, comme le neuf, on pourra le remettre dans la bouteille pour une utilisation ultérieure, s'il est assombri par les impuretés de la poche, on jette !
C'est simple ! Tant qu'il n'y a qu'une seule " troupe " à s'avancer, rien de bien compliqué : il s'agit bien d'un bagad ! Mais lorsque l'avancée des " troupes " se fait en nombre, là, tout se corse, on en perdrait… son breton ! Une petite leçon de grammaire ?
Aujourd'hui, on applique souvent les règles grammaticales françaises en matière de pluriel, là où le breton se base, lui, sur l'aspect numéral. Ainsi, on dira en bons Bretons que nous sommes :
• Un aval (une pomme)
• Avaloù (des pommes)
• Daou aval (deux pommes)
Alors, et vous ? vous en comptez combien, de bagadoù ?
Gordon Duncan est certainement un des pipers les plus innovateurs d'Écosse et indiscutablement un des meilleurs. Il est également un compositeur notable et original : son morceau "Andy Renwick's Ferret", inclus dans cet album à la demande populaire, a été enregistré dans plus de 50 versions pour des pipe-bands, des danseurs écossais et des groupes folkloriques partout dans le monde. Cet album de Gordon (le troisième pour Greentrax) est un étalage de ses talents. Presque tous les 40 airs de cet album ont été écrits par Gordon lui-même. Gordon Duncan (cornemuse, chanter, whistle) avec Neil Fergusson (bouzouki), Tony McManus (guitare), Ewan vernal (basse) et John Scullion (tambour).
Moya Brennan est la première dame de la musique celtique. Avec plus de 15 millions d'albums vendus dans le monde, son succès avec le groupe Clannad a marqué pour toujours la musique du monde depuis leur premier 'tube' chanté en gaélique - Theme for Harry's Game. Depuis quelques années, Moya s'est fait remarquer par l'excellence de ses enregistrements 'solo'. Son nouvel album est consacré entièrement aux chants de Noël. Selon Moya : "L'idée m'est venue il y a très longtemps, et j'ai voulu transmettre, par ces chansons, l'âme ou l'esprit d'un Noël "celtique". Cet album est sans aucun doute un des plus beaux disques de cette fin d'année.
Toujours parfait, Dervish est un groupe qui a choisi l'autoproduction et qui fait de très jolis disques. Voici un florilège de titres ; 10 extraits " standard " de ce groupe irlandais.
La voix de Cathy Jordan y est centrale. On trouve aussi Seamus O'Dowd au chant et les deux s'accordent parfaitement. Dans le domaine de la musique traditionnelle irlandaise, Dervish excelle en tout point de vue.
Bivoac (Ronan Le Gouriérec à la bombarde et saxo baryton, Ronan Robert au chromatique, Raphaël Chevalier au violon).
Le titre est Koa ya koa. Le trio y visite une musique d'inspiration traditionnelle en composant des danses et mélodies où se côtoient swing gavotte, un zeste d'ambiance manouche et une pincée d'humour. Pour recevoir le nouvel album, envoyer un chèque de 15 € (frais de port inclus)
Dom y présente 12 chansons de sa composition en breton, gallois et anglais.
Il y est entouré de Herri Loquet (batterie, percussions) - Pascal Lamour (bombarde, biniou, claviers, saxo koad, ...) - Nicola Hayes (violon) - Dominique Braud (basse).
Et pour les voix d'or : Julie Murphy - Sille Ilves - Joyce Bacon - Nolwenn Korbel.
Concocté par Roland Brou et Patrick Couton : 12 titres originaux qui nous prouvent une fois de plus la passion qu'ont ces deux bougres pour les beaux textes et les belles mélodies.
" ACCORDEONS EN BRETAGNE " d'Yves Rouillard paru aux éditions Hengoun et préfacé par Alain Pennec.
Vous pourrez y découvrir 120 magnifiques photos en noir et blanc d'accordéonistes bretons prises par Yves Rouillard au cours de ces 30 dernières années : une véritable œuvre d'art et d'ethnologie ! ACCORDÉONS EN BRETAGNE. 39 € + port.
3e album (et 1er non enregistré en public) du groupe DJAL, " Répliques " c'est la rencontre de 7 musiciens enthousiastes et virtuoses au centre d'un volcan où ils convieraient pêle-mêle les sons du Centre France, des couleurs bretonnes ou irlandaises, un arc-en-ciel mélodique aux arômes chatoyants et une machinerie pulsative à toute épreuve, de l'improvisation en dérapage contrôlé et une solide connaissance des musiques traditionnelles. Le bouzouki se marie à la basse électrique et aux percussions, violon, flûtes et accordéon diatonique y côtoient la plainte furibarde d'une vielle à roue du futur, dans des climats tour à tour aquatiques et musclés. Tous compositeurs, arrangeurs et improvisateurs, les inventeurs de ce " néo-trad " acoustique débridé s'y ébattent comme des poissons dans un filet sonore très travaillé… à la recherche de la partition de la liberté.
Le disque sortira pour la fin-mars (un peu avant pour les souscripteurs), il sera distribué par "L'autre distribution", à la Fnac et chez les disquaires.
Les Kanerion Pleuigner forment un choeur d'hommes unique en Bretagne. Depuis 35 ans, ils interprètent le répertoire des chants religieux et profanes du pays vannetais. Ce double CD, illustré d'un livret de 90 pages, est enregistré à la basilique de Sainte Anne d'Auray et à Pluvigner. Cet album exceptionnel, d'une intense émotion, vous fera revivre le meilleur de notre patrimoine. Les Kanerion Pleuigner sont accompagnés sur ces enregistrements de : André Le Meut, Fabrice Lothode, Georges Bothua (bombardes), Pascal Marsault, Véronique Le Guen (orgues).
Comment faire pour qu'une cornemuse ait un joli son ?
Vendez-la et achetez une bombarde !
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